J’ai découvert véritablement le blogging, la presse web, les réseaux sociaux et tout cet univers du numérique au Québec. C’était en 2007, à Montréal, durant mes études de journalisme. Tout un monde s’ouvrait alors à moi ! 

J’ai lancé mon premier blog et j’ai commencé ce long apprentissage nécessaire pour acquérir une culture digitale minimale. Oui, minimale, car le « souci » du numérique est que cela bouge tout le temps. Il faut sans cesse se tenir au courant, s’intéresser aux nouveaux outils et tendances.

Voilà pourquoi je suis admirative (et un peu envieuse, je dois l’avouer) du savoir d’experts du digital comme Alix Bicep. Et je voulais d’autant plus faire son portrait que je sais qu’il aime cultiver la discrétion. Merci Alix d’avoir accepté !

A 33 ans, Alix Bicep est le fondateur de SMART Digit, une société de conseil en communication digitale qu’il a créée en janvier 2016 en Guadeloupe.

Son parcours, il le qualifie de « basic », sans doute par excès de modestie. 

« J’ai obtenu mon BTS en commerce international en Guadeloupe. Ce n’était pas un choix de rester ici au début, mais au final, cela a été une bonne chose pour moi d’entrer dans la vie d’homme en ayant le confort d’être chez mes parents, la sécurité parentale.

A 18 ans, tu gagnes ton autonomie, mais tu peux ne savoir qu’en faire. Avec le recul, je suis content d’avoir fait une première étape en Guadeloupe, d’autant que cela m’a permis d’effectuer plusieurs stages à l’étranger et de m’ouvrir sur l’international. »

A l’époque, Alix Bicep ne sait pas encore quel métier il souhaite exercer. Il choisit donc une formation généraliste, pour se laisser le maximum de portes ouvertes.

« J’ai appris les bases pour être un bon commerçant et comprendre les enjeux de la coopération Caraïbe. Mes stages à l’étranger m’ont permis d’acquérir une vision professionnelle du commerce transnational. Cela m’a beaucoup servi pour mes premiers postes. »

De la Guadeloupe à Paris

En balade à ParisAprès son BTS, Alix Bicep intègre une école de commerce à Paris. Il y effectue un master en management et marketing des technologies de l’information, en se spécialisant en e-marketing. Parce que tout simplement c’est ce qu’il a toujours voulu faire.

Son intérêt pour le marketing ne lui vient pas de ses parents, qui eux sont dans le domaine de la finance. « Mes parents étaient heureux, mais leur mode de vie ne m’inspirait pas. La finance, la comptabilité, c’est trop strict pour moi. »

« Dans les métiers du digital, j’ai trouvé ce savant mélange entre la rigueur et la décontraction. »Click to Tweet

De stagiaire à chef en trois ans

Après ses études, Alix Bicep a la chance de trouver un emploi tout de suite, son stage de fin d’études dans une prestigieuse agence de communication digitale nommée Isobar constituant en réalité une période de pré-embauche.

Son entreprise n’a pas non plus peur de lui confier des responsabilités. Il a ainsi grandement participé au développement du business à l’international, en mettant en place des procédures, en gérant les relations avec les filiales, etc. C’est lui aussi qui recrutait tous les stagiaires.

« J’ai beaucoup apprécié. J’avais une pression positive, parce qu’elle allait avec une flexibilité à outrance. J’ai pu évoluer vite et bien. J’ai débuté comme stagiaire et j’ai quitté en chef d’équipe. Je n’aurais sans doute pas pu le faire dans une autre structure. »

Alix Bicep change ensuite d’entreprise. Il rejoint Netbooster, qui était à l’époque la première agence digitale indépendante.

« Il y avait plus un esprit d’entreprenariat, concernant la gestion des projets. Et j’avais un portefeuille important et vaste de clients, avec des grands groupes, comme Accor Hotel, Lastminute. J’ai eu à gérer une équipe composée d’une douzaine de personnes, avec tout ce que cela implique en terme de management. J’ai ainsi pu passer un cap. »

Ce poste enthousiasmant, Alix Bicep l’occupe durant deux ans et demi, avant de décider de tout quitter pour rentrer en Guadeloupe.

« On me proposait une promotion, le graal de ce que je voulais faire, mais j’ai décidé de refuser. Je me posais des questions à un niveau personnel. J’avais besoin de me ressourcer et de réfléchir à qui je voulais vraiment être. »

Fin 2011, retour difficile (et c’est un euphémisme) en Guadeloupe

« J’avais envie d’entreprendre. On m’avait toujours dit que je ne pouvais pas le faire en Guadeloupe. Je voulais prouver le contraire. »

« Je sentais qu’il y avait un potentiel sur le digital. Cependant, je suis rentré quatre ans trop tôt. A l’époque, les gens ne comprenaient pas qu’il faille dépenser un certain budget pour être efficace. Maintenant, il y a une relative maturité du marché et la demande est bien là. »

Durant ses premiers mois dans l’archipel, Alix Bicep vit une période d’enfer : on lui promet des rendez-vous, on ne le reçoit pas, il n’a pas d’activité. Il s’investit alors dans l’associatif et parvient ainsi à se construire un vrai réseau.

Acharnement, travail, valeurs

« Je ne suis pas là pour faire des sous. Je suis là pour créer un business pérenne. L’argent est une conséquence, pas un objectif. »

Ainsi, Alix Bicep a pris le temps de développer une entreprise dont il est fier. Cela se ressent quand il en parle, même s’il ne s’en gargarise pas.

« La première phase, de création de ma société, a bien duré trois ans. Je suis ensuite passé à une phase de développement de mon image, de mon réseau, de mes produits, durant les deux années suivantes. J’ai aussi travaillé sur les éléments de structuration par l’analyse du marché. Ma dynamique aujourd’hui est une phase de structuration effective de ma société. »

Pour ce faire, il est en train de mettre en place différents outils de communication. Il a déjà notamment mis en ligne un livre blanc « Etat des lieux de la communication digitale en Guadeloupe » que je vous invite vraiment à lire.

Vous aurez compris que cet expert digital a une vision très claire de ce qu’il veut et ne veut pas.

« Conseil, formation et accompagnement opérationnel sont les trois services principaux que je propose. Je suis en train de faire un vrai travail de spécification de nos offres de services, pour qu’elles correspondent à notre marché.

Et comme j’ai l’humilité de me dire que je n’ai pas de compétences exhaustives, je construis un réseau de partenaires de confiance, avec lequel je serai capable de répondre à tout type de demande.

Je ne cherche pas à créer une agence avec 40 salariés ! Je veux développer un pool de partenaires qui sont bons dans leur domaine, fiables et professionnels. »

« Avec Smart Digit, notre objectif est d’accompagner, d’orienter et de guider les acteurs du numérique, de leur permettre de développer leur vision. »

De précieux conseils pour les entrepreneurs  

Echanger avec à des entrepreneurs tels qu’Alix Bicep, cela permet toujours de collecter une foule d’informations et de notes inspirantes, d’autant qu’ils partagent volontiers quelques conseils.

Notez bien ceux de notre expert.

« Notre marché est encore pré-adolescent. On ne peut donc pas encore s’attendre à générer une activité économique hyper rentable, hyper importante. Il faut adapter son approche à la réalité du marché. »

« J’ai eu une chance inouie quand je suis rentré. J’ai eu ma mère, ma famille et c’est très important. Quand tu t’investis dans des projets disruptifs comme le mien, tu sais que tu vas galérer pendant quelques temps.

Cependant, tu peux compter sur ces soutiens qui ne comprennent pas forcément ce que tu fais mais qui te font confiance, car ils te voient te lever chaque matin pour être dans l’action. Je suis entouré de personnes qui ont compris ma dynamique et je ne les remercierai jamais assez pour cela. »

« Quand tu es entrepreneur en Guadeloupe, il faut trouver les bonnes personnes et laisser aller les mauvaises. C’est fondamental ! »

« L’entrepreneur a toujours le sentiment de se sentir seul, face à ses choix. Cependant un entrepreneur n’est pas seul au monde, seul à galérer. Ce que l’on appelle galères, ce sont des expériences formatrices et fondatrices pour pouvoir s’épanouir demain. »

« L’entreprenariat est un beau chemin de croix. »Click to Tweet

« Plus c’est dur à vivre, plus tu réussis à avancer, plus tu en sors grandis. » – Alix Bicep, fondateur de SMART Digit.