Le cabotage maritime caribéen : une innovation à développer

Le cabotage maritime se définit comme la navigation de port en port d’un même pays, à faible distance des côtes.

Pourtant, la Région Guadeloupe souhaite développer un cabotage maritime à l’échelle caribéenne, une ambition qui a fait l’objet d’un séminaire de trois jours au Complexe World Trade Center (CWTC) de Baie-Mahault.

Venus de toute la Caraïbe, les acteurs agissant dans le domaine du cabotage ont assisté en nombre au séminaire organisé par la Région Guadeloupe et la Chambre de Commerce et d’industrie (CCI) de Pointe-à-Pitre, les 11, 12 et 13 septembre 2008.

Le premier jour, certains intervenants ont tout de même manifesté leur étonnement face à l’intitulé de la manifestation, « Le cabotage maritime caribéen : enjeux et défis », car cela voudrait dire que le cabotage pourrait se faire entre différents pays, ce qui ne correspond pas du tout à sa définition.

Mais la Région a volontairement choisi cette appellation, comme l’explique Jean-Louis Boucard, directeur des affaires européennes et de la coopération du Conseil régional guadeloupéen :

« Dans la Caraïbe, de la Guadeloupe à la Dominique par exemple, on est normalement dans le cadre du transport international. Mais nous ne sommes pas à la même échelle que les grands pays. Nous restons sur les mêmes distances, la même fréquence et les mêmes bateaux que ceux du cabotage. Il faut donc réfléchir à des mesures spécifiques pour la région caribéenne ».

Chef de file du Renforcement des Capacités Institutionnelles et Commerciales (RECIC) des trois départements français d’Amérique et des pays du Cariforum, la Région Guadeloupe veut développer le cabotage maritime caribéen, car malgré les nombreux accords économiques encourageant les échanges de marchandises entre les îles de la Caraïbe, les flux restent peu élevés, se montant à 8 %. Les régions caribéennes échangent majoritairement avec leurs anciennes puissances coloniales plutôt qu’avec les îles voisines.

Avec plus de 250 millions d’habitants, la Grande Caraïbe représente un marché considérable, mais développer le commerce entre les pays de cette zone reste très difficile à cause, selon le président du Conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, « de l’inexistence d’offres de transport maritime régulier et de coûts supportables, compatibles avec les attentes des entreprises qui souhaitent exporter ».

« Le transport constitue un enjeu majeur pour le développement interré- gional. Il n’y aura pas de développement sans échange. Pour ce faire, nous travaillons sur ce qui va permettre de renforcer les capacités productives de la Guadeloupe, mais il faut aussi travailler sur le cabotage », assure Jean-Louis Boucard.

Le développement du cabotage maritime caribéen est d’ailleurs inscrit dans le programme de coopération territoriale dans l’espace caraïbe, l’INTERREG IV 2007-2013, dont le budget se monte à 63 millions d’euros, 75 % étant financé par l’Europe.

Créer une bourse maritime du cabotage

Pendant ce séminaire, les participants ont longuement réfléchi et débattu des les meilleures solutions pour dynamiser le cabotage maritime caribéen. Ils sont tombés d’accord sur la nécessité de faire la promotion de ce mode de transport dans la zone des Caraïbes, d’harmoniser les moyens de contrôle, mais aussi de mettre en place une bourse maritime du cabotage.

Celle-ci  « permettrait à des entreprises de se regrouper et d’avoir en face des armateurs qui peuvent formuler des offres adaptées. Par exemple, les maraîchers de Port-Louis peuvent voir par temps dégagé les côtes d’Antigua et pourtant ils n’ont aucun échange avec cette île. Avec ce regroupement, cela serait possible et cela permettrait, sur le long terme, de stabiliser l’offre », affirme Jean-Louis Boucard.

Publié dans Sept magazine, n°1519, du 17 au 24 décembre 2008.

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