Comme promis, je continue à relayer les propos forts, pertinents, tenus par les intervenants lors de Startup.gp, événement qui a eu lieu en mai dernier.  

Dans le premier billet de cette série, je vous ai livré ceux de Yoann Saint-Louis, le CEO de la startup Carfully. 

Pour ce deuxième volet, j’ai décidé de revenir sur la conférence de clôture de Philippe Ramalingom, un Guadeloupéen, co-fondateur de la startup Compte-Nickel

Compte-Nickel ? Quésaco ? Réponse de Philippe Ramalingom.

« Vous êtes interdit bancaire, dans le rouge, mal bancarisé. Vous prenez un compte Nickel. Vous faites vos virements dessus et vous payez ce que vous avez à payer. On ne fait ni de crédit, ni de découvert. Vous ne pouvez pas être dans le rouge. Et tout cela coûte 20 euros. Cela a répondu aux besoins d’une grande majorité de personnes. »

« Aujourd’hui, 600 000 personnes l’utilisent. »

A noter que la startup Compte-Nickel a été rachetée par BNP Paribas, il y a quelques mois.

Voici 10 points marquants tirés de la conférence de Philippe Ramalingom.

► « Mon apprentissage est guadeloupéen. J’ai été commerçant. J’ai appris l’école de la vie, avec mes parents qui l’étaient aussi. De fil en aiguille, j’ai développé des opportunités de business dans les télécoms, dans les moyens de paiement. »

► « Pour monter un projet comme celui de Compte-Nickel, il a fallu des capitaux, des fonds propres. Il a fallu montrer patte blanche, écrire 5000 pages de projet. »

► « On voulait juste donner un service qui est nécessaire : ouvrir un compte bancaire, simplement, dans un commerce, aux gens qui en ont besoin. Pourtant, nous avons eu beaucoup de refus. »

« Nous avons bougé les paramètres de la banque. On a développé et breveté un système d’enregistrement de compte bancaire dans un commerce de proximité et c’est cela qui a été la valeur ajoutée de l’entreprise, l’innovation. C’était cela le challenge : un ‘truc’ simple qui coûte 20 euros à l’année. »

►« Des projets peuvent naître à un moment donné à un endroit, mais il faut savoir les emmener au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Il faut aussi savoir se retirer. Nous ne sommes pas tous des bons gestionnaires. Nos rêves, nous ne sommes pas obligés de les porter nous-mêmes. J’ai préféré céder ma place. D’autres personnes ont participé, des actionnaires de grande envergure – que nous avons fait entrer avant des fonds – qui ont cru en ce projet. »

« On a réussi à redonner de l’espoir aux gens qui avaient perdu tout espoir de retrouver une carte bancaire. C’est ce que la BNP a voulu ‘nickeliser’. »

►« Aujourd’hui, nous étions arrivés au maximum de notre capacité de gérer ce genre d’entreprise. Et maintenant, place aux gros, aux grands, pour continuer cette offre de produit, l’étendre sur l’Europe. »

De précieux conseils aux entrepreneurs

« Des projets, il y en a partout. Il faut détecter le besoin, analyser la faisabilité du projet. Si vos propres contacts ne croient pas en votre projet, arrêtez ! Compte-Nickel a démarré avec des copains. »

►« Ensuite, il ne faut pas prendre une trop grande croissance, il ne faut pas voir à l’américaine. Il faut rester réaliste surtout. »

►« J’ai eu des projets qui se sont fracassés, j’ai eu des échecs. La réussite vient avec des échecs et il faut savoir l’accepter. Nous avons eu de la chance, mais celle-ci se provoque. »

« Il faut croire en son projet, garder le cap. On y a cru, on l’a modifié et le succès est là. » - Philippe RamalingomClick to Tweet 

En photo : Philippe Ramalingom. Crédit photo : Philippe Tirolien d’IDLineStudio.