Des startupers guadeloupéens, j’en connais bien une quinzaine, peut-être même un peu plus. 

Ce qui me fascine chez eux, c’est leur capacité à croire en leur projet. Ce n’est pas de la passion, mais de la conviction. Ce n’est pas (seulement) de l’ambition, mais de la détermination.

Et vraiment, il leur en faut, car derrière un succès, combien de galères !

Vous me direz : « bah, comme pour beaucoup d’entrepreneurs. » Et je vous réponds : « bien sûr ». Evitons cette polémique sur la différence entre startupers et entrepreneurs, parce qu’elle est finalement bien fine, à mon avis.

J’effectue de suite cette précision, en pensant à la mise au point faite par Cédrick Francietta, lors de la première table ronde de Startup.gp, événement qui a eu lieu le 19 mai dernier et dont je vous ai déjà parlé sur ce blog

Il faisait partie des 5 startupers présents sur scène pour expliquer ce qu’est une startup et partager leurs expériences.

Cédric Francietta de Rocket Entrepreneur a expliqué :

« La startup quand elle réussit, elle devient une entreprise. » Click to Tweet

« Une startup est une entité qui à un instant T n’a pas de modèle économique validé. »Click to Tweet

Maël Disa-Vingataramin de Voyey.com (que j’ai présenté sur ce blog) a lui ajouté :

« Une startup est une entreprise qui a démarré mais qui n’est pas encore rentable. »Click to Tweet

« Le but d’une startup est de pérenniser une activité, créer de la richesse, de l’emploi. »Click to Tweet

Rachel Lollia de Pawoka (dont le portrait est aussi sur ce blog)

« Le mot que j’associe à startup est innovation. On est dans une dynamique de disruption, c’est-à-dire que l’on cherche à faire différemment. Cela demande de l’ingéniosité, mais aussi de la créativité, puisqu’en permanence, on a des défis à relever. »

 

La startup, c’est l’opposé de la stabilité et de la tranquillité.

S’il y en a une qui a expérimenté tous les hauts et les bas de la vie de startupeuse, c’est bien Karine Dumesnil de French Caribbean Taxis. Au départ, son objectif était de créer une application mobile de mise en relation avec les clients, de redynamiser la profession, de structurer une filière artisanale. Cependant, rien a été simple. 

« Depuis 2014, je suis passée par toutes les phases et Dieu merci, il me reste encore des cheveux ! »

« Ces trois dernières années, je les ai passées à tester des choses. Jusqu’au jour où je présente mon projet à mon banquier. Et lui me répond : ‘ça n’a rien à avoir avec votre coeur de métier’.  J’ai quand même continué, lancé un centre de formation, géré toute la structuration de la filière.

Aujourd’hui, je peux dire que j’ai pu stabiliser des choses, mais pas forcément sur la partie transport. On a encore des défis à relever, des choses à structurer ».

Pour Rachel Lollia aussi, une montagne à gravir : 

« Quand j’ai lancé le projet, je n’étais pas vraiment dans une dynamique de rentabilité. Et en pesant le pour et le contre, j’ai voulu faire le pari d’une entreprise. Personne ne l’avait jamais fait en amont, j’ai donc dû chercher mon modèle économique. Entre novembre et mai, je l’ai crashé entre 5 et 6 fois. Je le stabilise maintenant. »

« Je ne peux passer toute ma vie à tester. A un moment, il faut gagner de l’argent et devenir une vraie entreprise. »

 

Seul ou en équipe ? Faites le bon choix !

Beaucoup de startupers ont leur projet global, la vision finale, dans leur tête. Ils ont confiance avant tout en eux. Ils veulent aller vite, très vite. Alors, l’autre apparaît parfois comme un poids plutôt qu’un soutien.

Cependant, Vanessa Ronel de Segundo Piso a insisté sur l’importance de jouer collectif.

« On a une tribu incroyable de solo founders aux Antilles !  Dès le démarrage, monter des équipes ! Cela rendra votre vie plus facile. »

« Je ne serais pas là, si je n’avais pas eu un réseau pour m’aider. Entre ce que je concevais dans ma tête pour Segundo Piso et ce que c’est aujourd’hui, il y a un énorme gap (écart). »

Et Axelle Kaulanjan, de Caribbean Boss Lady (mon billet de blog sur elle à lire), modératrice de cette table ronde, d’approuver :

« Avoir ses gladiators, c’est très important. A un moment, tout startuper éprouve une grande fatigue. »Click to Tweet

 

De précieux conseils

Vanessa Ronel : « Dès que l’on teste, on a des enseignements et c’est ce qui permet à chaque fois de mieux faire. »

Karine Dumesnil : « On est comme des chimistes, des parfumeurs et on essaye de trouver la bonne formule qui fera qu’on arrive à générer du chiffre d’affaires ».

Maël Disa-Vingataramin : « Au niveau des ressources qui manquent à tout le monde : le temps et l’argent. Tout prend plus de temps, il faut faire avec. Pour le financement, on n’en a jamais quand on en veut. Et en même temps, quand on en a trop, ce n’est pas tellement mieux. Le plus important, ce sont les gens, trouver des associés. C’est un réflexe aux Etats-Unis. Ici, non. La ressource manquante est une bonne équipe. »

Cédric Francietta : « Le point fondamental est le talent. Recrutez meilleur que vous aux postes dont vous avez besoin. »

Rachel Lollia : « Il faut penser à tout, passer du temps à trouver des solutions… Cela devient parfois obsessionnel. Il faut donc aussi savoir s’arrêter. »

Photo de couverture : merci à Philippe Tirolien d’IDLineStudio.