Laura Chinchilla, première femme à devenir présidente de la République du Costa-Rica, seule femme parmi les gouvernants actuels de la Caraïbe continentale, est bien au centre d’une scandale ces derniers jours.

Son tort : elle aurait effectué deux vols internationaux – pour un voyage officiel à Caracas au Vénézuela et pour un séjour privé au Pérou – dans le jet privé de Gabriel Morales, un homme d’affaires colombien fort controversé dans son pays, selon l’Agence France Presse. Les autorités colombiennes enquêteraient, car elles le  soupçonnent d’avoir des  liens présumés avec Luis Carlos Ramirez, un trafiquant de drogue colomboien actuellement emprisonné ; ce que Gabriel Morales a toujours nié.

La petite République du Costa-Rica ne possédant pas d’avion présidentiel, Laura Chinchilla doit habituellement emprunter des vols commerciaux ou des jets loués pour ce faire.

En guise de défense, elle a complètement rejeté la faute sur son entourage qui n’a d’ailleurs pas cherché à se défausser. Francisco Chacon, le ministre de la Communication, a démissionné après avoir admis avoir été trompé par Gabriel Morales, parce que ce dernier aurait utilisé un faux nom. Mauricio Boraschi, le chef du renseignement et de la sécurité, a également avoué ne pas avoir fait les vérifications nécessaires et remis sa démission.

Faisant partie des gouvernants caribéens très actifs sur les réseaux sociaux, Laura Chinchilla n’a pas manqué de réagir sur Twitter. Elle a notamment twitté le 16 mai dernier : « pour moi et pour ma famille, les faits se sont avérés très doloureux et scandaleux. J’ai passé une grande partie de ma vie à combattre le crime ».

Cependant, l’affaire n’en est pas pour autant terminée. Le bureau du procureur général du Costa-Rica a expliqué qu’il enquêterait pour déterminer si la Présidente avait enfreint la loi d’Enrichissement illicite qui prévoit une peine maximale de huit ans de prison, si les faits sont avérés.

Billet publié en 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié. 
Photo de couverture : Gobierno de Alvaro Colom, Guatemala 2008-2012, sur Flickr.