Devant faire face à une crise économique sans précédent, Porto-Rico n’a pas honoré le remboursement des 58 millions de dollars dus à ses créanciers privés, le 3 août dernier. Ces deniers n’ont reçu qu’environ 573 000 euros.

Annoncé par l’agence de notation Moody’s, ce défaut de paiement a constitué une première dans l’histoire de cet archipel caribéen.

Cependant, la nouvelle n’a guère surpris, car Porto-Rico est connu pour sa dette élevée, de 67 milliards d’euros.

Dans un discours télévisé sur l’état des finances de l’île, le 29 juin dernier, le gouverneur, Alejandro Garcia Padilla, avait d’ailleurs affirmé que rembourser la dette était impossible et avait proposé un plan de restructuration. 

L’état financier catastrophique de Porto-Rico lui a valu d’être surnommée « la Grèce des Caraïbes », les deux pays ne pouvant pas payer leurs créanciers par manque de fonds. 

D’autre part, les difficultés économiques de Porto-Rico ont empiré suite à la disparition, en 2006, du système d’exonération fiscale dont bénéficiaient tous ceux qui investissaient dans ce territoire. Baisse des recettes, hausse du chômage et du déficit et récession. Porto-Rico a plongé dans une spirale que les mesures d’austérité prises n’ont pas pu arrêter.

Toutefois, à l’inverse de la Grèce, Porto-Rico n’est pas un pays souverain et ne peut donc pas avoir recours au FMI. Et, comme ce n’est pas un Etat américain, mais un territoire autonome, rattaché aux Etats-Unis, il ne peut bénéficier de la loi fédérale sur les faillites. Malgré les demandes de toutes part, aucune modification n’a été, à ce jour, apportée à cette loi.   

D’autre part, le nombre très élevé de créanciers privés rend les négociations sur la restructuration de la dette plus difficiles. 

Désormais, la priorité pour le territoire caribéen est de trouver des solutions pour sortir de la crise.