Le président de la République du Suriname, Desi Bouterse, est l’un des chefs d’Etat caribéens les plus controversés à l’heure actuelle. En cause : son passé pour le moins sulfureux.

Le 25 février 1980, Desi Bouterse, alors colonel de l’armée, mène un coup d’Etat et prend le pouvoir, devenant le président du Conseil militaire national. Ses années à la tête du pays ont été noires, marquées par une guerre civile de 1986 à 1992, opposant les hommes de Bouterse à ceux de Ronnie Brunswijk, un de ses anciens sergents.
Mais en plus, l’homme lui-même aurait été impliqué dans plusieurs crimes : l’assassinat de 15 opposants à son régime en 1982, un trafic de drogue pour lequel il a été condamné par contumace à onze de prison par un tribunal aux Pays-Bas, en 1999. Un mandat international a d’ailleurs été lancé contre lui.
Malgré tout cela, non seulement Desi Bouterse est libre, mais en plus il a été élu le 19 juillet 2010 et ce, pour cinq ans, comme président du Surinam et jouit désormais d’une immunité.

Comment cela se fait-il, vous demandez-vous sûrement ?

Leader charismatique de la coalition Mega Combinatie, Desi Bouterse a donné de sa personne durant la campagne des élections législatives et est ainsi parvenu à remporter 23 voix. Aux Surinamiens, il a beaucoup promis : de redynamiser le pays, de mener un projet d’envergure, de lutter contre le trafic de drogue, etc.
De plus, selon les dires du renommé site WikiLeaks, il aurait aussi reçu le soutien financier d’un autre leader controversé, Hugo Chavez, le président vénézuélien décédé début mars. Par la suite, à force de tractations, il est parvenu à rallier suffisamment de voix de députés pour se faire élire par 36 voix sur 51.
Une fois élu, Desi Bouterse n’a guère tardé à s’occuper d’une chose : faire voter en 2012 une loi d’amnistie lui permettant d’échapper à des poursuites concernant l’assassinat des 15 opposants à son régime en 1982, dont j’ai parlé un peu plus haut. Et selon le New-York Times, le chef d’Etat a aussi placé des membres de sa famille à des hauts postes.

Billet publié en 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié.