En matière d’actualité caribéenne, ce qui fait « jaser » dans la région et se retrouve dans les médias internationaux, ce sont les nouvelles – plus ou beaucoup moins heureuses – concernant la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf). 

L’heureuse nouvelle est sans nul doute l’adhésion de la Guadeloupe (mais aussi de la Martinique, la Guyane, Saint-Martin et Sint Maarteen) comme membre à part entière de la Concacaf, le 19 avril dernier, lors du 28e Congrès au Panama de l’instance internationale. Dans un communiqué de presse, la présidente de la Région Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin, s’en est félicitée en ces termes : « C’est un moment historique pour le football guadeloupéen, qui après 49 ans d’attente, pourra désormais disputer toutes les compétitions sportives qui auront lieu dans cette zone. »

Jusqu’à cette décision officielle, l’équipe de la Guadeloupe, les Gwada Boys, ne pouvait en effet pas participer à toutes les rencontres caribéennes, ce qui entraînait une perte certaine, en termes notamment d’aides et de droits télévisés. Jocelyn Sapotille, le président de la commission Sport de la Région Guadeloupe qui avait fait le déplacement au Panama pour l’occasion, a (lourdement) insisté sur les « bienfaits » de cette adhésion :

« L’intégration de nos territoires dans la Concacaf, c’est le rayonnement de la France dans la Caraïbe, c’est la possibilité pour nos footballeurs d’acquérir plus d’expériences, d’avoir plus de compétition et de s’améliorer dans l’intérêt du football français ».

Autrement dit, ce n’est pas parce que l’équipe guadeloupéenne joue dans la Caraïbe, que cela va pénaliser la France.

L’autre nouvelle marquante au sujet de la CONCACAF est d’une toute autre nature, nullement réjouissante, à vrai dire.

Le 19 avril dernier, alors que s’ouvrait justement le 28e Congrès de la Concacaf, sortait un rapport accusant de détournement de fonds – sont évoqués des millions d’euros – une sommité du football : Jack Warner, originaire de Trinidad-et-Tobago, connu pour avoir été vice-président de la FIFA et président de la Concacaf. Selon ce rapport, c’est dans le cadre de la présidence de cette dernière que Jack Warner se serait enrichi illégalement. Est également concerné dans cette affaire, Chuck Blazer, son ancien secrétaire général.

Suite à ces révélations, Jack Warner n’a eu d’autre choix que de démissionner de son poste de ministre de la sécurité nationale de Trinité-et-Tobago. L’histoire se répète donc, la descente aux enfers se poursuit, pour ce Caribéen qui avait déjà dû démissionner de sa fonction de président de la Concacaf en 2011, après avoir été accusé d’avoir essayé de corrompre les membres de la zone Caraïbe pour qu’ils votent pour Mohamed bin Hamman, président de la confédération asiatique à l’époque, lors de l’élection du président de la FIFA.

Pour terminer ce billet, je tenais à évoquer un fait un peu plus heureux pour le football caribéen : la tournée, mi-avril,  en Amérique centrale et dans la Caraïbe, de Joseph S. Blatter, le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), accompagné entre autres de Jeffrey Webb, président de la Concacaf.  Joseph S. Blatter a inauguré l’Estadio Panamericano de Fútbol et posé la première pierre d’un gymnase réservé au futsal au Centre technique de San Cristóbal, à Saint-Domingue, félicité le football cubain, promis d’aider le football haïtien et assisté à l’inauguration du siège du football panaméen.

Des gestes et paroles positifs envers la Concacaf, le football caribéen, qui, en ces temps de troubles et de soupçon, auront assurément besoin du soutien de la FIFA.

Billet publié le 23 avril 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié.