Première puissance mondiale en devenir, la Chine s’intéresse de plus en plus à la Caraïbe, région que les Etats-Unis ont toujours considérée comme leur « chasse gardée ». Dans les années 90, la puissance américaine avait d’ailleurs manifesté la volonté de créer une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) qui engloberait à terme plusieurs territoires de la Grande Caraïbe et qui représenterait un énorme espace de plus de 800 millions de consommateurs. Toutefois, cette ZLEA n’a pu voir le jour, du fait notamment de la vive opposition de plusieurs gouvernants à placer leur pays sous la coupe des Etats-Unis.

Profitant de la position quelque peu en retrait des Etats-Unis, la Chine continue à tisser des liens durables dans la Grande Caraïbe, en mettant toujours en avant sa volonté de renforcer sa coopération avec les Caribéens. Pour ce faire, la puissance chinoise sait se montrer plus que généreuse avec les territoires de la région, à coups d’aides, de prêts et d’investissements pléthoriques, comme le souligne un intéressant article (en anglais) publié sur le site de The Economist, en mars 2012.

La Chine n’hésite pas non plus à envoyer ses officiels éminents dans la Caraïbe.

En septembre 2011, dans le cadre du 3e Forum de coopération économique et commerciale Chine-Caraïbes à Port of Spain, à Trinidad-and-Tobago, le vice-premier ministre chinois, Wang Qishan, avait fait le déplacement pour annoncer que son pays fournirait « un milliard de dollars US de prêts préférentiels pour soutenir le développement des Caraïbes ». Il avait aussi présenté cinq autres mesures que son Gouvernement mettrait en application lors des trois années à venir.

Récemment, David Yung-Lo Lin, le ministre des Affaires étrangères de la République de Chine (Taïwan), était en visite officielle dans la région. Il a notamment séjourné durant deux jours en Haïti, où il a rencontré le premier ministre du pays Laurent Lamothe qui a souligné, par voie de communiqué, que :

« Taïwan a déjà accordé 48 millions de dollars d’aide à Haïti sur une période de cinq ans. Nous apprécions cette coopération à sa juste valeur et remercions ce pays frère, pour sa contribution dans l’effort de relèvement d’Haïti, notamment après le séisme du 12 janvier 2010; c’est un partenaire sur lequel le Gouvernement haïtien peut compter. »

Des millions de dollars…

Une manne financière chinoise que les pays caribéens utilisent pour financer, le plus souvent, d’importants chantiers de construction. Reste à savoir quelles sont les arrières-pensées qui guident la puissance chinoise ? De telles sommes, sans aucune contrepartie, est-ce vraiment de l’ordre du possible notamment de la part d’un pays en passe de devenir la première puissance mondiale (d’ici 2016, dit-on)  ?

Billet publié le 9 février 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié.