Guadeloupe : En balade dans les rues des Abymes

Si je devais classer les communes de Guadeloupe par ordre de préférence, celle des Abymes ne figurerait assurément pas en tête de liste.

Pourtant, je ressens pour elle un attachement particulier, car c’est la ville où je suis née, comme bon nombre de Guadeloupéens d’ailleurs, puisque le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) y est en partie localisé. Oui, en partie, vu qu’il est également situé sur le territoire de Pointe-à-Pitre…

C’est aussi aux Abymes que se trouve la principale porte d’entrée et de sortie de l’archipel : l’aéroport international Pôle Caraïbes. Sur les billets d’avion, il est marqué « arrivée/départ à PTP », c’est-à-dire Pointe-à-Pitre, mais croyez-moi, l’aéroport est bien aux Abymes ! Et il en est de même pour l’ancien aéroport, dont les bâtiments désormais laissés à l’abandon ne sont qu’à quelques kilomètres du nouveau.

Les Abymes, ville de passage donc, et ce d’autant plus qu’elle occupe une position centrale, entre notamment Baie-Mahault, «poumon économique de la Guadeloupe», Pointe-à-Pitre, la sous-préfecture, et Gosier, ville balnéaire, touristique, très prisée. Sa bonne localisation, ainsi que sa grande superficie – 81km2, en ont fait la parfaite «ville-dortoir».

Les Abymes, ville « pratique », dont les quelque 60 000 habitants en font la commune la plus peuplée de la Guadeloupe.

Et, naturellement, c’est aussi l’une des plus animées, bruyantes. Entre les décollages des avions, les sirènes des ambulances et autres véhicules prioritaires, les klaxons des voitures et bus pris dans les embouteillages monstres aux heures de pointe, sur ses principaux axes routiers, pas un jour de semaine sans cette cacophonie qui, fort heureusement, disparaît la nuit tombée, pour reprendre de plus belle le lendemain…

Les Abymes, ville de paradoxes aussi, où les constructions fleurissent, mais dont la rénovation urbaine – Ruzab – avance fort lentement. L’ancien aéroport en ruines, ces bâtiments ayant mal vieilli à détruire, ces quartiers à repenser, à redynamiser… Le chantier est immense.

Quant au bourg, avec sa plaie béante – le chantier du nouveau complexe socioculturel, ses édifices imposants et sa circulation dense, il reflète bien la dynamique de la ville. La mairie, sa place, son église… le tour est vite fait. Guère de place pour l’émerveillement.

J’ai achevé ma balade dans le bourg en me rendant sur ce terrain, en haut d’une petite montée, d’où on peut voir une partie de la ville, mais surtout où se trouve le monument présentant la «liste des noms attribués aux esclaves des Abymes affranchis après 1848».

Mon nom y figure, au milieu de dizaines d’autres. Etrange sentiment.

Billet publié le 22 octobre 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié.