Guadeloupe - La première conférence Startup.gp en 10 points clefs

Billet publié le 21 février 2014 sur mon précédent blog et légèrement modifié. 

Je n’ai pas l’habitude de rédiger des billets express, mais j’ai décidé de me mettre au rythme de l’économie numérique, où tout semble aller à vitesse grand V (notez bien le « semble »), et donc j’ai fait une exception pour évoquer la première conférence Startup.gp, qui s’est tenue le 20 février 2014, à la bibliothèque Mado, à Baie-Mahault, en Guadeloupe.

Avant de décliner mes 10 points sur cette conférence, trois constats que j’ai tirés de cette grande première :

  • il est possible d’organiser en Guadeloupe une conférence qui démarre à l’heure et respecte (globalement) les horaires annoncés. Début à 14h30, pas une minute de retard. Fin à 18h30.
  • l’économie numérique, les startups, les technologies et de l’information et de la communication sont des sujets porteurs en Guadeloupe. Pour preuve, la salle était pleine. Un constat certes pas surprenant, mais tout de même toujours agréable à souligner.
  • quatre heures de conférence, cela peut apparaître énorme sur papier, mais il y a une telle richesse dans ces secteurs que cela s’est avéré finalement peu. Beaucoup de sujets encore à creuser et de belles conférences en perspective.

Trêve de constats, passons à la conférence elle-même et à ces 10 points que j’ai retenus. Compte-rendu d’une (quasi) néophyte.

1.     #guadeloupetech, le hashtag incontournable

Guadeloupetech, c’est l’appellation de l’association organisatrice de cette conférence. J’ai choisi d’indiquer son hashtag utilisé sur le réseau social Twitter, mais j’aurais aussi bien pu mentionner son site ou encore son profil Facebook. Guadeloupetech est très présente sur le net, ce qui est d’autant plus normal que cette association est constituée (en grande partie) d’entrepreneurs du numérique.

Lancée le 15 octobre 2013, présidée par Allan Faure et comptant une trentaine de membres, elle fait déjà partie, selon moi, de ces entités guadeloupéennes à vraiment suivre.

2.     Qu’est-ce qu’une startup ? La question du jour 

Allan Faure, le président de Guadeloupetech, animateur-modérateur de cette conférence, a demandé au public de donner sa définition d’une startup, au début de l’événement. Quelques personnes, visiblement au fait du sujet, ont avancé des éléments.

Allan Faure a synthétisé le tout en une définition : une startup, c’est une idée, c’est aussi une organisation à la recherche d’un business model (modèle d’entreprise, d’affaires, en français). En somme, tu as un concept, mais tu ne sais pas vraiment comment tu vas gagner de l’argent avec… Cela rappelle un peu (beaucoup) Twitter, non ?

Pour passer de l’idée à l’entreprise, il faut avoir recours au fameux R&D, Recherche et Développement. Et une fois que tu as créé ta startup, tu peux envisager de rejoindre une communauté de startups… Il faut suivre.

Les startups, si j’ai bien tout saisi, c’est aussi un état d’esprit. Allan Faure a ainsi indiqué que la nouvelle génération des entrepreneurs ne pense pas en termes de hiérarchie, de pouvoir. Non. Ces derniers ont « une vision en réseau, il n’y a pas de leader, des leaders. » Les uns et les autres se considèrent donc comme des collaborateurs.

Et en plus, cela se double d’une « nouvelle façon de penser le business (les affaires). Ce n’est plus la guerre économique. C’est un écosystème », dixit Allan Faure. Autrement dit, exit la concurrence féroce, on privilégie plutôt le partage, gagnant-gagnant. Intéressant, mais difficile à imaginer en ce bas monde, non ? Et pourtant, c’est une dynamique réelle, à de multiples échelles.

 3.     Gaël Musquet, l’intervenant majeur

Gaël Musquet, @RatZillas sur Twitter, c’est lui que j’étais venue entendre, rencontrer, en particulier. C’est le président d’OpenStreetMap, un projet communautaire et international de création d’une carte du monde. Il est aussi vice-président de Silicon Sentier, une association d’entreprises innovantes et chargé de mission à la région Île-de-France. Et il est guadeloupéen.

Bien que ne maîtrisant pas le jargon de ces secteurs, j’ai compris son propos, apprécié ses interventions. Il a retenu mon attention notamment quand il a précisé que les grands fonds du département n’existent pas sur Google Maps (le principal concurrent), mais sur Openstreetmap, oui. Et d’expliquer que Google ne voit pas l’intérêt de s’intéresser à la Guadeloupe… Ce ne sont pas ses mots, plutôt l’idée générale.

4.     Philippe Roquelaure, le « provocateur »

Philippe Roquelaure (@proquelaure), délégué régional Guadeloupe d’Orange Caraïbe, autre intervenant de cette conférence, a tenu le rôle du « provocateur » très assumé (le mot est de lui) de la conférence.

Il d’abord souligné le fait qu’Orange était présent aux côtés des acteurs du numérique, d’autant que le groupe va devoir lui-même amener ces collaborateurs à utiliser de plus en plus ces outils. Il a aussi évoqué Orange Fab France, qui a pour but d’accompagner des startups. Précision : il n’existe pas de déclinaison spécifique pour les Antilles. Pas la peine d’en chercher.

Et ensuite, alors qu’il mettait en évidence l’importance croissante du numérique, Philippe Roquelaure a demandé : « Avec les Moocs (les cours en ligne), à quoi servira bientôt l’Université ? » Provocation à laquelle ne pouvait pas ne pas répondre Ruddy Blondou, autre intervenant de la conférence, docteur en physique et surtout maître de conférences à l’université des Antilles et de la Guyane. « L’université servira de GPS », a affirmé Ruddy Blondou, c’est-à-dire qu’elle servira toujours de référence, d’étalon.

5.     Le débit Internet, la problématique centrale

Il était impossible que la question de la connexion Internet, de sa faiblesse, voire de son absence dans certaines parties du territoire, ne soit pas posée dans une telle conférence.

C’est Laurence (@Neeyaonair sur Twitter), notamment connue en Guadeloupe pour ses actions de lobbying sur certains dossiers, qui l’a soulevée, en demandant si Guadeloupetech comptait faire du lobbying pour qu’il y ait des avancées concrètes concernant la couverture en haut débit de la Guadeloupe, la problématique des zones blanches (sans internet) qui perdurent.

Réponse, en substance, de plusieurs des intervenants : oui, il faut que cela évolue, et pour cela, oui, il faut faire « pression » sur les autorités… Lobbying en cours.

6.     La « fertilisation croisée », l’expression jusque-là inconnue

Fertilisation croisée. Cette expression – que je ne connaissais pas du tout – a été prononcée par Joana Girard, animatrice du réseau régional de l’innovation – appui aux projets innovants à la Région Guadeloupe. Elle a dit : « On va travailler à une véritable fertilisation croisée », c’est-à-dire que la collectivité régionale va chercher à « faciliter les rencontres intersectorielles afin de favoriser l’émergence de solutions innovantes ». Autrement dit, la région veut faire en sorte que les entreprises numériques puissent rencontrer les acteurs de domaines tels que la santé, le tourisme, l’agriculture, l’énergie, pour qu’ils collaborent ensemble, montent des projets.

Tout cela s’inscrit dans le cadre d’une Stratégie régionale d’innovation (SRI) : « Tous les accompagnements traditionnels sont en train d’être refondus pour s’adapter aux startups », a affirmé Joana Girard.

7.     Le projet Audacia, La technopole

Parfois, des photos valent mieux que des mots… Pour tout vous dire, j’ai manqué la présentation d’Audacia, pour aller « saluer » le bébé d’une amie qui se reconnaîtra.

Audacia, nouvelle technopole, pépinière d’entreprises innovantes, est située dans la vallée du Morne-Bernard, à Baie-Mahault, la commune-phare de la Guadeloupe en matière d’économie numérique, compte tenu de la concentration d’entreprises dans ce secteur et ceux qui lui sont reliés.

8.     Le crowdfunding, un outil de financement « in »

Quand on crée ou reprend une entreprise, on a souvent recours aux moyens traditionnels et bien connus pour la financer, mais ce n’est pas (pour ne pas dire jamais) évident, d’où l’intérêt du crowdfunding qui consiste à faire appel aux internautes pour collecter des fonds pour réaliser un projet.

J’ai vraiment apprécié l’intervention de Mikaella Rojas Fanon (@Mikaella972) qui s’exprimait sur ce sujet, car elle a été à la fois claire et franche. Elle a d’ailleurs insisté sur le fait que compter d’abord sur les subventions pour monter son entreprise, c’est s’assurer d’être rapidement « out of business ». Expression en anglais, certes, mais très compréhensible.

9.     Les échanges « en vrai », l’aspect + très agréable

Une fois la conférence terminée, voici venu le temps des échanges décontractés avec les intervenants et les participants, autour du buffet (excellent, au passage). Et c’est là que tu rencontres  – pour la première fois pour certains, pour la deuxième seulement pour d’autres – des gens que tu suis, « retweetes », sur Twitter, que tu « likes » sur Facebook, des connaissances que tu as l’impression de connaître, mais avec lesquelles, au final, tu n’avais échangé que via les réseaux sociaux.

C’est une banalité de le dire, mais tout de même : rencontrer ces personnes en vrai, mettre un visage, un sourire, un ton de voix sur un profil virtuel, cela fait du bien. J’en profite donc pour les saluer, en espérant qu’elles liront ce billet et se reconnaîtront.

10.  Un tourbillon de dynamisme, mon sentiment général

Pour conclure ce billet, mon avis général. Cette première conférence Startup.gp était bien organisée, instructive et riche. J’ai un regard de néophyte concernant ces secteurs, je l’ai déjà dit. Néanmoins, j’assiste à pas mal de conférences et je peux dire que celle-ci était réussie.

J’ai appris. Je n’ai pas forcément tout compris, mais cela m’a donné envie d’en savoir plus. Je reste surtout sur cette impression d’une dynamique forte, qui j’espère va perdurer, s’amplifier. Tous ces gens qui ont des idées, de la motivation, de la passion… Un véritable tourbillon mêlant innovation et énergie. Cela inspire. Vraiment. Beaucoup.

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