Une grande satisfaction, beaucoup d’émerveillement, près de quatre heures d’effort et une cheville foulée, tel est le bilan de mon périple au volcan de la Guadeloupe, la Soufrière.

Bien qu’étant guadeloupéenne, jusqu’à présent, je ne m’étais rendue à la Soufrière qu’une seule fois lors d’une sortie scolaire au primaire ou au collège dont je ne me rappelle que quelques détails : le voyage en bus des Abymes à Saint-Claude et la marche dans la boue ; autrement dit, des souvenirs de jeunesse peu intéressants, qui m’ont ôté toute envie d’y retourner. Néanmoins, comme j’avais lu quelques textes vantant l’intérêt de s’y rendre et que j’étais curieuse de vérifier par moi-même, je m’étais toujours dit que si l’occasion se présentait, je la saisirais. Et ce fut le cas, il y a quelques jours.

Et voilà pourquoi et comment je me retrouve à 10 heures du matin, à Saint-Claude, sur le parking du site de la Soufrière, en compagnie d’une quinzaine de « camarades » de périple. Nous formons une joyeuse troupe vêtue de manière « sportive-décontractée » pour effectuer une randonnée, mais surtout de manière à ne pas souffrir du froid qui nous attend tout en haut. Car, oui, pauvres naïfs que nous sommes, nous nous voyons déjà au sommet. Facile !

Cependant, après une première demi-heure de marche en montée constante, sur un chemin de pierres taillées rendu glissant par l’humidité, je souffre déjà, un peu, beaucoup…  Néanmoins, pas question d’abandonner, d’autant qu’arrivés au bout de ce chemin, nous débouchons sur une route goudronnée qui mène à l’ancien parking de la Soufrière et je me rends compte alors que nous n’avons même pas encore commencé notre périple.

Je regarde le panneau indiquant qu’il faut 1h15 pour atteindre le sommet, avec un mélange d’étonnement et d’incrédulité.

Notre groupe hésite : monter ou ne pas monter ? Les plus motivés s’élancent déjà et après quelques hésitations, les autres suivent. S’en suit une marche en montée constante qui dure environ une heure trente inoubliable, d’abord, parce que notre groupe est formidable : l’une joue de la flûte, un autre de l’harmonica (oui, oui, ils avaient suffisamment de souffle !), certains déclament de la poésie tout en plaisantant, d’autres se plaignent tout en s’émerveillant (je faisais partie de ce groupe, je l’avoue), d’autres encore jouent le rôle de « motivateur-soigneur ».

Au fil de la marche ponctuée de pauses, le groupe se scinde en deux, trois, suivant un effet d’accordéon, en fonction de la forme de chacun. Je suis à l’arrière, avec quelques autres. Ce que j’imaginais comme une marche difficile se transforme au fil des minutes comme un doux calvaire. Calvaire, à cause de l’effort physique demandé, du fait du sommaire chemin de pierres, des baskets humides et boueuses, des rafales de vent. Doux, car le paysage est magnifique : d’un côté la végétation luxuriante et colorée de la Soufrière, de l’autre la vue splendide sur la Basse-Terre.

De plus, notre périple constitue un « reportage » inattendu d’une grande richesse : nous croisons des gens de tous horizons, souvent des touristes, quelques-uns venus avec leurs enfants, certains visiblement habitués à pratiquer la randonnée vu leur équipement, mais aussi quelques sportifs vite reconnaissables à leurs tenues et à leur rythme bien supérieur au nôtre.

« Ô rage, Ô désespoir, Ô Soufrière ennemie ! » 

« C’est encore loin ? », «  C’est dur, hein ! », voilà les deux phrases que j’ai le plus entendues durant notre « ascension » vers le sommet. Après plus d’une heure de marche, la lassitude commence à poindre. Le souffle manque, les jambes sont lourdes et surtout cette impression de ne pas pouvoir y arriver… Toutefois, comment s’arrêter en si bon chemin ? Impossible ! Nous jetons nos dernières forces et, quelques (longues) minutes plus tard, nous voilà au sommet. Le panneau indique : « La Découverte, 1467 mètres ».

A quelques mètres, le fameux cratère, devant lequel notre groupe se reforme pour prendre une pause bien méritée. Avec cette ouverture béante protégée par une barrière, ces fumées toxiques, cette végétation disparate, le lieu a ce je ne sais quoi de féérique. En admirant tout cela, je ne regrette pas du tout les efforts demandés.

Mais voilà, il nous faut déjà redescendre. Cela s’avère plus facile, mais aussi plus périlleux, du fait de la gravité et surtout du manque de protection du lieu. Comment se fait-il qu’à certains endroits vraiment dangereux, il n’y ait même pas des (petites) barricades en bois pour empêcher la chute d’une personne qui aurait trébuché ? En regardant le vide menaçant, l’interrogation apparait tout à fait légitime.

Malgré l’appréhension, il n’y a d’autre choix que de continuer. Mes chevilles me font souffrir (et je pense d’ailleurs que c’est dans cette descente que je me suis foulée la cheville, pour en revenir au début de mon billet). Pour d’autres, ce sont les genoux. A nouveau, le temps paraît ralentir et cette marche du retour semble vraiment interminable. Heureusement, arrive une pause bienvenue sous la forme d’une rencontre surprenante : un monsieur habillé en polo, pantalon et chaussures de ville ! Je ne peux m’empêcher de l’interroger sur sa tenue. Il le prend avec le sourire, nous dit qu’il habite juste en bas et qu’il fait, en quelque sorte, une promenade dominicale, en relation avec la transfiguration de Jésus.

Enfin, l’arrivée ! Nous l’avons fait, nous avons « vaincu » la Soufrière !

Photos de F.D.

Remerciement à l’équipe de ce périple à la Soufrière, à qui je « dédie », bien sûr, ce billet. 

Billet publié le 26 février 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié.

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