Guadeloupe : si vous n’étiez pas à la 2e Startup.gp (partie 1)

Je l’avais annoncé il y a quelques jours sur ce blog, et comme prévu, j’y étais, hier.

Organisée par GuadeloupeTech, association d’entrepreneurs du numérique en Guadeloupe, la deuxième conférence startup.gp était très attendue. La preuve : la salle pleine, alors que l’événement avait lieu un jeudi après-midi.

Allan Faure aux intervenants : « Plus que cinq minutes ! »

Bien sûr, avec l’équipe de GuadeloupeTech et, en particulier son président Allan Faure à la manoeuvre, pas question de retard. Startup.gp commence à l’heure, fait vérifié.

Néanmoins, puisque je parle des horaires, faire tenir le programme très dense en un peu plus de trois heures, que le challenge fut difficile à relever ! Interventions des invités sur scène et périodes des questions du public « chronométrées » obligatoires, d’où quelques frustrations de part et d’autre. 

Export et e-commerce pour commencer

Si vous n’avez pas fait le déplacement parce qu’en entendant parler de conférence Startup.gp, vous n’avez retenu que le mot startup et n’avez pas chercher à connaître le programme, vous aurez peut-être des regrets en lisant ce qui suit.

1er thème : « Du local à l’international ? Quelles difficultés ? Quels challenges ? Quelle réalité ? »

Startup.gp

Joseph Grégoire, directeur adjoint de Knowledge Technology, entreprise localisée en Martinique, a partagé l’expérience de son entreprise qui va chercher à conquérir les Etats-Unis cette année. Knowledge Technology a notamment participé, l’an dernier, au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas, rendez-vous grand public consacré à l’innovation technologique, pour se préparer.

En effet, si je résume l’intervention de Joseph Grégoire, la conquête de l’international doit se préparer très sérieusement, en développant une offre qualitative. Cela requiert aussi d’avoir des soutiens en termes de financement et d’accompagnement, d’où la nécessité d’un effort pour rendre les aides plus accessibles et permettre aux entreprises d’aller vers l’international.

Durant son intervention, Joseph Grégoire a mêlé récit d’expérience, conseils et encouragements.

« Il me semble difficile pour une entreprise, surtout TPE, de se focaliser à 100% de son temps sur une innovation dont le rendement est improbable. ll faut trouver la bonne synergie entre le pain quotidien – ce que l’on va vendre pour ramener du chiffre d’affaire, faire vivre la boite – et la part de risque à prendre pour l’innovation », a t-il expliqué. Il revient ainsi au chef d’entreprise de « trouver le bon ajustement entre ce que l’on met en innovation pour demain et ce qu’il faut assurer pour aujourd’hui ».

Il a aussi souligné un impératif pour les entreprises : « Nous ne sommes pas tous amenés à exporter, mais nous devons tous innover ». La raison est simple : la nécessité d’adapter leurs produits à la demande.

Une expression a retenu mon attention : la « stratégie du nénuphar ».  Vous connaissez ? Moi non, jusqu’à hier après-midi, lorsque Joseph Grégoire en a donné la définition.

Et même si le succès n’est pas à la clef, l’entreprise qui tente l’export en sort gagnante, selon Joseph Grégoire : nouvelles compétences, réseaux, possibilité de vendre ailleurs, mais aussi crédibilité plus grande, notamment au niveau local. Quand se lancer à l’international permet de changer le regard des gens chez soi… Fait habituel, malheureusement. 

2e thème : « E-commerce local : meilleures pratiques, difficultés ? »

Pas le temps de souffler, les intervenants du 2e thème ont déjà pris place : Steeve Schira de imenufr.com (application pour commande et livraison de repas), Francis Martin de pneusgom.gp et Clémence Arminjon de mykaz.fr (décoration et meubles). Chacun d’eux a exposé succinctement (temps compté, oblige) son expérience : de l’idée à la concrétisation. Bien sûr, ce sont leurs difficultés qui m’ont particulièrement intéressé.

Startup.gp

Pour Steeve Schira, les problèmes se sont multipliés : insuffisance de fonds pour développer son activité, changement d’opérateur téléphonique indispensable car le premier (Digicel, pour ne pas le nommer) ne lui permettait pas de recevoir ses commandes (problème de capacité de réseau), et extrême difficulté à trouver une assurance.

Steeve Schira a également dû faire en sorte de gérer les plaintes des clients, mais aussi celles de ses livreurs qui, au début, se démotivaient face aux critiques des… clients. Il a appris de ses erreurs, mis en place une organisation plus efficace. En quelques mois, il a créé cinq emplois (un commercial et des livreurs) et espère embaucher trois autres personnes d’ici la fin de l’année.

Pour Francis Martin, la grande problématique, c’est plutôt la petitesse du marché. Il a aussi évoqué l’insuffisance en terme de logistique et les frais élevés, qui concourent à empêcher certaines entreprises d’offrir des prix concurrentiels. Si lui, chef d’entreprise aguerri, devait donner un conseil ? « Avoir beaucoup de volonté et bien étudier son dossier avant de se lancer », a-t-il répondu. Son entreprise compte aujourd’hui sept personnes, chargées majoritairement du service clientèle.

Quant à Clémence Arminjon, elle a aussi eu son lot de difficultés et cherche, en premier lieu, à assurer son propre emploi. « Comment drainer des visiteurs vers son site internet » reste l’une des questions à se poser, car cela nécessite beaucoup de temps et de budget, a t-elle rappelé. Elle a aussi affirmé que « l’e-consommateur guadeloupéen est encore plus connecté, compliqué, pointu » que les autres, parce qu’avant d’arriver sur son site, il a déjà « fouillé » partout sur le web et a des attentes bien précises. 

Les trois intervenants ont tous pointé du doigt un point essentiel.

Je vous ai dit en introduction que cette conférence était riche. Il n’y a qu’à considérer la longueur de ce billet pourtant très synthétique. Et je n’ai même pas encore évoqué les deux autres interventions de cette 2e Startup.gp :

  • Facebook – Pourquoi le réseau social est devenu incontournable ? Forces – faiblesses – opportunités – menaces ?
  • Pitchs Startups : témoignages et recommandations.

J’ai donc décidé de rédiger ce billet en deux parties. Je publierai le second volet demain. Au programme : statistiques, rires et improvisation. Je ne vous en dis pas plus.

Pour retrouver les tweets sur cette 2e startup.gp, rendez-vous sur Twitter et recherchez le hashtag #stgp15.