Guadeloupe : si vous n’étiez pas à la 2e Startup.gp (partie 2)

Comme annoncé dans la première partie de ce billet, je vous raconte la suite de la 2e conférence Startup.gp qui a eu lieu jeudi après-midi.

Enfin, la pause ! Je ne parle pas de celle entre l’écriture de ces deux billets sur la conférence, mais de celle qui a eu lieu, vers 16h passées, juste après la séance de questions aux intervenants sur l’e-commerce. Vraiment, vu l’afflux d’informations durant les deux premières heures, elle était bienvenue. Néanmoins, voilà déjà qu’Allan Faure rappelle les troupes, pardon, le public. Startup.gp, reprise ! 

Statistiques, rires et improvisation

3e thème : « Facebook – Pourquoi le réseau social est devenu incontournable ? Forces – faiblesses – opportunités – menaces ? »

Startup.gp

Alexandre Ventadour, interrogé par Alix Bicep, modérateur.

En visite privée en Guadeloupe, le Martiniquais Alexandre Ventadour, directeur de clientèle (Agency Partner, en anglais) de Facebook France, était l’intervenant unique de ce troisième pan de la conférence. Et il est venu avec quelques chiffres : 200 000 Guadeloupéens sont présents sur Facebook, soit un Guadeloupéen de + de 13 ans sur deux, près de 40 % de cette audience ont plus de 35 ans. « Les décideurs sont très bien représentés », a-t-il précisé. Et d’ajouter : « il n’y a pas de pré carré, de chasse gardée, d’un secteur par rapport à un autre », même si les entreprises des produits de consommation courante et de production d’alcools, de rhums notamment, sont très présents, plus que le tourisme.  

Ah, les statistiques… Justement, Alexandre Ventadour a insisté sur un point déjà évoqué par des intervenants précédents – Knowledge Technology et Clémence Arminjon :

Or, « pour que le marché fonctionne, il faut des chiffres », a-t-il insisté. Ce n’est que pure logique. Pour élaborer des stratégies, cibler des clients, déterminer si ses objectifs ont bien été atteints, pouvoir argumenter auprès d’investisseurs, il vaut mieux avoir des données précises et fiables.

« Tout est analysable sur internet et cela l’est encore plus sur Facebook », a poursuivi Alexandre Ventadour. Cependant, encore faut-il ne pas se fourvoyer. Ainsi, sur Facebook, « il ne faut pas regarder le nombre de fans, mais plutôt le nombre de personnes atteintes, touchées ».

L’important est l’engagement, la « recommandation sociale », qui prend la forme d’un « like », d’un commentaire, d’une interaction (positive) en somme.

Enfin, Alexandre Ventadour a livré ses quatre clefs du succès pour une entreprise :

  • l’audience : bien la cibler est indispensable
  • le contenu : c’est l’essence de la réussite
  • le marketing : autre nécessité
  • la mesure : déterminer le nombre de personnes touchées. 

Si j’avais choisi de relayer les questions/réponses de cette conférence, j’aurais dû rédiger plus de deux billets. J’ai donc décidé de faire l’impasse. Toutefois, je ne peux résister à l’envie de livrer une question d’une dame de l’assistance : « A quand une fondation Facebook pour soutenir les projets de jeunes Guadeloupéens ? » Pour elle, le réseau social, qui engrange des millions, devrait « renvoyer » un peu de l’argent gagné. Rires dans la salle. Pour vite résumer, Alexandre Ventadour a répondu que Facebook faisait notamment des partenariats, mais qu’une fondation, ce n’était pas dans les projets. Et j’avais envie d’ajouter : « Madame, les grands patrons de Facebook ne savent sans doute pas que la Guadeloupe existe et même si c’était le cas, une fondation, vraiment ?! Rêvez ! »

Ary Chalus entre en scène

Justement, des moyens et de la volonté de soutenir les projets « tech » des Guadeloupéens, le développement du secteur numérique, Baie-Mahault n’en manque pas, si je me fie au discours prononcé par Ary Chalus. Le député-maire de la ville, partenaire majeur de cette 2e Startup.gp (avec Orange) est monté sur scène juste avant les interventions sur le 4e thème.

Ary Chalus, en train d'échanger avec Alexandre Ventadour sur son souci.

Ary Chalus en train d’échanger avec Alexandre Ventadour sur son souci.

Cependant, avant de discourir, Ary Chalus avait un petit souci, à propos duquel il a interpellé publiquement Alexandre Ventadour qui, décidément, n’avait pas fait le déplacement pour rien. « M. Ventadour, comment on fait pour supprimer un compte Facebook ? », a demandé le député-maire. Et d’expliquer qu’une dame « éprise de lui » a créé un compte en son honneur sur Facebook, que celui-ci a plus de fans que le sien (l’officiel donc) et qu’il essaye vainement depuis plus d’un an d’obtenir sa fermeture. L’histoire n’a pas manqué de provoquer des éclats de rire dans l’assistance.

« Les gens me demandent si c’est mon compte. Or, cela n’a rien à voir avec moi », a poursuivi Ary Chalus qui a précisé avoir porté plainte, communiqué les éléments à Facebook, sans succès. Alexandre Ventadour lui a conseillé de réessayer parce que, cette fois, ce serait bien réglé.

Pour revenir (rapidement) au discours, le député-maire a rappelé les ambitions numériques de sa ville, et a notamment évoqué son grand projet pour Audacia, pépinière d’entreprises située au Morne Bernard, à Baie-Mahault : « J’espère que l’on aura une petite Silicon Valley en Guadeloupe ».

4e thème : « Pitchs Startups : témoignages et recommandations »

Dernier thème. Me concernant, la fatigue commençait à se faire sentir. Je peine encore à croire que cette Startup.gp se soit déroulée en un après-midi. Les derniers intervenants étaient : Gilles Anselme (Izicreche), Jessica Brudey (Foodîles) et Erika Pradel (Guadeloupe business women, Covoiturage community, entre autres).

Chacun a présenté son entreprise, puis évoqué sa vision du pitch. Cependant, en quelques mots, Jessica Brudey avait résumé l’essentiel : « Il faut donner envie. Il faut que les gens comprennent, en quelques minutes, ce que vous faites, ce que vous pouvez leur apporter ». Elle a ajouté par la suite : « C’est l’art et la manière de présenter les choses pour obtenir quelque chose ». Et finalement, a-t-elle pertinemment souligné, nous le faisons tous au quotidien. Jessica Brudey peut-être un peu plus que les autres, puisqu’elle utilise même un néologisme pour désigner cette « activité ».

Puis, soudain (si cette scène avait été auparavant répétée, pardonnez ma grande naïveté), la modératrice Betty Fausta (CEO d’IPEOS) décida, avec le soutien d’Erika Pradel, de dynamiser l’échange. Et les voilà donc qui se lèvent et interrogent le public pour savoir s’il y a des « pitcheurs » potentiels dans la salle désireux de présenter leur projet. Pas de volontaire ?

Startup.gp

Au premier plan, debouts, Erika Pradel et Areski Jasor, « pitcheur » improvisé.

Ah si, oui, mon voisin, Areski Jasor, qui s’est donc retrouvé, une minute plus tard, sur scène, micro à la main. A lui de tout nous dire en quelques minutes. Autant vous dire qu’Allan Faure chronométrait. Compte tenu du contexte, le « pitcheur » improvisé s’en est pas mal sorti.

Clap de fin ou presque, juste le temps pour Betty Fausta, membre fondatrice de Guadeloupetech, d’annoncer la tenue d’un « pitchtech » en 2016. Et ce n’est pas le seul projet de l’association, comme l’a rappelé son président Allan Faure en conclusion.

Pour retrouver les tweets sur cette 2e Startup.gp, rendez-vous sur Twitter et recherchez le hashtag #stgp15.

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