Durant la conférence sur l’employabilité des jeunes en Martinique, à laquelle j’ai assisté la semaine dernière, ont été pointées du doigt plusieurs problématiques à ce sujet.

Cependant, si la majeure partie de la conférence a porté sur les constats, des solutions ont également émergé des différentes interventions et discussions.

Voici donc 3 points principaux que j’ai relevés à ce sujet.

1. Informer et accompagner plus et mieux

Nombre d’intervenants ont affirmé que les jeunes manquaient d’informations sur les dispositifs d’aide en place. Pourtant, il existe des entités comme la Mission locale, le Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA) et bien d’autres.

Certes, il faut tout de même souligner qu’à l’inverse de la Guadeloupe et la Guyane, la Martinique n’a plus de Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ), ce qui est pour le moins étrange compte tenu des besoins constatés en la matière.

Cependant, si je me fie aux propos entendus lors de la conférence, la problématique principale reste que nombre de personnes chargées d’informer la jeunesse martiniquaise ne possèdent pas elles-mêmes toutes les connaissances nécessaires. Il conviendrait donc de les former et informer d’abord pour qu’elles puissent à leur tour passer l’information.

Autre solution : créer des plateformes sur internet pour informer efficacement les jeunes en s’adressant directement à eux. L’association guadeloupéenne, Arrimage Good’îles, a ainsi lancé récemment un site web, Mon île ou ailleurs #Je m’engage. L’un des objectifs est de « renseigner sur les opportunités offertes aux jeunes ».

Je vous invite à consulter le site Jeunesse Outre-Mer, qui se veut le « 1er réseau professionnel des jeunes d’Outre-mer » et présente une foule d’informations.

2. Encourager la formation via la mobilité

Dans mon premier volet sur la conférence, j’ai mis en lumière combien le départ des jeunes de Martinique engendrait une problématique de diminution forte de la population.

Néanmoins, la mobilité reste une option intéressante pour la jeunesse qui peut ainsi étudier et/ou acquérir une expérience professionnelle à l’international, toujours importante pour la suite de sa carrière. Petit aparté : j’ai étudié et/ou travaillé à Paris, en Angleterre, au Québec, cela ne m’a pas empêché de revenir en Guadeloupe ensuite. Aller ailleurs ne veut pas dire forcément partir pour toujours…

Pour en revenir à la conférence, les intervenants ont là encore souligné le manque d’informations sur les dispositifs de mobilité, tout en rappelant aussi qu’il existe des portails à consulter :

A noter qu’Erasmus+, programme européen pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, fête ses 30 ans cette année. Nombre de participants du séminaire ont déclaré qu’ils utilisaient ce programme, avec succès, depuis des années.

Par contre, les intervenants martiniquais ont eux expliqué que c’était encore nouveau pour eux et qu’ils s’attelaient donc à le comprendre pour pouvoir le conseiller aux jeunes. Toutes ces années perdues, n’ai-je pu m’empêcher de penser…

Cette conférence était donc aussi pertinente parce qu’elle a sans doute favorisé des échanges de savoirs, mais aussi la mise en place de partenariats qui profiteront aux jeunes Martiniquais.

J’ai retenu qu’Erasmus+, ce n’est pas que pour les étudiants. Les travailleurs de jeunesse – entre autres – peuvent aussi en bénéficier, à des fins d’apprentissage. C’est d’ailleurs grâce à ce programme que l’association D’Antilles et D’Ailleurs a pu organiser ce séminaire européen. Bon à savoir !

3. Soutenir l’entreprenariat

Parmi les intervenants de la conférence, figuraient deux jeunes entrepreneurs Martiniquais :

Ils ont raconté leurs parcours marqués d’embûches et la création de leurs entreprises.

J’en profite pour livrer une réflexion.

L’entreprenariat est une option. Riche. Mais aussi exigeante. Souvent éreintante.

L’entreprenariat n’est pas une obligation, bien sûr. Heureusement d’ailleurs. Cependant, je trouve intéressant que des jeunes puissent se dire qu’ils veulent et peuvent lancer une entreprise, parce que d’autres l’ont fait avant eux, avec succès ou en essuyant des échecs, peu importe.

Ensuite, il leur revient d’acquérir les connaissances, les outils, les contacts indispensables pour se lancer et emprunter ce long chemin…  Il existe bien sûr différentes structures pour obtenir des informations à ce sujet, mais d’ores et déjà premiers réfexes : consulter les sites web, rencontrer des entrepreneurs dans votre domaine, se renseigner auprès d’associations d’entrepreneurs. L’information, clé du succès ? Cela ne peut suffir, mais c’est un bon début, à mon humble avis.