C’est étrange. Quand je pense à la Soufrière, le volcan de la Guadeloupe, je pense « beauté naturelle »  (la végétation et la vue sont magnifiques), souffrance (arriver au sommet nécessite une longue marche), mais jamais menace. 

Et pourtant, la Soufrière étant toujours en activité, la menace volcanique est bien réelle.

J’en ai pris conscience en lisant l’article « Les dangers liés aux volcans sont sous-estimés » de Pierre Barthélémy, publié hier sur le blog Passeur de sciences. Il y rapporte son entretien avec Jean-Christophe Komorowski, physicien et volcanologue à l’Institut de physique du globe de Paris.

Evoquant la mesure portant sur « la menace volcanique en fonction de la proportion totale de la population exposée jusqu’à 30 km du volcan », Jean-Christophe Komorowski affirme :

« Selon cette mesure, les cinq sites les plus menacés sont tous dans les Petites Antilles : Montserrat (Royaume-Uni), St Vincent et les Grenadines, Guadeloupe et Martinique (France), St Kitts-et-Nevis et, enfin, la Dominique. Si la région du Sud-Est asiatique (Indonésie, Philippines, Japon) représente près de 84 % de la menace volcanique globale, la région des Petites Antilles est la plus menacée proportionnellement car elle comporte de nombreux Etats insulaires à forte démographie, dont la population est en grande partie voire complètement exposée aux impacts de l’activité volcanique. »

Et concernant notre si chère Soufrière, il précise : « Dans le passé, La Soufrière a été plus active et plus explosive qu’on le pensait. La probabilité d’une nouvelle éruption magmatique n’y est pas négligeable. »

La dernière éruption en date a eu lieu en 1976. Elle avait entraîné l’évacuation de milliers de personnes du sud de la Basse-Terre. Je vous invite à visionner cette intéressante archive vidéo, mise à disposition par l’Institut National de l’Audiovisuel.

Fort heureusement, le volcan guadeloupéen est sous haute surveillance. Reste à espérer que la « vieille dame » ne se réveille pas de sitôt.