Mon incroyable #FMLF2015 en 10 personnes clés (partie 2)

Suite et fin de ce troisième billet sur les 10 personnes clefs qui ont marqué mon #FMLF2015.

  1. Cyriac Gbogou

Cyriac Gbogou. Photo Mylène Colmar.

Cyriac Gbogou. Photo Mylène Colmar.

Voilà un autre ami que j’ai eu grand plaisir à retrouver. Cyriac Gbogou était présent à Liège, non pas pour le forum lui-même, mais pour participer à un événement lié, nommé HackXplor de l’Audiovisuel, qui se déroulait du 19 au 23 juillet, à une demi-heure à pied des activités principales du forum.

Autant vous dire que là-bas, les participants (codeurs, développeurs, concepteurs graphiques ou audiovisuels) rigolaient un peu moins que nous, pour ne pas dire vraiment moins. Ambiance hackathon oblige. Dans une immense salle noire, ils étaient des dizaines, regroupés à quatre, cinq, six autour de tables, concentrés devant leurs ordinateurs. Leur objectif : « trouver de nouvelles pistes de production/diffusion sous forme d’applications mobiles ». Et ils ont fait cela pendant des heures, quasi non stop. Autrement dit, un hackathon incroyable !

Parmi les participants, Cyriac donc, Sika (une amie de Cyriac très sympathique), mais aussi Ahlem B. une blogueuse que je suis depuis un moment, sans jamais avoir pu la rencontrer. Cela nous (Serge et moi) a fait plaisir de discuter avec eux, dans le calme (ce qui nous changeait grandement du forum), mais aussi de profiter d’une connexion internet de grande qualité (ce qui nous changeait encore du forum).

A l’image de beaucoup de participants d’HackXplor, Cyriac était à la fin épuisé, mais satisfait du travail accompli. 

  1. Anaïs Niragira

Il y a des rencontres dues au hasard, mais qui semblent prédestinées. Ce fut le cas pour Anaïs Niragira et moi. Nous faisions partie toutes les deux de la délégation de l’OFQJ et nous avons tout de suite sympathisé. Anaïs, elle est journaliste, au Burundi, et elle a vécu ces dernières semaines des épisodes pénibles, terribles. Elle a couvert les événements qui ont agité son pays, jusqu’à ce que la télévision pour laquelle elle travaillait soit brûlée. Face à son récit, je ne savais que dire… Les mots paraissaient dérisoires. J’étais consternée, comme tous ceux à qui elle a raconté ce qu’elle a vécu.

Ce que j’admire chez Anaïs, c’est que sa volonté d’exercer ce métier est toujours là, forte. Elle était participante du forum, et non porteuse de projet, mais pourtant, elle a des idées pour essayer de relancer son média. J’espère que cela aboutira, je le lui souhaite grandement.

A l’image de beaucoup de participants au forum, Anaïs est repartie – il me semble – avec l’envie de faire bouger les choses chez elle, de monter un/des projets, et pour ce faire, de solliciter notamment les personnes rencontrées sur place en mesure de l’aider. 

    1. Milad Doueihi/Etienne Tshishimbi

Je n’ai pas pu assister à autant d’ateliers et de conférences que je l’aurais souhaité, pour cause de programme très chargé. Cependant, le 21 juillet, en compagnie de Widlore dont je vous ai déjà parlé et de Kofi Sika Latzoo, rencontré dans le cadre du forum et que je me devais de mentionner tant il a été d’agréable compagnie, j’ai  suivi la conférence organisée par l’Agence universitaire de la Francophonie, sur le thème « Diversité et créativité à l’ère numérique » et donnée par Milad Doueihi, titulaire de la chaire d’humanisme numérique de l’Université de Paris-Sorbonne.

Ce dernier a évoqué « cette citoyenneté nouvelle qui est en train de se constituer par l’intermédiaire des outils nouveaux que sont les « blogs », les réseaux sociaux. L’émergence d’une nouvelle culture ? » (extrait du programme officiel du FMLF 2015)

Milad Doueihi, à droite. Photo Mylène Colmar.

Son propos était fort intéressant, et je tenais à vous livrer quelques phrases qui m’ont marqué :

  • « Le politique a du mal à comprendre l’importance du numérique »;
  • « Nous vivons dans une époque dominée par l’émergence des données, des traces » qui échappent pour l’instant au politique ;
  • « Il faut savoir, pouvoir, choisir, trier, les données de l’information » ;
  • « Il y a une petite disparition des blogs par le biais des réseaux sociaux. C’est dommage, car le blog a permis une ouverture, une diversité et surtout une cohésion des langues » :
  • « Je suis contre la notion d’utilisateur. Je suis pour la notion de citoyen » ;
  • « On a tendance à être trop égocentriques dans notre regard sur le numérique. On regarde trop vers les Etats-Unis et l’Europe ».

Le lendemain, j’ai notamment participé à un atelier très intéressant sur des solutions proposées pour traiter les déchets numériques. Etienne Tshishimbi, autre ami rencontré il y a quelques années au Sénégal, a détaillé son projet qui a pour but de s’attaquer à cette problématique forte à Dakar, au Sénégal, via trois axes : sensibiliser la population, instaurer des collectes et mettre en place un centre de collecte de tri et de traitement.

Etienne Billy Tshishimbi. Photomontage Mylène Colmar.

A l’image de beaucoup de conférenciers et de porteurs de projet du forum, Milad Doueihi et Etienne Tshishimbi ont partagé leur savoir et donné matière à réflexion à d’autres. Nombre de projets présentés peuvent être adaptés et appliqués dans la Caraïbe.

    1. Jeanjean Roosevelt

Jean Jean Roosevelt, je ne m’attendais sûrement pas à le rencontrer au Forum. J’apprécie l’artiste depuis que je l’ai découvert à l’occasion de sa victoire aux Jeux de la Francophonie, en 2013. Un Haïtien, Caribéen donc, victorieux, je ne pouvais que m’en féliciter.

Le rencontrer au forum était vraiment une agréable surprise, d’autant qu’il est très sympathique, Jean Jean, abordable et intéressant. Un plaisir de discuter avec lui. J’espère que j’aurai l’occasion de le croiser à nouveau, qui sait, peut-être en Guadeloupe.

A l’image de beaucoup d’artistes, de personnalités, présents dans le cadre du forum, Jean Jean a fait preuve d’une grande simplicité et d’une belle ouverture envers les participants. Et quel talent !

  1. Adama Ouane

Déjà la fin du forum, me suis-je dit en assistant à la cérémonie de clôture – pardon, cérémonie de rebond, le 23 juillet. J’étais assise bien tranquillement, en train d’écouter Adama Ouane, l’administrateur de l’OIF, livrer ses impressions sur le forum, quand je l’entendis parler de « la Guadeloupéenne » qui avait fait des milliers de kilomètres, comme son équipier haïtien (Widlore), pour venir présenter leur projet et du fait que nous avions ainsi pu nous rencontrer pour la première fois.

Adama Ouane, l’administrateur de l’OIF, lors de la cérémonie de clôture du 23 juillet.

Au centre, Adama Ouane, l’administrateur de l’OIF, lors de la cérémonie de clôture du 23 juillet.

J’ai souri, appréciant ce clin d’œil d’Adama Ouane qui avait assisté à notre atelier et qui était venu chaleureusement nous féliciter à la fin de ce dernier.

A l’image de beaucoup de personnes que j’ai croisé dans le cadre de forum, en dehors du forum, Adama Ouane est conscient, je l’espère, je le crois, que nous sommes beaucoup à être venus de la Caraïbe, d’Asie, d’Afrique, ou d’ailleurs, pour rassembler l’énergie, les idées, le soutien, la motivation nécessaires pour nous mettre en mouvement.

Il m’est impossible de citer tous ceux que j’ai rencontré lors de ce forum dans un unique billet de blog, même en deux parties, mais je tiens à les saluer tous, à les remercier pour les échanges, le partage. J’ai leurs précieux contacts et je les utiliserai. A bientôt donc.