Il y a des personnes avec lesquelles il suffit d’échanger une seule fois pour « accrocher ». Malika Danican, une Guadeloupéenne âgée de 23 ans, en fait sans nul doute partie.

J’ai fait sa connaissance en juillet 2016 et depuis, je suis ses actualités, parce qu’elle est toujours impliquée dans des projets intéressants. Et justement ce billet porte sur l’un d’eux, TEDxFasoKanu, une grande conférence qui se déroulera le 22 décembre à Bamako Une première au Mali, et Malika Danican fait partie de l’équipe organisatrice !

Petit rappel. Depuis plusieurs années, TEDx rencontre un succès mondial, grâce à son concept efficace : une grande conférence livrée par des intervenants inspirants qui, debouts sur scène, effectuent des présentations dynamiques ; leurs prestations sont filmées et mises ensuite à disposition gratuitement sur le site officiel de TEDx, mais aussi sur d’autres plateformes bien connues. Certains « talks » enregistrent des millions de vues. TEDx, c’est un partage d’idées qui méritent d’être connues.

Sans doute vous demandez-vous comment et pourquoi une Guadeloupéenne se retrouve à organiser un tel événement au Mali ?

Pas d’inquiétude, je vais vous raconter l’histoire, depuis le tout début, mais en version synthétisée.

Originaire de Petit-Canal, Malika Danican a décidé de poursuivre ses études supérieures, non pas dans l’Hexagone mais au Québec. « Je voulais étudier en science politique, mais je n’étais pas certaine de vouloir aller à Paris.

Alors que je préparais le concours d’entrée de Science Po Paris, mon professeur de français de l’époque m’a parlé de Montréal, et j’ai été séduite par la possibilité d’étudier dans un autre système que celui de la France, tout en restant dans un monde francophone. J’ai tenté ma chance, en envoyant mon dossier et quelques semaines plus tard, il était accepté ! »

En 2011, la jeune Guadeloupéenne rejoint donc l’Université du Québec A Montréal (UQAM) et quelques années plus tard, elle en ressort diplômée d’un master en science politique, spécialisé dans le développement, la coopération et les relations internationales.

Du (quasi) classique, jusque-là… Cependant, ne croyez pas que Malika se soit contentée d’étudier pendant ses études montréalaises. Elle s’est également beaucoup impliquée en politique et dans des projets associatifs de son université. Elle s’est même lancée dans l’événementiel.

C’est ainsi qu’en 2016, elle a été approchée pour co-organiser TEDxUQAMWomen, mettant à l’honneur le parcours de québécoises et néoquébécoises d’exception. Convaincue par le concept, elle a accepté de relever le challenge. Leur événement, le premier du genre dans leur université, a obtenu un énorme succès et Malika Danican y a largement contribué.

« Je suis sortie grandie de l’organisation de cette conférence. Cela n’a pas été facile. Nous sommes partis d’une simple idée et il a fallu monter une équipe, travailler avec des gens que je ne connaissais pas, faire confiance, convaincre des partenaires, etc. Tout cela, bénévolement.

J’ai dû mettre mes études sur pause pendant 6 mois pour mener ce projet à bien, j’y croyais tellement et ça en a sincèrement valu la peine.

TEDxUQAMWomen a été une expérience de vie extraordinaire. L’UQAM nous a fait confiance et nombre de personnes nous ont aussi aidés ».

De Montréal au Mali, par voie express

C’est dans le cadre de l’organisation de TEDxUQAMWomen que Malika Danican a sollicité Koudédia Konaté, une amie de confiance, étudiante, originaire du Mali, pour l’aider à gérer le pan administratif.

Cette dernière a tant apprécié l’événement qu’elle a eu une idée. Je laisse Malika Danican vous raconter elle-même cet épisode.

« Quelques semaines après l’événement, nous nous sommes retrouvées autour d’un souper, et là, Koudédia m’a dit : ‘Malika, j’ai une idée. Je voudrais faire un nouveau TEDx, mais cette fois, à la maison, au Mali.

Étonnée, je me rappelle lui avoir dit : Mais Koudi, ça ne va pas ? T’as vu comment c’était dur le TED ? Et tu veux en refaire un ? A Bamako ? (…) Laissons passer les fêtes de Noël et si jamais tu en as toujours envie, on en reparlera.’

Et finalement, on en a reparlé. Elle en a discuté avec Amandine Mure-Ravaud, son amie d’enfance, franco-sénégalaise, qui a vécu 8 ans au Mali avec ses parents. Elle était d’accord. Après une demande de licence en février et son obtention quelques semaines plus tard, on a compris que l’aventure débutait… »

Une Malienne, une Guadeloupéenne et une Franco-Sénégalaise, respectivement à Montréal, en Birmanie et au Mali qui décident d’organiser le premier TEDx du Mali. Ce genre d’histoire ne s’invente pas !

Et un an plus tard, les voilà en passe de concrétiser ce projet, puisqu’elles sont déjà toutes les trois à Bamako, pour finaliser les derniers préparatifs de cette grande première qui aura lieu dans une dizaine de jours.

 

Défi quasi relevé

Organiser un tel événement n’est pas aisé, bien sûr, mais pour cette première édition de TEDxFasoKanu, l’équipe s’est fixée des objectifs élevés. Malika Danican explique :

« Nous voulons faire rayonner le Mali à l’international, montrer le potentiel des Maliens, le dynamisme de la jeunesse, d’où notre choix du thème de cette conférence : Notre potentiel »

Pour ce faire, 8 intervenants, une majorité de femmes, ont été choisis selon plusieurs critères. Il fallait qu’ils soient :

  • des amoureux du Mali (FasoKanu en bambara veut dire « Amour de la Patrie »)
  • des personnes excellant dans leur domaine
  • des jeunes faisant preuve de dynamisme, représentant bien le pays.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page Facebook de TEDxFasokanu

Une Guadeloupéenne, qui a étudié à Montréal, au Mali, un pays que je rêve d’aller découvrir tant mes amis blogueurs de là-bas m’ont donné envie d’y aller… Je me dis que cela aurait pu être moi et j’envie autant que j’admire Malika Danican. Je souhaite beaucoup de succès à cette jeune femme, dont je vous reparlerai certainement bientôt à nouveau sur ce blog.

« C’est important de voir au-delà des frontières et de donner au prochain. Mon implication au sein de l’équipe TEDxFasoKanu peut surprendre, mais je le fais en étant guidée par l’Amour pour l’Autre, pour une dynamique que l’on veut voir rayonner partout. Il ne faut pas hésiter à saisir des opportunités, à donner de soi, à mettre ses talents au service de l’Autre. »

– Malika Danican, co-organisatrice de TEDxFasoKanu.

Bonne continuation à cette équipe de choc. Vivement TEDxFasoKanu !

 

Credit photo: Doro Saiz

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