Les Etats-Unis ont plus que jamais Cuba dans leur viseur. Donald Trump, le président américain, a récemment fait une sortie qui a eu un retentissement international.
Je vous ai déjà présenté Marco Rubio, fils d’exilés cubains, et son rôle clé dans la ligne dure des Etats-Unis en matière de géopolitique. Je n’y reviendrai pas. J’ai plutôt eu envie de revenir rapiemdent sur les relations entre les États-Unis et Cuba marquées par une succession d’affrontements directs, indirects, militaires, économiques et symboliques, depuis plus de soixante ans.
1959–1961 : la rupture brutale
La révolution cubaine de 1959, menée par Fidel Castro, provoque une rupture immédiate avec Washington. La nationalisation des entreprises américaines à Cuba et l’orientation socialiste du nouveau régime sont perçues comme une menace directe par les États-Unis, en pleine guerre froide.
En avril 1961, cette confrontation prend une tournure militaire avec le débarquement de la baie des Cochons, une tentative d’invasion menée par des exilés cubains entraînés par la CIA. L’échec est total et constitue une humiliation stratégique pour les Etats-Unis.
Pour La Havane, c’est un tournant fondateur : la conviction que les États-Unis sont prêts à renverser le régime par la force.
1962 : la crise des missiles, le monde au bord de la guerre nucléaire
Un an plus tard, la crise des missiles de Cuba marque l’apogée de la confrontation. L’installation de missiles soviétiques sur l’île déclenche un face-à-face historique entre John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev.
Pendant 13 jours, le monde frôle la guerre nucléaire. Le retrait des missiles soviétiques en échange d’un engagement américain à ne pas envahir Cuba met fin à la crise, sans jamais normaliser les relations.
Pour Cuba, cette séquence confirme une chose : sa survie dépendra de sa capacité à dissuader toute intervention directe.
Après 1962 : une guerre permanente, sans bataille frontale
Depuis la crise des missiles, il n’y a plus eu d’affrontement militaire direct entre les deux pays. La confrontation s’est déplacée vers d’autres terrains :
- embargo économique imposé par les États-Unis dès 1962
- opérations de renseignement et contre-espionnage
- pressions diplomatiques et sanctions ciblées
- tentatives répétées de déstabilisation politique
L’embargo devient l’arme principale des Etats-Unis. Il vise à asphyxier l’économie cubaine et à provoquer un effondrement interne du régime. Pour La Havane, il s’agit d’un acte de guerre économique.
Guantánamo : une tension permanente sur le sol cubain
La base navale américaine de Guantánamo, occupée par les États-Unis depuis 1903, reste l’un des symboles les plus visibles de cette confrontation. Cuba considère cette présence comme une violation de sa souveraineté. Les incidents y sont rares, mais la tension est constante. Cette base rappelle que, malgré l’absence de combats ouverts, les deux pays restent militairement face à face.
Un affrontement idéologique autant que stratégique
- Pour les Etats-Unis, Cuba représente un contre-modèle politique à éliminer ou à contenir.
- Pour La Havane, les États-Unis incarnent l’ingérence, l’impérialisme et la menace existentielle.
Cette opposition dépasse la simple rivalité bilatérale. Elle s’inscrit dans une logique régionale, car Cuba a longtemps soutenu des mouvements révolutionnaires en Amérique latine et en Afrique, ce qui a renforcé la perception américaine d’une menace idéologique diffuse.
Après la guerre froide : détente relative, tensions récurrentes
La fin de l’Union soviétique n’a pas mis fin au conflit. Malgré une tentative de rapprochement sous l’administration Obama, les relations se sont de nouveau durcies par la suite. Sanctions renforcées, restrictions diplomatiques et accusations réciproques ont ravivé une logique de confrontation. Les relations restent marquées par la méfiance, la surveillance et la dissuasion.




