Les Forces Armées aux Antilles (FAA) ont confirmé en 2025 une intensification majeure de la lutte contre le narcotrafic dans l’arc antillais. Après une année 2024 déjà exceptionnelle, les opérations menées cette année ont permis des saisies record de stupéfiants, illustrant à la fois l’ampleur du trafic et la montée en puissance du dispositif militaire français dans la Caraïbe.
Des chiffres qui traduisent une pression accrue
Les FAA ont intercepté plus de 35 tonnes de stupéfiants en 2025, dont près de 32 tonnes de cocaïne et environ 4 tonnes de cannabis. Ces résultats dépassent ceux de 2024, déjà estimés à 28 tonnes saisies, et confirment que la zone antillaise reste l’un des principaux corridors du trafic entre l’Amérique du Sud, l’Europe et l’Afrique.
Derrière ces chiffres, une réalité : les réseaux criminels utilisent massivement les routes maritimes caribéennes, obligeant les autorités à renforcer leur présence en mer et dans les airs.
Un commandement interarmées stratégique
Basées principalement en Martinique et en Guadeloupe, les FAA couvrent également Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Elles rassemblent environ 1 200 à 1 400 militaires et civils, issus de l’Armée de Terre, de la Marine nationale et de l’Armée de l’Air et de l’Espace.
Leur zone d’action est vaste : plus de 138 000 km² d’espace maritime, de la Floride au nord du Brésil. Un territoire immense, difficile à contrôler, mais stratégique.
Des moyens militaires clairement orientés vers la mer
La Marine nationale joue un rôle central dans la lutte antidrogue. Les FAA s’appuient notamment sur :
- les patrouilleurs Antilles-Guyane
- des hélicoptères embarqués
- des avions de surveillance maritime
- des équipes spécialisées d’intervention en mer.
L’objectif est clair : intercepter les cargaisons avant leur arrivée à terre, là où les réseaux deviennent plus difficiles à démanteler.
Terre et air : des appuis indispensables
Au sol, le 33e régiment d’infanterie de marine assure la protection des sites sensibles et peut être mobilisé en appui lors de crises majeures.
Dans les airs, avions et hélicoptères permettent la reconnaissance, le transport logistique, les évacuations sanitaires et le soutien aux opérations maritimes.
Cette complémentarité interarmées fait la force du dispositif.
Coopération régionale et internationale
La lutte contre le narcotrafic ne se joue pas en vase clos. Les FAA coopèrent étroitement avec :
- les services de l’État français (douanes, OFAST, renseignement)
- les garde-côtes caribéens
- les États-Unis, notamment via des dispositifs de coordination maritime
- des structures européennes de surveillance et d’analyse.
Cette coopération est devenue indispensable face à des réseaux criminels transnationaux, mobiles et très adaptables.
Un rôle sécuritaire et humanitaire
Au-delà du narcotrafic, les Forces armées aux Antilles restent un outil clé de protection des populations. Elles interviennent régulièrement lors de cyclones, de séismes ou de crises sanitaires, assurant secours d’urgence, acheminement de matériel et rétablissement des infrastructures.
Les Forces Armées aux Antilles constituent l’un des rares dispositifs militaires européens permanents dans la Caraïbe, capable d’agir rapidement face aux trafics, aux crises et aux menaces régionales. Discrètes dans la communication, mais omniprésentes sur le terrain, les FAA s’imposent plus que jamais comme un pilier de la sécurité antillaise et caribéenne.




