Formation tout au long de la vie en Guadeloupe : des dynamiques spécifiques selon les profils

Publiée par l’Insee en novembre 2025, l’étude Formation tout au long de la vie en Guadeloupe (2022-2023) décrypte la participation des adultes à des actions de formation sur le territoire.

Cette analyse met en lumière des dynamiques spécifiques, des contrastes forts selon le niveau de diplôme, le genre, l’âge ou le statut d’activité, ainsi que des freins persistants à l’accès à la formation dans les 12 derniers mois.

Un adulte guadeloupéen sur quatre formé en 2022

27 % des Guadeloupéens âgés de 18 à 69 ans ont déclaré avoir suivi au moins une formation au cours des douze derniers mois.

Ce chiffre est à interpréter en nuances :

  • 26 % ont suivi une formation non formelle (qui ne mène pas à un diplôme mais peut renforcer des compétences),
  • 1 % seulement une formation formelle débouchant sur un diplôme ou un titre reconnu.

La très grande majorité des formations suivies en Guadeloupe sont non formelles — une différence notable avec la France hexagonale où près de 47 % des adultes suivent une formation non formelle.

Qui se forme le plus ? Femmes, jeunes et diplômés en tête

31 % des femmes ont suivi au moins une formation non formelle en 2022 contre 21 % des hommes. Contrairement à la France hexagonale, où les hommes ont parfois un taux plus élevé de formations professionnelles, en Guadeloupe ce sont les femmes qui sont plus souvent engagées dans des formations, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles.

Le diplôme est l’un des facteurs les plus déterminants : 49 % des personnes titulaires d’au moins Bac + 2 ont suivi une formation dans l’année, contre seulement 8 % pour celles sans diplôme. Cela montre qu’un niveau d’études plus élevé facilite l’accès à la formation — que ce soit par des dispositifs, des opportunités professionnelles ou une capacité à rechercher et intégrer ces parcours.

44 % des 18-29 ans ont suivi une formation. Ce taux tombe à 16 % pour les 55-69 ans. Plus on avance en âge, plus on se forme moins souvent. Chez les plus jeunes, la formation est souvent vécue comme un levier d’entrée ou de consolidation sur le marché du travail.

La situation professionnelle influence l’accès à la formation

Les personnes en emploi sont plus nombreuses à se former que celles au chômage ou inactives. Au sein des actifs :

  • salariés du public : environ 39 % ont fait au moins une formation professionnelle non formelle,
  • cadres & professions intermédiaires : près de 38-39 %.

À l’inverse, parmi les ouvriers, ce taux chute à 13 %.

L’accès à la formation professionnelle est fortement lié à l’organisation interne des structures d’emploi, aux obligations légales (comme dans la fonction publique), ou encore à la taille de l’entreprise.

Freins à la formation : le temps, les responsabilités, l’offre

Un autre chiffre clé : 49 % des adultes n’ont pas suivi de formation et ne souhaitent pas en suivre. Parmi ceux qui aimeraient se former mais ne le font pas, les obstacles principaux sont :

  • 17 % estiment que leur emploi du temps ne permet pas de suivre une formation,
  • 16 % ne trouvent pas de formation adaptée à leurs besoins,
  • 13 % évoquent les responsabilités familiales.

Pour près d’un Guadeloupéen, la formation reste un luxe difficile à concilier avec la vie quotidienne, surtout quand les offres ne correspondent pas aux contraintes personnelles ou professionnelles.

L’étude de l’Insee met en évidence une participation encore limitée à la formation continue en Guadeloupe, malgré des profils plus engagés (jeunes, diplômés, femmes). Le fait que plus d’un adulte sur deux n’envisage même pas une formation pointe vers des freins structurels (temps, offre, contraintes familiales) et une possible fracture des compétences.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007.