En Guadeloupe, les mouvements de population racontent une réalité sociale et économique forte.
Selon une étude récente publiée par l’Insee en février 2026, les migrations entre l’archipel et le reste de la France restent clairement orientées par les départs de jeunes adultes, principalement pour des raisons d’études et de travail.
Ce phénomène structure encore l’évolution de la population guadeloupéenne en 2022, malgré une mobilité toujours limitée à une faible part de la population globale. Plongeons dans les chiffres et les dynamiques à l’œuvre.
Les mouvements résidentiels restent faibles mais révélateurs
Même si la grande majorité des Guadeloupéens – près de 98 % – n’a pas changé de résidence d’une année sur l’autre, les échanges démographiques avec le reste de la France montrent une tendance nette :
- En 2022, environ 5 700 personnes ont quitté la Guadeloupe pour s’installer dans une autre région française, contre 5 400 nouveaux arrivants en provenance d’autres régions.
- Cela se traduit par un solde migratoire négatif, même si celui-ci est moins prononcé qu’en Martinique ou en Guyane.
Les flux significatifs orientent le regard vers quelques régions françaises, notamment l’Île-de-France, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, qui concentrent une part importante des départs.
Le rôle central des jeunes adultes
L’information la plus frappante de l’étude porte sur la tranche d’âge 18-24 ans, qui constitue le principal moteur du solde migratoire négatif.
- Plus d’un quart des personnes qui quittent la Guadeloupe ont entre 18 et 24 ans. Or, cette tranche ne représente qu’environ 7 % de la population totale de l’archipel.
- Les destinations privilégiées sont des départements avec de grands pôles universitaires, notamment la Haute-Garonne et les Hauts-de-Seine, ce qui confirme que les études supérieures sont un facteur clé de départ.
Les arrivées de jeunes dans cette classe d’âge ne compensent pas ces départs, ce qui creuse encore le déficit migratoire.
Mobilités liées à l’emploi et trajectoires de vie
Si les départs des jeunes dominent, les migrations des 25-39 ans sont plus équilibrées. Cette tranche représente une part similaire de départs et d’arrivées, souvent corrélée aux trajectoires professionnelles.
Avec l’âge, les mouvements diminuent fortement. Parmi les 55-65 ans, le solde est même légèrement positif, signe que certaines mobilités s’organisent autour d’enjeux professionnels ou familiaux et non plus uniquement d’études.
L’analyse de l’Insee éclaire une réalité simple : la Guadeloupe reste un territoire où la majorité de la population est stable. Pourtant, les jeunes actifs et étudiants, en quête d’études ou d’opportunités professionnelles, sont ceux qui font bouger les lignes démographiques.
Cette dynamique n’est pas isolée : elle s’inscrit dans des tendances observées dans d’autres régions ultramarines françaises (Martinique, Guyane), mais avec ses propres caractéristiques locales, notamment le poids des mobilités vers des métropoles universitaires et économiques.



