Îlet Caret, joyau fragile de Guadeloupe, interdit au grand public

Posé au cœur du Grand Cul-de-Sac Marin, à quelques minutes de bateau de Sainte-Rose, l’îlet Caret attire. Un simple banc de sable blanc, entouré d’un lagon turquoise, sans bâtiments, sans routes, sans artifices.

Autour, des herbiers marins, des coraux, des poissons juvéniles. Son nom vient d’ailleurs de la tortue caret, qui fréquentait la zone. Cette simplicité extrême en a fait l’un des lieux les plus photographiés et visités de Guadeloupe. Trop.

Caret est menacé. Cet îlet sableux, façonné par les courants, les houles et les tempêtes, gagne du sable certaines années, en perd d’autres. Quand on piétine, on jette l’ancre, on débarque à des centaines chaque jour, on accélère un processus naturel d’érosion.

Ajouter à cela la montée du niveau de la mer, l’augmentation des épisodes météo extrêmes et la pression touristique : le cocktail est explosif. Le résultat est connu : recul du trait de côte, dégradation des herbiers, dérangement de la faune.

Aimer Caret, c’est accepter de s’en éloigner

Face à cette fragilité, les autorités ont tranché : repos écologique. L’accès au sable est aujourd’hui réglementé, interdit au grand public, sous la responsabilité du Parc national de la Guadeloupe. Ceux en infraction sont passibles d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 750 euros.

L’objectif est simple : laisser le temps au milieu de se régénérer. C’est une mesure de survie pour le site..

Côté collectif, il faut aller plus loin : contrôle réel, sanctions appliquées, pédagogie auprès des professionnels du nautisme, et valorisation d’un tourisme plus conscient.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007. Rejoignez-moi sur le réseau social X et abonnez-vous à la newsletter mensuelle.

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