Les envois de fonds de la diaspora jamaïcaine continuent de jouer un rôle central dans l’économie de l’île. Selon les données de la Banque de Jamaïque (BoJ), les transferts d’argent auraient atteint environ 3,5 milliards de dollars américains en 2025, en hausse de 3,8 % par rapport à 2024.
Cette progression s’inscrit dans une tendance confirmée. Entre janvier et novembre 2025, les flux avaient déjà atteint plus de 3,1 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 3 % sur un an.
Les institutions internationales, comme le FMI, soulignent régulièrement le rôle stabilisateur de ces transferts, qui contribuent à soutenir la consommation et à renforcer la résilience économique du pays face aux chocs externes .
Une progression modérée mais solide
Après les niveaux records observés pendant la période post-Covid, la croissance des remittances ralentit, sans pour autant s’essouffler.
- 2024 : environ 3,36 milliards USD
- 2025 : environ 3,5 milliards USD (estimation BoJ)
- Évolution : +3 à +3,8 %.
Ce rythme reste inférieur à celui de certains pays d’Amérique centrale, mais il confirme la solidité des liens économiques entre la diaspora et le territoire jamaïcain.
Les États-Unis, moteur principal des envois
La géographie des transferts reste très concentrée : États-Unis (près des deux tiers des flux), Royaume-Uni, Canada, Îles Caïmans. Cette structure reflète l’histoire migratoire du pays et l’importance des communautés jamaïcaines installées en Amérique du Nord.
La bonne tenue du marché du travail dans ces pays, notamment dans les secteurs des services et de la santé, continue d’alimenter ces transferts.
Un pilier de l’économie nationale
Les transferts d’argent ne sont pas un simple complément de revenu. Elles représentent un levier macroéconomique majeur.
- Environ 15 à 16 % du PIB jamaïcain
- Une source clé de devises étrangères
- Un soutien direct aux ménages (alimentation, logement, éducation).
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et les chocs économiques, ces flux jouent un rôle d’amortisseur social. Après les catastrophes naturelles récentes, ils ont même servi de réponse immédiate pour soutenir les familles touchées.
Une dépendance qui interroge
Si ces transferts constituent une force, ils posent aussi une question structurelle : celle de la dépendance. L’économie jamaïcaine repose fortement sur trois piliers externes : le tourisme, les investissements étrangers, les transferts d’argent.
Cette situation expose le pays aux fluctuations économiques des pays d’accueil de sa diaspora, en particulier les États-Unis.
Une tendance appelée à durer
À court terme, rien n’indique un retournement de tendance. Les projections restent orientées à la hausse, portées par la solidité des diasporas, les liens familiaux forts, l’augmentation des coûts de la vie sur l’île.
Les transferts d’argent s’imposent donc plus que jamais comme une colonne vertébrale de l’économie jamaïcaine, à la fois filet de sécurité sociale et moteur discret de la croissance.



