Elle a couru plus vite que quiconque. Désormais, c’est une autre course qu’elle engage — celle de l’influence et de l’engagement social.
Shelly-Ann Fraser-Pryce, triple championne olympique du 100 mètres et l’une des athlètes les plus titrées de l’histoire de l’athlétisme mondial, vient d’être nommée ambassadrice de la Fondation Laureus.
Une distinction qui couronne non seulement une carrière hors norme, mais aussi une trajectoire humaine : celle d’une femme issue d’un quartier difficile de Kingston, devenue icône mondiale, mère, et militante du sport comme outil de transformation sociale.
Laureus, bien plus qu’une cérémonie
Souvent résumée à ses Laureus World Sports Awards, surnommés les Oscars du sport, la fondation est en réalité une organisation à vocation sociale fondée en 1999, portée par une conviction : le sport peut changer des vies.
Elle s’appuie sur trois piliers : une académie réunissant des légendes du sport, un réseau d’ambassadeurs actifs, et un programme mondial baptisé Sport for Good, qui finance des centaines de projets dans des dizaines de pays. Cibles prioritaires : les jeunes en situation de vulnérabilité, l’éducation, l’inclusion sociale et la lutte contre les violences.
Être ambassadeur n’y est pas un titre honorifique passif. C’est un engagement concret : utiliser sa notoriété pour amplifier l’impact de ces programmes sur le terrain.
The inspirational @realshellyannfp 🇯🇲
— Laureus (@LaureusSport) April 10, 2026
A new Laureus Ambassador 🤝#SportforGood | @WorldAthletics pic.twitter.com/WCPPGUxbjF
Un engagement cohérent avec son parcours
Pour Shelly-Ann Fraser-Pryce, cette nomination s’inscrit dans la continuité naturelle de ce qu’elle fait déjà. Depuis plusieurs années, sa Pocket Rocket Foundation accompagne des jeunes Jamaïcains à travers des bourses d’études et des programmes de mentorat.
Laureus lui offre désormais une caisse de résonance mondiale pour prolonger cet engagement.
La Caraïbe, talent mondial, représentation encore timide
Malgré un poids sportif considérable sur la scène internationale, la région caribéenne reste peu représentée au sein des structures d’influence comme Laureus. Quelques noms émergent : le légendaire cricketeur jamaïcain Courtney Walsh, le sprinteur dominicain Félix Sánchez, double champion olympique du 400 mètres haies. Des figures reconnues, mais insuffisantes au regard du vivier exceptionnel que représente la région.



L’entrée de Fraser-Pryce change la donne. Elle incarne à la fois la domination caribéenne en athlétisme, une réussite construite après la maternité — elle a remporté des médailles mondiales après la naissance de son fils en 2017 — et un engagement social structuré et documenté.
Un signal qui dépasse le sport
Sa nomination envoie un message clair : la Caraïbe n’est pas seulement une pépinière de champions. C’est aussi un territoire capable de produire des leaders d’influence à l’échelle mondiale. Des voix qui, au-delà des pistes d’athlétisme, portent des causes et inspirent des générations.
Photo Erik van Leeuwen, attribution: Erik van Leeuwen (bron: Wikipedia).

