Dans l’hexagone, la TVA standard atteint 20 %, un niveau qui fait souvent grimacer. En Guadeloupe (comme en Martinique et à La Réunion), le régime est plus bas : le taux normal est plafonné à 8,5 % pour la majorité des biens et services. Un taux super réduit de 2,1 % s’applique à de nombreux produits et prestations essentiels.
Cependant, depuis 2025, des mesures ciblées ont renforcé les exonérations et même introduit du 0 % sur certains produits de première nécessité, pour mieux lutter contre la cherté de la vie. Petit tour d’horizon en 2026.
Les taux de base : toujours plus bas que dans l’Hexagone
- Taux normal : 8,5 % → s’applique à la plupart des biens et services (alimentation non prioritaire, vêtements, électronique courante, etc.).
- Taux réduit : 2,1 % → pour les produits et services qui relèvent dans l’hexagone des taux de 5,5 % ou 10 % (eau, livres, transports, restauration, médicaments non remboursés, équipements pour handicapés, etc.).
- Taux particuliers : 1,75 % (animaux vivants de boucherie/charcuterie) et 1,05 % (certaines publications de presse et spectacles).
Ces taux sont stables en 2026 et valent pour les opérations locales, y compris les échanges entre Guadeloupe, Martinique et Guyane (marché unique antillais).
Exonérations renforcées à l’importation : la grande nouveauté depuis mars 2025
Grâce à l’article 45 de la loi de finances pour 2025 (n° 2025-127 du 14 février 2025), la France peut différencier les listes d’exonérations de TVA à l’importation entre Guadeloupe/Martinique d’un côté, et La Réunion de l’autre, jusqu’au 31 décembre 2027.
Objectif : adapter aux réalités locales et maximiser l’impact sur les prix.
En Guadeloupe et Martinique :
- exonération totale (taux effectif 0 %) sur 69 familles de produits considérés comme de première nécessité (produits alimentaires de base, hygiène, soins corporels, etc.) ;
- cela concerne les importations + livraisons en l’état + productions locales analogues ;
- souvent aligné sur les baisses d’octroi de mer pour un effet cumulé maximal sur le prix final en rayon.
À La Réunion, la liste est différente : certains matériels informatiques et téléphones portables restent exonérés (contrairement aux Antilles, où ils sont exclus sauf exceptions limitées).
Ces mesures, mises en place par arrêtés (notamment du 27 février 2025 et suivants), visent directement la vie chère : baisses de prix observées de l’ordre de 10-11 % sur les produits concernés dans certains bilans initiaux.
Vers une pérennisation du 0 % ? Le Sénat a voté en fin 2025
Fin 2025, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, le Sénat a adopté des amendements pour pérenniser le taux de TVA à 0 % sur les produits de première nécessité en Guadeloupe, Martinique et La Réunion (au-delà de 2027).
Cette extension/pérennisation, promise par le gouvernement et soutenue par des sénateurs ultramarins, doit encore être confirmée dans le texte final adopté (Assemblée + navette). Si elle passe, elle deviendrait une mesure structurelle forte contre la cherté. En attendant, le dispositif reste bien actif jusqu’à fin 2027 au minimum.
Intéressant : pourquoi ces allègements comptent tant
Ces taux réduits et exonérations compensent partiellement les handicaps insulaires (fret, énergie, etc.). Sans eux, les prix seraient encore plus proches (voire supérieurs) à ceux de l’hexagone.
Exemple concret : un produit importé de base qui serait taxé 20 % + octroi de mer en métropole peut arriver à un impact fiscal cumulé bien moindre en Guadeloupe grâce à la TVA à 8,5 % (ou 0 % sur les PPN) + exonérations ciblées.
La TVA en Guadeloupe reste un atout majeur pour le pouvoir d’achat : loin des 20 % hexagonaux, avec des coups de pouce renforcés depuis 2025 sur les essentiels. Cependant, le débat continue : faut-il aller plus loin (pérennisation du 0 %), ou compenser autrement ? Les prochains mois diront si 2026 marque un tournant durable.




