Souvent citée par les organisations environnementales et les réseaux de plongeurs comme un modèle dans la Caraïbe, Saba a fait très tôt le choix d’une protection stricte de son environnement marin. Le Saba Marine Park, créé en 1987 et géré par la Saba Conservation Foundation, est régulièrement mis en avant par l’IUCN et par les réseaux internationaux de plongée comme un cas d’école en matière de gouvernance locale, de financement autonome et de régulation des usages.
Le Saba Marine Park : une protection intégrale et assumée
Créé à une époque où la notion d’aire marine protégée était encore marginale dans la Caraïbe, le Saba Marine Park couvre l’ensemble des eaux entourant l’île, du littoral jusqu’à 60 mètres de profondeur. Aucun zonage flou : la règle est claire, la protection est totale, avec des usages strictement encadrés.
Le parc est géré localement par la Saba Conservation Foundation, une structure implantée sur l’île, en lien direct avec les autorités publiques. Les décisions ne sont pas prises à distance. Les règles sont appliquées par des équipes qui connaissent le terrain, les sites, les opérateurs et les réalités économiques locales.
Le modèle économique repose en grande partie sur une redevance environnementale payée par chaque plongeur.
Cette contribution finance la surveillance, la recherche scientifique, l’entretien des mouillages, l’éducation environnementale et la restauration des récifs. Le principe est simple : ceux qui utilisent le milieu contribuent directement à sa préservation.
Ancrage interdit hors bouées, pêche réglementée, nombre de plongeurs limité par site, obligation de passer par des opérateurs agréés. À Saba, la protection n’est pas un slogan marketing. Elle structure réellement les pratiques.
La plongée à Saba : une réputation mondiale
Saba est connue pour ses pinacles volcaniques, ses tombants vertigineux et la qualité de ses fonds marins. L’absence de plages et de tourisme balnéaire de masse a renforcé son image : on ne vient pas par hasard. On vient pour plonger.
La plongée est l’un des piliers économiques de l’île. Elle fait vivre centres de plongée, hébergements, restaurants, transports maritimes et emplois indirects.
Le modèle est volontairement sélectif : moins de visiteurs, mais des séjours plus longs et plus rémunérateurs.
Les principaux bénéficiaires sont les opérateurs locaux agréés, les structures d’hébergement à taille humaine et les services associés. Le parc marin capte une part via les redevances, réinvesties localement. En revanche, ce modèle limite volontairement l’entrée de grands acteurs extérieurs et des croisières de masse.
Ce choix a un coût. La vie est chère, l’offre touristique reste restreinte et l’île demeure peu accessible. Le modèle exclut de fait certaines clientèles et impose une forte dépendance à un tourisme de niche. Un équilibre fragile, mais assumé.




