Sainte-Lucie : un prêt de 21 millions d’euros pour sécuriser son approvisionnement en eau

Face à des pénuries d’eau récurrentes et à des infrastructures vieillissantes, le gouvernement de Sainte-Lucie a décidé d’accélérer les investissements. Selon des informations publiées par la Banque Caribéenne de Développement (BDC), Castries a sollicité un prêt de 22,8 millions de dollars US, soit 21 millions d’euros, pour moderniser son réseau d’approvisionnement en eau, un enjeu devenu critique pour l’économie comme pour la vie quotidienne.

Ce financement s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des infrastructures publiques, déjà affichée dans les priorités budgétaires du pays ces dernières années.

Un projet structurant autour du barrage John Compton

Le cœur du projet repose sur la modernisation du système alimenté par le barrage John Compton, principale source d’eau pour le nord de l’île.

Concrètement, le financement doit permettre :

  • le remplacement d’environ 5 km de conduites vétustes, installées il y a plusieurs décennies
  • l’installation d’une canalisation de plus grande capacité (32 pouces)
  • une réduction des fuites et pertes d’eau
  • une amélioration globale de la fiabilité de la distribution

L’objectif est clair : passer d’un système fragile à une infrastructure capable de répondre à une demande croissante, notamment dans les zones urbaines et touristiques.

Une ingénierie financière classique… mais stratégique

Le prêt de la BDC repose sur un montage combinant plusieurs sources :

  • environ 15,7 millions USD issus des ressources ordinaires de la banque
  • un peu plus de 7,1 millions USD provenant de fonds concessionnels
  • des conditions de remboursement étalées entre 17 et 30 ans, avec des taux différenciés

Ce type de financement mixte permet de limiter la pression immédiate sur les finances publiques tout en garantissant le lancement rapide du projet.

L’eau, un enjeu politique et économique majeur

Ce projet intervient dans un contexte tendu. À Sainte-Lucie, les coupures d’eau sont fréquentes et affectent à la fois :

  • les ménages
  • les entreprises
  • le secteur touristique, pilier de l’économie

Plusieurs voix, y compris dans l’opposition, décrivent une situation proche d’une crise nationale de l’eau, appelant à des investissements structurels plutôt que des solutions temporaires.

Le gouvernement assume donc un choix politique clair : investir maintenant pour éviter une dégradation durable des conditions de vie et de l’attractivité économique.

Une pièce d’un puzzle plus large

Ce prêt ne sort pas de nulle part. La Banque Caribéenne de Développement  accompagne déjà la région sur des projets liés à la sécurité hydrique et à la résilience climatique.

À Sainte-Lucie, les investissements dans le système du barrage John Compton doivent bénéficier à des dizaines de milliers de personnes et renforcer la résilience face aux aléas climatiques.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007.