Street art en Guadeloupe : 3 coups de cœur en une rue à Pointe-à-Pitre

Cela faisait longtemps que je n’avais pas rédigé un billet de blog sur le street art, car j’ai plus de facilité à poster sur les réseaux sociaux. Pourtant, rien ne remplace le plaisir de prendre le temps d’écrire ici, à mon rythme, en partageant mes découvertes sans filtre. En marchant dans Pointe-à-Pitre ces derniers jours, trois fresques m’ont arrêtée net. Elles témoignent de l’énergie créative qui circule encore dans le centre-ville, malgré les façades fatiguées et les immeubles abandonnés. De vrais éclats de couleur, d’histoire et d’émotion.

  1. Saint-John Perse de Steek Oner

À quelques rues du musée qui lui est consacré, cette fresque de Steek Oner rend hommage à Saint-John Perse. On le reconnaît immédiatement, silhouette élégante, regard profond. La poésie du texte peint autour dialogue avec les façades délabrées, comme si l’écrivain continuait de murmurer à la ville.

« Des villes hautières s’éclairaient sur tout leur front de mer, et par de grands ouvrages de pierres se baignaient dans les sels d’or du large. »

« À la question toujours posée : pourquoi écrivez-vous ?
La réponse du poète sera toujours la plus brève : pour mieux vivre. »

Ce coin de rue devient un espace suspendu, entre mémoire littéraire et réalité brute de Pointe-à-Pitre.

  1. La femme solaire de Yeswoo

Dès qu’on arrive devant elle, on reçoit une claque visuelle. Couleurs flamboyantes, regard perçant, énergie presque cosmique. Cette femme imaginée par Yeswoo occupe tout l’espace et impose sa présence. Les teintes chaudes et les détails du costume lui donnent un air de reine moderne. C’est une ode à la puissance féminine, à la beauté caribéenne.

  1. Le portrait mystique de Skem

Screenshot

Juste à côté, Skem propose une ambiance très différente. Le visage est presque monochrome, d’une précision fascinante, relevé par quelques touches turquoise. Le regard est hypnotique, calme, presque spirituel. On dirait un personnage venu d’un autre univers, entre science-fiction et légende ancestrale. C’est subtil, c’est propre, c’est maîtrisé. Un style qui tranche avec le chaos urbain environnant et qui rappelle que le street art peut aussi être douceur.