Vie chère en Martinique : ce que révèle le récent 4ᵉ bilan du protocole sur les prix

En décembre 2025, la DGCCRF et la Préfecture de Martinique ont publié le 4ᵉ bilan du protocole de lutte contre la vie chère, couvrant la période janvier–octobre 2025.

Ce document officiel dresse un état des lieux précis de l’évolution des prix de centaines de produits de consommation courante, après plus d’un an de mise en œuvre du dispositif signé en octobre 2024.

Le protocole contre la vie chère produit des effets mesurables, chiffres à l’appui. Les baisses sont réelles, ciblées et durables sur une partie des produits essentiels. Il ne règle pas tout. Il ne compense pas l’ensemble des inégalités structurelles du marché martiniquais. Il n’annule assurément pas la dépendance aux importations.

Un protocole toujours en place, mais sous surveillance

Le protocole repose sur des engagements pris par les distributeurs pour baisser durablement les prix d’un panier de produits essentiels, en s’appuyant notamment sur une TVA à 0 % et sur un suivi hebdomadaire des prix via les données de caisse.

À fin octobre 2025, les produits du protocole représentent 11,3 % des références vendues, soit 13,8 % du chiffre d’affaires alimentaire en Martinique. Le périmètre reste donc significatif, sans être majoritaire dans les rayons.

Des baisses réelles, mais inégales selon les produits

Sur l’ensemble des références suivies, les prix des produits du protocole baissent en moyenne de 9,2 % par rapport à la période de référence début 2024.
Certaines familles se distinguent clairement :

  • Produits d’hygiène corporelle : baisses jusqu’à –18 %
  • Papier toilette, cotons, essuie-mains : baisses marquées et durables
  • Conserves, pâtes, riz, légumineuses : reculs nets mais variables selon les marques

Ces baisses sont visibles dans le temps, ce qui confirme que l’effet du protocole ne se limite pas à un simple affichage ponctuel.

Tous les produits ne baissent pas

Le rapport le dit clairement : des hausses subsistent.
En octobre 2025 :

  • 7 à 23 % des références, selon les catégories, sont encore en hausse
  • Les produits hors protocole continuent d’augmenter plus fortement
  • Certaines viandes, produits frais et références importées restent sensibles aux coûts logistiques et aux tensions internationales

Le protocole protège donc une partie du panier, pas l’ensemble des dépenses alimentaires.

Le rôle clé des distributeurs

Les données montrent que les enseignes jouent un rôle central dans l’efficacité du dispositif. Les baisses sont plus nettes chez les distributeurs :

  • capables d’absorber une partie des coûts
  • dotés d’un fort volume d’importation
  • disposant d’une capacité de négociation directe avec les fournisseurs

À l’inverse, les références issues de petits circuits ou de fournisseurs plus fragiles réagissent moins favorablement.

Promotions, marges et vigilance

Le rapport s’attarde aussi sur les taux de marge. Résultat :

  • Les marges hors promotions restent globalement stables
  • Les promotions jouent un rôle important dans l’évolution des prix affichés
  • La DGCCRF insiste sur la nécessité de maintenir un contrôle strict, pour éviter tout contournement du protocole

Autrement dit, les baisses observées existent, mais elles doivent être consolidées dans la durée.

Ce 4ᵉ bilan montre surtout une chose : sans cadre contraignant et sans suivi précis, les prix ne baissent pas spontanément.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007. Rejoignez-moi sur le réseau social X et abonnez-vous à la newsletter mensuelle.

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