Je rêve souvent d’Haïti. Parce que j’ai beaucoup d’amis qui en sont originaires et que d’autres en sont tombés amoureux.

Alors, moi aussi, je veux visiter cette île, en prenant mon temps. Je ne me précipite pas, je prépare ce voyage, tranquillement, patiemment.

Et quand j’y serai, j’irai forcément visiter l’impressionnante Citadelle du roi Christophe. 

A 900 mètres d’altitude sur un piton rocheux de Cap-Haïtien, région d’Haïti, se dresse ce patrimoine inamovible, unique, à la valeur architecturale, historique et culturelle inestimable.

Bâtie au début du XIXe siècle, cette forteresse, connue comme la plus grande de la Caraïbe, est renommée autant pour son gigantisme que pour son histoire.

Henri Christophe, ancien esclave devenu roi d’Haïti autoproclamé, terrible dictateur, décida de faire ériger, sur une surface de 8000 m2, cet édifice aux murailles de 40 mètres de haut, aux dimensions extraordinaires, afin que le fort puisse résister à toute invasion française. Plus de 20 000 hommes participèrent à ce chantier pharaonique qui dura une vingtaine d’années.

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco à partir de 1982, la citadelle du roi Christophe constitue un trésor national, témoignage du combat victorieux pour la liberté du peuple haïtien ; Henri Christophe s’étant battu aux côtés de Toussaint Louverture pour l’obtention de l’indépendance du pays acquise en 1804.

Célèbre lieu de mémoire renvoyant à l’identité et à la fierté haïtiennes, ce monument revêt un caractère unique, source d’inspiration précieuse pour les artistes, les auteurs.

Ainsi, la citadelle a donné lieu à une pléthore de créations multiformes : des photographies, des poèmes, des livres, mais aussi des documentaires, etc.

Elle constitue un décor exceptionnel, de l’ordre de l’imaginaire dans la Tragédie du roi Christophe, pièce de théâtre du Martiniquais Aimé Césaire, ou réel, pour Moloch tropical, film de Raoul Peck, cinéaste haïtien réputé, dont plusieurs scènes furent tournées dans la citadelle, en 2009.