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Emploi en Guadeloupe : les contrats aidés s’effondrent, l’accompagnement des jeunes progresse

La Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de Guadeloupe a publié en octobre 2026 son bilan des politiques de l’emploi en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy pour l’année 2025.
Le document passe en revue les principaux dispositifs publics d’accès à l’emploi : contrats aidés, alternance, activité partielle, insertion par l’activité économique, formation et accompagnement des jeunes. Il révèle un net basculement. Les contrats aidés reculent fortement, tandis que la formation et l’accompagnement des jeunes gagnent du terrain.
Les contrats aidés divisés par plus de 3
Les contrats aidés sont les plus touchés. Le Parcours emploi compétences (PEC), destiné au secteur non marchand, passe de 526 contrats en 2024 à 153 en 2025, soit une chute de 71 %. Aucun contrat n’a été signé à Saint-Martin ni à Saint-Barthélemy, alors que Saint-Martin en avait enregistré huit en 2024. Selon la DEETS, cette baisse prolonge une tendance amorcée depuis 2017, liée à la réorientation des politiques publiques vers le développement des compétences par la formation.
Le dispositif reste très féminin : 80 % des bénéficiaires sont des femmes, une part en hausse de quatre points en un an. Il s’adresse surtout à des publics fragiles. 70 % des bénéficiaires sont inscrits à France Travail, 37 % perçoivent le RSA et 8 % sont en situation de handicap reconnu.
Le Contrat initiative emploi (CIE), son équivalent dans le secteur marchand, connaît la même chute : 174 contrats signés en 2025, dont quatre à Saint-Martin, contre 619 en 2024, soit une baisse de 71 %. Ce dispositif profite davantage aux jeunes : 39 % des contrats sont signés par des moins de 25 ans. Il offre aussi une insertion plus durable. 34 % de ses bénéficiaires sont embauchés en CDI, contre seulement 5 % pour le PEC.
L’apprentissage se maintient
L’alternance résiste mieux. La Guadeloupe et les Îles du Nord ont enregistré 3 072 nouveaux contrats d’apprentissage en 2025, dont 107 dans le secteur public, contre 3 114 en 2024. Depuis 2020, les femmes sont majoritaires parmi les apprentis (52 %), en lien avec l’essor de l’apprentissage dans les formations de niveau bac+2 ou plus. 40 % des apprenties ont ce niveau, contre 25 % des apprentis.
Le profil des apprentis évolue. Les élèves et étudiants restent les principaux bénéficiaires, mais leur part tombe à 30 % des contrats, contre 70 % en moyenne les années précédentes. Plus de la moitié des contrats (53 %) concernent des jeunes de moins de 21 ans.
Le contrat de professionnalisation recule légèrement, avec 121 contrats signés en 2025 contre 125 en 2024. Il concerne surtout des personnes de 26 ans et plus (64 %) et attire davantage de femmes (65 %). 46 % des bénéficiaires ont un niveau bac+2 ou plus.
Moins de recours à l’activité partielle
L’activité partielle, qui permet aux entreprises en difficulté de réduire temporairement le temps de travail de leurs salariés, poursuit son recul en Guadeloupe. 64 demandes ont été déposées en 2025, soit 41 % de moins qu’en 2024. Le nombre de salariés concernés tombe à 456, près de deux tiers de moins en un an. Le volume d’heures déclarées progresse toutefois, de 192 267 à 207 666 heures.
Les industries extractives concentrent à elles seules 48 % des heures autorisées, devant l’industrie manufacturière (19 %) et la construction (15 %). Les employeurs invoquent surtout des sinistres ou des intempéries exceptionnels, la dégradation de la conjoncture économique et des difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie. Au total, 518 700 euros d’indemnisation ont été versés.
À Saint-Martin, le dispositif n’a presque plus été utilisé : moins de cinq demandes autorisées, pour 34 salariés, tous dans l’hébergement et la restauration. L’indemnisation s’élève à 58 419 euros, contre 1 230 335 euros en 2024. À Saint-Barthélemy, une seule demande a été autorisée, comme l’année précédente.
L’insertion par l’activité économique en baisse
L’insertion par l’activité économique s’adresse aux personnes les plus éloignées de l’emploi. Elle leur offre un accompagnement renforcé au sein de structures spécialisées. En 2025, ces structures ont enregistré 1 895 entrées, contre 2 069 en 2024, soit une baisse de 8 %.
Les ateliers et chantiers d’insertion restent les premiers employeurs, avec 1 111 contrats, dont 41 à Saint-Martin. Les entreprises de travail temporaire d’insertion en comptent 595, en baisse de 21 %. Seules les entreprises d’insertion progressent, avec 189 contrats (+18 %).
Les bénéficiaires ont majoritairement un faible niveau de formation : 70 % ont un niveau BEP-CAP ou inférieur. Les résultats restent modestes. Sur 1 844 sorties enregistrées en 2025, 444 sont renseignées. Parmi elles, seulement 87 personnes ont accédé à un emploi durable, de six mois ou plus. 58 % des bénéficiaires n’ont pas trouvé de solution d’insertion durable, un taux néanmoins en baisse par rapport à 2024 (62 %).
La formation en forte progression
Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) illustre la priorité donnée à la formation. Il vise à former les demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et les jeunes éloignés du marché du travail, à répondre aux besoins des métiers en tension et à accompagner les transitions écologique et numérique. En 2025, la Guadeloupe et les Îles du Nord ont enregistré 7 894 entrées en formation, contre 7 114 en 2024, soit une hausse de 11 %. À Saint-Martin, le nombre d’inscrits passe de 87 à 93.
Les personnes sans diplôme ou faiblement qualifiées représentent 37 % des bénéficiaires, soit 2 950 personnes. Les formations sont financées à 77 % par France Travail. Les domaines les plus demandés sont le transport et la logistique (21 %), les sciences humaines et les langues (21 %), ainsi que le commerce, le marketing et la finance (11 %).
Les jeunes de plus en plus accompagnés
Les dispositifs d’accompagnement des jeunes connaissent une forte progression. Le Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA), proposé par les missions locales aux 16-25 ans en difficulté, voit ses entrées plus que doubler : de 1 066 en 2024 à 2 210 en 2025, sous l’effet d’une forte hausse au dernier trimestre. Les femmes représentent 55 % des bénéficiaires.
Le Contrat d’engagement jeune (CEJ), qui offre un accompagnement intensif aux jeunes ni en études ni en formation, progresse aussi. 3 034 jeunes l’ont intégré en 2025, dont 260 à Saint-Martin, contre 2 989 en 2024, soit une hausse de 2 %. La progression est plus nette dans l’ensemble des outre-mer (+18 %).
Le profil des bénéficiaires guadeloupéens se distingue de la moyenne nationale. Les hommes y sont légèrement majoritaires (51 %), alors que les femmes le sont au niveau national. Les diplômés du baccalauréat ou plus représentent 61 % des entrées. Saint-Martin se démarque aussi : 15 % des jeunes accompagnés y sont issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville, contre 5 % en Guadeloupe.



