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Grand chantier en cours : La Ligue de Guadeloupe de Football se reconstruit entièrement

Trois documents publiés en l’espace d’un mois par la Ligue de Guadeloupe de Football racontent, sans le dire explicitement, la même histoire : celle d’une institution qui se reconstruit entièrement, de ses statuts à son maillot, en passant par le choix de l’homme qui devra relancer la sélection A. Le procès-verbal de l’assemblée générale constitutive, daté du 25 juin, ainsi que deux communiqués officiels publiés les 9 et 23 juillet, dessinent les contours de ce chantier.
Une ligue liquidée après 68 ans d’existence
Cette refondation ne sort pas de nulle part. Elle fait suite à la liquidation judiciaire de l’ancienne Ligue Guadeloupéenne de Football, prononcée le 24 mars 2026 par le tribunal de Pointe-à-Pitre, après 68 ans d’existence. La structure avait été placée sous administration provisoire dès octobre 2025, sans parvenir à redresser une situation financière déjà fragile malgré un plan de redressement engagé depuis 2016.
Le déficit accumulé était estimé à environ 2 millions d’euros, conséquence d’une gestion défaillante largement documentée par la presse locale.
Le tribunal avait toutefois autorisé la poursuite de l’activité pendant trois mois, renouvelable, le temps d’achever la saison sportive en cours et de préparer la mise en place d’une nouvelle structure, condition nécessaire pour assurer la continuité du football pour les quelque 10 000 licenciés de l’archipel.
Les représentants de la Fédération Française de Football ont ensuite validé la création d’une nouvelle ligue régionale, avec 93,12 % de votes favorables, avant que les portes du siège historique de la LGF, à Bergevin, ne ferment définitivement le 25 mai 2026.
Une association recréée de zéro, sous l’œil de la FFF
La Ligue de Guadeloupe de Football, dans sa forme actuelle, a littéralement été refondée le 25 juin 2026, à Paris,. La séance s’est tenue en présence de deux membres du Comité Exécutif de la Fédération Française de Football (FFF), Virginie Molho et Pierric Bernard Hervé, signe de l’implication directe de l’instance nationale dans ce processus de refondation.
Lors de cette réunion, les membres fondateurs ont acté la constitution de l’association, dont le siège est fixé à Pointe-à-Pitre, ainsi que l’adoption de ses statuts. Tous pouvoirs ont ensuite été confiés à Kenny Jean-Marie, désigné président, pour accomplir les démarches de déclaration, d’enregistrement et de publication nécessaires à la création et au fonctionnement de la nouvelle structure.
Ce document technique, presque austère, est en réalité la clé de voûte des deux annonces suivantes : sans cette refondation actée à Paris, ni le changement d’identité visuelle ni la nomination d’un nouveau sélectionneur n’auraient de cadre institutionnel pour s’inscrire.
Le Foufou remplace l’ancien logo : un choix identitaire assumé
Un mois plus tard, le 23 juillet 2026, la Ligue de Guadeloupe de Football dévoile sa nouvelle identité visuelle. Le communiqué évoque une période « particulièrement difficile, marquée par des défis majeurs », sans en détailler la nature, et présente ce nouveau logo comme le symbole d’un « renouveau ambitieux ».
Le choix graphique est celui du Foufou, nom local du colibri madère, oiseau endémique de l’archipel. Selon la Ligue, cet emblème porte des valeurs précises : l’agilité, le dynamisme, l’engagement, la rapidité et la capacité d’adaptation. Le texte insiste sur une dimension symbolique forte, celle d’un oiseau petit par la taille mais puissant par l’énergie qu’il dégage, association assumée avec l’ambition affichée par la nouvelle instance.
Point notable, cette identité visuelle n’a pas été conçue en interne. Elle est le fruit d’une collaboration avec DAÖMEY, une marque de sportswear internationale qui puise son inspiration dans les cultures africaines et caribéennes. La Ligue annonce d’ores et déjà la suite de ce partenariat : une collection lifestyle exclusive doit voir le jour dans les prochains mois, destinée à permettre aux Guadeloupéens du monde entier d’arborer ce nouveau symbole.
Moïse Castry, un fils du territoire pour relancer les Gwada Boys
Avant même ce changement de logo, la Ligue avait annoncé, le 9 juillet 2026, la nomination de Moïse Castry au poste de sélectionneur de la Guadeloupe A. Âgé de 63 ans, ce technicien reconnu localement n’est pas un inconnu de la sélection : il avait déjà dirigé l’équipe U20 de la Guadeloupe entre 2013 et 2020.
Moïse Castry succède à Jocelyn Angloma, dont le bilan à la tête des Gwada Boys est solide.
Le nouveau sélectionneur prendra ses fonctions dès la prochaine campagne de Nations League B de la CONCACAF, dont le tirage au sort s’est déroulé le 23 juillet. Les premières rencontres de cette campagne débuteront le 21 septembre.
Dans le communiqué, Kenny Jean-Marie, préfigurateur de la Ligue, évoque un contexte « budgétaire contraint » et la volonté de construire « une équipe combative, une équipe de cœur ». Moïse Castry, de son côté, annonce une sélection resserrée sur les joueurs évoluant dans les championnats locaux, tout en précisant que la porte reste ouverte aux joueurs de l’extérieur, à condition qu’ils montrent, selon ses mots, leur « fibre patriotique ». Il dispose d’environ un mois et demi pour préparer cette première échéance.
3 actes, un seul mouvement
Pris séparément, ces trois documents pourraient sembler anecdotiques : un procès-verbal administratif, un logo, une nomination sportive. Mis bout à bout, ils racontent toutefois la reconstruction méthodique d’une fédération régionale, de sa base juridique posée à Paris fin juin, à son image renouvelée mi-juillet, en passant par le choix d’un technicien local pour porter les couleurs de l’archipel sur la scène CONCACAF dès septembre.



