Président de la République d’Haïti de 1971 à 1986, Jean-Claude Duvalier est connu à l’échelle internationale comme un ancien dictateur dont le régime aurait fait des milliers de victimes ; par la suite, renversé en 1986 par une révolte populaire, il s’est exilé en France durant près de 25 ans, avant de faire un retour surprise et très médiatisé en Haïti, en 2011.

Après plusieurs refus, un mandat d’amener à son encontre ayant été délivré, « Baby Doc » – surnom qui lui a été attribué en référence à son père Francois Duvalier, « Papa Doc » – a finalement comparu devant le tribunal, le 28 février dernier. Cependant, l’homme ne s’est pas présenté la tête basse ; au contraire, il s’est exclamé : « Qu’avez-vous fait de mon pays ? », avant d’affirmer :

« Je crois avoir fait le maximum pour assurer une vie décente à mes compatriotes. »

Toupet, vous avez dit toupet ? L’homme fait preuve d’une grande confiance.

Est-ce parce que, malgré les nombreuses accusations appuyées par une pléthore de témoignages contre lui, Jean-Claude Duvalier ne manque pas de soutiens. Bien au contraire. Des dizaines de personnes étaient venues le soutenir au tribunal. Et selon Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole de l’organisation Human Rights Watch, Jean-Claude Duvalier « peut compter sur des soutiens au plus haut niveau de l’Etat ».

La Cour d’appel de Port-au-Prince a décidé de reporter au 11 avril la suite de l’audition des plaignants du procès de Jean-Claude Duvalier.

Billet publié en 2013 sur mon précédent blog et légèrement modifié. 

Photo de couverture : Marcello Casal Jr/ABr – Agência Brasil.