Carburant à 2,11€ ou 1,97€ le litre : la Guadeloupe subit de plein fouet la flambée du brut

La Préfecture de la région Guadeloupe a publié ce 29 avril  la révision mensuelle des prix maximums des produits pétroliers, qui entrera en vigueur dès le 1er mai à zéro heure. Le supercarburant sans plomb grimpera à 1,97 € le litre toutes taxes comprises (+10 cts/l vs avril), le gazole à 2,11 € (+15 cts/l vs avril).

Derrière les chiffres, un contexte géopolitique explosif et des répercussions concrètes pour les Guadeloupéens.

Un brut qui s’emballe, une région sous tension

La cause première de cette envolée des prix est à chercher à des milliers de kilomètres de la Caraïbe. Le baril de brut s’élevait à 121,56 dollars en avril, soit une hausse de 24,4 % par rapport au mois précédent — une progression qualifiée de « forte » par la Préfecture elle-même. L’explication tient en grande partie au conflit armé qui s’est déclenché au Moyen-Orient le 28 février dernier.

L’impact le plus structurel de ce conflit est la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20 % du pétrole raffiné dans le monde. Une donnée qui illustre à quel point la Guadeloupe, comme toute économie insulaire dépendante des importations d’hydrocarbures, est directement exposée aux crises géopolitiques les plus lointaines.

Le gazole, produit du quotidien, prend le plus fort coup

Si l’essence enregistre une hausse significative de 10 centimes par litre, c’est le gazole — carburant des camions de livraison, des agriculteurs, des artisans — qui absorbe la plus forte progression avec +15 centimes par litre. Un renchérissement qui aura inévitablement des effets en cascade sur le coût du transport de marchandises, et donc sur les prix à la consommation dans les commerces.

L’essence et le gazole suivent ainsi la tendance du brut, mais avec une moindre amplitude : respectivement +12 % et +10 % sur les cours mondiaux d’avril, contre +24,4 % pour le brut. L’écart s’explique par les mécanismes de formation des prix du raffinage, qui amortissent partiellement les chocs sur le brut.

Le gaz bouteille, seule exception à la hausse

Le gaz de pétrole liquéfié (GPL), vendu en bouteille de 12,5 kg, échappe à la tendance haussière du mois. Son prix maximum reste fixé à 20,51 € toutes taxes comprises. La raison avancée est conjoncturelle : la fin de la saison hivernale en Europe et aux États-Unis fait mécaniquement chuter la demande en butane, tirant les cotations vers le bas. Une bouffée d’air pour les foyers qui utilisent le gaz pour cuisiner.

Une fiscalité différente de l’a métropole’Hexagone

Le communiqué de la Préfecture rappelle un point de droit : contrairement à la France hexagonale, l’État ne perçoit en Guadeloupe ni TVA ni taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TICP).

Les prix toutes taxes comprises affichés à la pompe sont donc constitués des seules fiscalités indirectes locales. Un régime fiscal dérogatoire qui, malgré tout, n’empêche pas les prix d’atteindre des niveaux historiquement élevés début mai.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007.