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Interview MAXI format : Addie Burton, cette chimiste, entrepreneure, peu conventionnelle


Je n’avais pas prévu de consacrer un MAXI format à Addie Burton, mais plutôt un portrait classique. Non pas que son profil ne soit pas intéressant, mais mon agenda étant particulièrement chargé ces jours-ci, je ne pensais pas avoir le temps de rédiger, tout simplement.

Et cependant, un matin, aux aurores, l’inspiration étant au rendez-vous, j’ai rédigé les trois quarts de ce billet. Une fois cela fait, me restait à trouver un moment pour l’achever. Les relances d’Addie Burton ont été les bienvenues pour ce faire.

Trêve d’introduction.

Place à Addie Burton, que je connais depuis quelques années et que j’apprécie, car elle est bavarde comme moi, dynamique, sympathique. Entrepreneure à la tête de S.Bio Group, société de consulting en science cosmétique, elle a une personnalité, un parcours, des ambitions bien différents de ceux que j’imaginais pour une chimiste ! Interview.

Tu as obtenu un baccalauréat scientifique en 2003. Et ensuite, tu as eu un parcours peu conventionnel. Peux-tu nous en livrer les différentes parties, pour ne pas dire épisodes ?

« J’ai d’abord rejoint l’Université des Antilles et de la Guyane à l’époque pour effectuer un DEUG Sciences de la matière. »

« La science, la chimie, cela m’a toujours attiré. Ce n’était pas les matières où j’étais la plus douée, mais elles piquaient vraiment ma curiosité. »

« En Français, anglais, espagnol, j’ai eu 17, 18 au Bac, en allemand 19, tandis qu’en physique-chimie, j’ai eu 12. Et cependant, j’ai quand même fait ce choix, car c’est important pour moi d’être stimulée, d’avoir des challenges.

La première année de mon DEUG s’est bien passée, la deuxième a été un peu plus compliquée. Et donc en licence, il me restait des modules de DEUG à valider en même temps que ceux de licence de chimie… J’avais décidé de passer en même temps des modules de licence chimie organique et bio-organique. Je me suis retrouvée avec une masse de travail inimaginable, mais finalement j’ai réussi à tout obtenir en trois ans.

Dans le même temps, j’ai appris que je pouvais passer le concours national DEUG pour intégrer une école d’ingénieurs. Avec le recul, j’aurais fait différemment, mais à l’époque être ingénieur chimiste, cela faisait bien. Nous avons formé un groupe de trois étudiants pour préparer ce concours. Toutefois, nous ne nous étions pas rendus compte du tout du défi que cela représentait ! En effet, les étudiants en France métropolitaine avait un cours en plus pour se préparer aux épreuves, alors que nous, nous nous présentions en candidats libres. Nous avons fait des séances de travail durant toute l’année, puis la veille du jour J, nous nous sommes rendus à l’hôtel où tous les candidats guadeloupéens étaient réunis afin d’éviter qu’ils aient le sujet avant de débuter, à cause du décalage horaire.

Au final, j’étais la seule des trois à pouvoir aller à l’oral. Là encore, il a fallu improviser pour se préparer, mais j’ai quand même obtenu des résultats suffisants pour être placée en liste d’attente pour une école et reçue dans une autre. Voilà comment je me suis retrouvée à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Mulhouse (ENSCMu). »

Mulhouse, cela ne me fait pas rêver. Que retiens-tu de cette ville, de ta vie là-bas ?

« A 20 ans, je quittais la Guadeloupe pour aller vivre autre part pour la première fois. Cela a été très enrichissant, mais aussi très compliqué. »

« Il y faisait très froid ! La deuxième année, les températures ont atteint le -14°C. Je me demandais comment les habitants faisaient pour vivre dans ce congélateur. (rires) Toutefois, Mulhouse est une ville très accueillante, chaleureuse et les marchés d’Alsace me feront retourner à noël en France.

Quant à l’école, j’ai de suite noté qu’il fallait que je prenne mes marques, car je n’avais pas le rythme soutenu des écoles préparatoires. J’ai essayé de tout donner, mais ce n’était pas suffisant, j’ai redoublé la première année et je n’ai pas validé la troisième. Sans cela, je ne pouvais pas continuer mon cursus dans cette école. »

En Guadeloupe, le grand flou…

« Mon monde s’est effondré. J’avais tout donné. Les erreurs que j’avais faites, je ne pouvais plus les rattraper. Il était trop tard pour que je m’inscrive en master. Et donc retour en Guadeloupe pour une année sabbatique en 2009. Qu’allais-je faire de ma vie ? »

Et justement, qu’as-tu fait ?

« J’ai donné des cours de soutien scolaire en allant chez les gens. En parallèle, je postulais dans tous les laboratoires de chimie… Surtout à Trinidad. En effet, j’ai une très grande histoire d’amour avec ce pays que j’ai visité pour la première fois à l’âge de neuf ans, puis j’y suis retournée souvent. En 2009, j’ai d’ailleurs rencontré ma famille de cœur trinidadienne et j’étais donc là-bas quasi tous les trois mois à l’époque. »

« Je m’étais dit que si je ne pouvais pas suivre un master chimie cosmétique, j’arrêtais les études. Je n’avais pas envie de faire de la chimie pour faire de la chimie. »

Tu as donc envisagé de travailler et faire ta vie à Trinidad ?

« J’ai passé un entretien au Havre d’une demi-heure en présentiel. Aujourd’hui, ce serait inimaginable avec les visioconférences, mais à l’époque, je n’y ai même pas pensé ! Cependant, je n’ai pas eu de retour. Alors oui, je me voyais bien m’installer à Trinidad.

Et voilà qu’en septembre 2010, je reçois un mail m’informant que je suis acceptée en master. Etrangement, je n’ai pas bien accueilli la nouvelle, car je me projetais déjà dans ma nouvelle vie. Cependant, celle que je considère comme ma deuxième mère m’a convaincue de saisir cette opportunité. Et finalement, j’ai décidé de repartir étudier au Havre en septembre. »

« En octobre, soit un mois après avoir intégré ce master, mon papi est décédé brutalement. Durant mon année sabbatique, j’avais pu me rapprocher de lui, le voir autrement. Tout ce qui s’était passé en 2010 a fait sens. Cela a été un coup dur, mais j’ai puisé ma force mentale dans ce que nous apprennent les ancêtres, ce en quoi je crois beaucoup. A partir de là, tout ce que je faisais était pour mon papi, mais aussi mon arrière-grand-mère et ma grand-mère que j’ai perdue par la suite. Cela a été compliqué, mais au moins je faisais ce que j’aimais. »

Au Havre, précieux équilibre

Bis repetita. Le Havre ne suscite pas d’enthousiasme chez moi. Qu’en as-tu pensé ?

« J’ai appris qu’au final, ce n’est pas la ville en elle-même, ni le climat, mais l’expérience de vie qui fait la différence. J’étais plus équilibrée au Havre que je ne l’étais à Mulhouse, moins isolée aussi, car il y avait une plus grande diversité ethnique notamment. J’ai eu la chance d’avoir de la famille vivant dans cette ville et j’avais tout à proximité : université, supermarché, médecin, salle de sport, etc. »

« Et il y avait la mer. Pour une insulaire, c’est important. Je n’ai jamais mis un pied dans l’eau, mais je pouvais regarder la mer, tout en me faisant coiffer par une Antillaise. »

« J’ai trouvé un réel équilibre au Havre, si bien que j’ai obtenu mon master avec mention bien. C’était une bonne expérience. Je me suis fait des amis à vie, j’ai gardé de bons rapports avec mes professeurs. »

Dis-nous en plus sur ce master « qui a changé ta vie » ?

« J’ai suivi un master chimie spécialisé en arômes, parfums et cosmétiques. Première année, j’ai surtout revu ce que j’avais déjà fait en école d’ingénieurs. En deuxième année, il s’agissait de valider le parcours dans lequel nous voulions nous inscrire. Nous étions dans le vif du sujet : cosmétiques, analyses sensorielles, techniques d’analyse sur des produits formulés… Cela s’est bien passé.

Pour toi, cela a toujours été la cosmétique ou rien ?

« J’ai effectué TOUS mes stages en cosmétiques, depuis le premier d’un mois d’observation au laboratoire Alizée Nature Caraïbes à Saint-François, dont M. Jean Vargas, le propriétaire fait d’ailleurs partie des mentors qui ont changé ma vie. Même les stages non obligatoires, je les faisais ! Mon stage de fin d’année devait durer 6 mois, j’en ai fait 8. Ainsi, quand je suis arrivée sur le marché du travail, j’avais déjà un an d’expérience. »

Le désormais bien connu « retour au pays »

Pourquoi ne pas être restée dans l’Hexagone ?

« Je voulais rentrer non pas vraiment pour travailler en Guadeloupe où il y avait peu de postes, mais pour m’ouvrir à la Caraïbe, voire même aux Etats-Unis. Je postulais donc partout. »

« J’ai un jour obtenu un rendez-vous avec le Dr Henry Joseph pour échanger sur le marché du cosmétique en Guadeloupe. Finalement, nous avons fait un entretien d’embauche qui a duré trois heures et s’est terminé en déjeuner ! Cela s’est si bien passé que six mois après j’intégrais l’équipe de Phytobôkaz, (ndlr : laboratoire renommé situé à Gourbeyre).

Cela a été une belle aventure. Nous avons dû créer un département de Recherche et développement cosmétique et j’occupais donc un poste où j’étais très autonome, ce qui ne me faisait pas peur, car je suis organisée et rigoureuse de nature. J’ai travaillé dans cette entreprise durant cinq ans, en obtenant de plus en plus de responsabilités, notamment la communication, la mise en conformité des produits existants. Après 5 ans, j’avais envie d’avancer un peu plus vite, d’aller vers d’autres horizons. La question était : est-ce que je reste en Guadeloupe ou je m’en vais ? Entre temps, j’avais eu un enfant, je devais tenir compte de mes réalités. »

Etrangement, tu es allée vers le marketing, le commercial ? Comment ? Pourquoi ?

« Comme j’avais fait beaucoup de communication pour Phytobôkaz, je me suis intéressée au marketing, car cela me plaisait. Et tout de même, j’ai décroché un poste de chimiste cosmétiques à Saint-Barthélemy. »

« J’aime les challenges ! Je me suis toujours vue vivre autre part. »

« A Saint-Barthélemy, ce fut à nouveau une autre expérience, une autre ambiance. Dans cette île, un tiers de la population est portugaise. Je parlais donc tous les jours portugais. J’avais aussi une collègue dominicaine. Mon côté polyglotte est ressorti ! En plus, tout était à proximité, je pouvais pratiquement tout faire à pied. Les habitants étaient bienveillants, notamment avec les enfants, chaleureux. Ils sont bien différents des stéréotypes habituels véhiculés.

Ma mission était pour une durée déterminée, j’ai donc cherché et trouvé une autre opportunité. J’ai alors rejoint l’équipe commerciale des magazines de bord On air. Cela m’a plu, mais le Covid est passé par là. »

Et le Covid bouleversa tout. Et S. Bio Group naquit.

« Du fait de la crise sanitaire, j’ai décidé de rentrer en Guadeloupe. Je me suis posée beaucoup de questions. Je me suis formée en marketing digital, mais la chimie était toujours là. »

« Quand j’imaginais comment je me présenterais demain, je n’arrivais pas à perdre ma casquette de chimiste. Je ne pouvais pas changer de carrière. Je sentais qu’il y avait encore à faire dans la Caraïbe dans mon domaine. »

Jusque-là, tu avais toujours été salariée. Et voilà qu’en mars 2021, tu crées ton entreprise S. Bio Group. Raconte-nous.

«  S. Bio Group, c’est pour Sustainable Beauty Inside and Out. C’est une société de consulting en science cosmétique qui facilite la vie des entrepreneurs caribéens parce que nous comprenons leur réalité. C’est vraiment ce que je mets au coeur de mon entreprise : l’expertise, le conseil adaptés à notre réalité. »

« L’idée est une science cosmétique contextualisée et adaptée à ce que nous, Caribéens, avons comme réalité culturelle, parce que nous mettons nos savoirs ancestraux dans nos produits, mais aussi réalité climatique. Nous analysons le produit en tenant compte du contexte, pour adapter les tests, les conseils d’utilisation, afin qu’il soit conforme même sous nos conditions climatiques, qui nous donnent cette riche biodiversité.

Qui sont tes clients principaux ?

« Ce sont les entrepreneurs cosmétiques et les fournisseurs de matières premières. Souvent, ils sont confondus. Il y a tout de même une filière de fournisseurs qui est en train d’émerger. Je travaille dans toute la Caraïbe, cependant ma base restera en Guadeloupe, parce qu’il y a des choses à faire chez nous d’abord : structurer la filière cosmétique.

« Et il y a un avant, un pendant et un après Covid. On ne se pose plus la question de se poser quelque part physiquement comme avant. »

« J’ai des clients à Sainte-Lucie, en Dominique, Guadeloupe, Martinique, et cela ne pose pas de problème. Nous pouvons tout faire à distance, j’ai développé des outils bilingues, très documentés, pour ce faire. J’ai même mis en place un système d’analyse cosmétique via la visio. Les entrepreneurs cosmétiques aiment manipuler les produits, possèdent la créativité. Je les accompagne pour certains tests, ceux que nous pouvons faire à distance. Mes clients sont satisfaits de cette approche où ils continuent à maîtriser leurs produits. »

Qu’en est-il de tes partenaires ? Sont-ils caribéens ?

J’ai des partenaires dans les pays de commercialisation des produits cosmétiques de mes clients. J’accompagne à la gestion des tests cosmétiques, mais je ne possède pas de laboratoire de tests. Si c’est plus simple pour mon client à Trinidad ou dans une île proche d’envoyer le produit dans un laboratoire sur place, je peux lui recommander un de mes partenaires là-bas. Je facilite ainsi la vie à ma clientèle.

Je travaille avec des experts, notamment un toxicologue. Pour certains projets, je collabore avec Naïké Gustave, qui a un laboratoire de sous-traitance en Guadeloupe.

Impossible de ne pas parler de communication avec toi qui t’y intéresses ! Qu’as-tu mis en place ?

« C’était effectivement important pour moi que mon entreprise ait une vraie identité visuelle. J’ai fait appel à des experts, notamment à Sandra Cavaillès pour ma charte graphique. J’ai aussi choisi de mettre en place un site internet. Quand les gens ne te connaissent pas, il faut qu’ils puissent consulter un support de référence sur internet, au-delà des réseaux sociaux.

Cependant, je crois en les réseaux sociaux. J’aurais besoin d’un community manager, mais pour une jeune structure telle que la mienne, allouer un budget mensuel n’est pas évident. En attendant, j’ai décidé de lancer un compte Instagram et une page Linkedin. »

 

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Cariscos®, ce beau projet à l’échelle caribéenne !

En janvier 2018, avec la Guadeloupéenne Naïké Gustave, tu as créé la Caribbean Society of Cosmetic Scientists (Cariscos). Rappelle-nous les objectifs.

« Naïké Gustave et moi avons préparé Cariscos pendant un an, avec des réunions mensuelles sur ce par quoi nous voulions commencer, où nous voulions aller. Nous avons rédigé les statuts, effectué toute la paperasse administrative. Nous avons choisi un nom en anglais, parce que c’est la langue de la science, tout simplement. Et finalement début 2018, nous nous sommes enfin lancées. »

« L’idée est d’offrir aux Caribéens un espace d’échanges entre scientifiques cosmétiques. »

« C’était important pour nous d’amener ce réseau à l’échelle caribéenne, car nous croyons que nous sommes plus forts ensemble. Nous sommes petits et cela doit être une force.

Nous avons commencé cette aventure avec Nakisha Mark, une biochimiste originaire de Trinidad, passionnée de cosmétique, que j’avais rencontrée en Guadeloupe au 52e Congrès de la Caribbean Food Crops Society]. Elle a adhéré tout de suite au projet. »

Quatre ans plus tard, quel bilan ?

« Cariscos est devenu le réseau scientifique cosmétique de la Caraïbe. Et il grandit bien. Nous sommes devenus incontournables pour les interventions dans les écoles. Nous avions envie de transmettre nos expertises et nous le faisons beaucoup. Nous avons tellement développé ce pan que nous avons un format que nous dupliquons d’île en île pour présenter les métiers de notre domaine aux élèves. Nous avons conclu des partenariats avec College of Dominica, un lycée à Trinidad, etc. »

« Nous sommes passés de trois à 18 membres. Ce qui est important, c’est que nous avons 8 membres actifs et cela est exceptionnel ! »

« Nous avons réussi à fédérer. Nous avons 100% de passionnés par l’industrie cosmétique : des biochimistes, phytochimistes, toxicologues, ingénieurs en économie du développement et de l’environnement.

Nous avons une newsletter régulière, car oui, les scientifiques savent rédiger aussi. (rires) Nous mettons aussi en avant des scientifiques et/ou entrepreneurs caribéens chaque mois, notamment via notre page Linkedin. »

 

 

« Nous avons récemment sorti notre annuaire via lequel chacun peut trouver tous les domaines d’activités de l’industrie cosmétique, du fournisseur de matière première au distributeur. C’est une grande fierté pour nous, car c’est le fruit d’un an de travail.

La direction s’est imposée à nous. Nous avions un cadre, un plan. Nous ne sommes pas forcément dedans, mais nous sommes mieux, car nous nous sommes développés avec notre environnement caribéen. Nous avons un beau réseau, composée de Caribéens, également de la diaspora vivant ailleurs. »

« Nous voulons aller plus loin, en proposant des outils par exemple, afin que les membres soient toujours contents de faire partie de Cariscos. »

 

Un dernier mot, Addie ?

« Mon coeur va à la Caraïbe. Je ne suis pas née caribéenne par hasard. La vie m’a prouvé qu’il fallait que je reste en Caraïbe, car j’avais quelque chose à y faire. La Caraïbe me guide et me porte dans tout ce que je fais, dans mes projets professionnels et personnels. »

« Je suis très fière de pouvoir rendre à la Caraïbe dans mon domaine d’expertise. Mon souhait est vraiment qu’en terme de cosmétique caribéenne, nous soyons reconnus à notre juste valeur, car nous sommes riches ! La biodiversité est une vitrine, mais nous sommes encore plus riches que cela, dans ce que nous avons à transmettre. »  

« Je voudrais rendre tout ce que la Caraïbe m’a donné. »

 

Après de tels mots qui résonnent en moi, qu’ajouter de plus ? Merci, Addie. Et bonne continuation !

Photos Philippe Tirolien

Journaliste, consultante éditoriale, éditrice, je blogue sur ma région, ses acteurs et enjeux. Fière d'être une #caribbeanblogger depuis 2007. Je tiens une veille sur l'actualité caribéenne sur Twitter. Rejoignez-moi !

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