Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises d’Axelle Kaulanjan sur ce blog. C’est une amie de longue date, avec laquelle j’ai vécu un nombre incalculable de moments intéressants, enthousiasmants, en Guadeloupe, mais aussi à Paris, en Haïti, au Sénégal.
Ancienne journaliste et professeure, elle est une consultante en politiques publiques et coopération caribéenne connue pour ses compétences et ses écrits aussi. Elle a un vrai profil international, puisqu’elle a vécu et travaillé en Haïti, à Saint-Martin, pour de grandes institutions, organisations. J’aurais donc pu lui consacrer un MAXI format, ne serait-ce que par la richesse de son parcours et la pertinence de sa réflexion sur nos acteurs et enjeux caribéens.
Cependant, actualité oblige, j’ai décidé de l’interviewer pour son Décoloniser l’amour. Une reconquête de nous-mêmes, publié par les Éditions Nèg Mawon, sorti début décembre dernier.
« Le livre pose une affirmation forte : Ce que nous vivons dans nos relations amoureuses est traversé par l’histoire coloniale, les structures de pouvoir, et les récits dominants. Amour, mémoire, pouvoir, dignité, territoire : tout est lié. La poésie devient un espace de résistance, un lieu où l’on réapprend à aimer sans reproduire les schémas de domination. »

A noter qu’Axelle sera en dédicace à la Fnac de Milénis aux Abymes ce samedi 14 février. Allez-y nombreux ! Vous me direz ensuite ce que vous avez pensé de ce recueil de poèmes et d’aphorismes de 104 pages, que j’attendais avec impatience, puisque j’avais beaucoup apprécié le vibrant Fanm Total paru en 2022. Je n’ai pas été déçue, mais surprise par ce nouvel ouvrage et vous comprendrez pourquoi en lisant notre entretien.
Bref. La parole à Axelle, qui a fait preuve d’une belle franchise. Et je n’en attendais pas moins d’elle !

« L’inspiration de Décoloniser l’amour vient du cœur même de la Caraïbe, et en cela, mon livre s’inscrit dans la continuité de Fanm Total, qui était axé surtout sur le vécu de femmes de la Caraïbe. Cependant, ce nouveau livre est un projet beaucoup plus politique. »
« C’est de la poésie au service de la politique. »
« Je suis partie du constat suivant : au moment où la Guadeloupe se pose la question de son évolution institutionnelle et éventuellement statutaire, où l’on demande beaucoup plus de responsabilités locales, où l’on parle d’autonomie, il convient – avant cela – de mener un vrai travail sur nous-mêmes en tant qu’individus en termes d’estime de soi, mais aussi de dynamiques relationnelles, et particulièrement dans l’espace amoureux. Ce dernier est également, à mon sens, un territoire colonisé. En effet, les entreprises de colonisation, d’assimilation, mais aussi la sauvagerie, la violence du capitalisme, ont eu pour conséquence que nous, peuple de la Caraïbe, avons une perception de l’amour très violente.
Nous estimons que l’autre est une possession, ce qui explique beaucoup de relations conflictuelles entre hommes et femmes, entre personnes de façon générale. Quand on part du principe qu’on a un droit de vie et de mort sur l’autre, que l’autre doit plier à des violences psychologiques, financières, physiques, on ne peut pas être dans un modèle sociétal où les gens sont heureux et encore moins épanouis et en capacité de prendre des responsabilités politiques. »
J’ai eu le sentiment que Fanm Total portait sur le sentiment amoureux, teinté de colère, d’amertume, de rage. Et là, cela semble différent…
« Oui, mon précédent ouvrage relevait de la rage. C’est encore le cas pour Décoloniser l’amour, sauf que cette rage est polyphonique et surtout, comme l’autrice afro-américaine Brittney Cooper le disait, elle est éloquente. »
« Je ne voulais pas d’une rage brute, qui soit juste de la rage. Elle devait servir à quelque chose. C’est pourquoi l’une des différences majeures entre mes deux livres est que Décoloniser l’amour est plus brutale dans certaines expressions, même si j’ai voulu tendre à plus d’apaisement, de réconciliation, interroger ces dynamiques interpersonnelles pour aller vers le ‘sens du pays’ et beaucoup plus de responsabilités, comme disait Raoul Cyril Serva (ndlr : professeur de philosophie et intellectuel guadeloupéen). Fanm Total est beaucoup plus doux dans l’expression, mine de rien. »

Ce n’est pas ce que j’ai ressenti. Pour moi, Fanm Tota létait comme un coup de poing en pleine figure, avec des mots marquants. J’ai trouvé Décoloniser l’amourmoins fort, même si beaucoup de poèmes sont très puissants. Est-ce peut-être lié au format des aphorismes que tu as introduit ? Est-ce que ces réflexions, explications n’ont pas apporté un côté chaud/froid qui rend l’ouvrage moins percutant ?
« Comme dirait Hegel (ndlr : philosophe allemand), c’est la dialectique. (rires) C’est toujours intéressant de discuter d’un ouvrage. Pour moi, en tant qu’autrice, j’ai l’impression que Décoloniser l’amour est plus violent, à cause du contexte dans lequel je l’ai écrit, mais aussi la façon dont il est sorti de moi. Toutefois, il y a aussi la façon dont le public le reçoit. Cela confirme qu’une fois que le livre est donné à l’appréciation des lecteurs, il ne nous appartient plus. C’est ce que le public va en faire qui compte et qui est intéressant.
Concernant les aphorismes, ils font partie d’un ensemble avec l’avant-propos, la préface de Didier Destouches (ndlr : universitaire et artiste guadeloupéen). Mon première métier fut professeur de philosophie. Cela me poursuit. C’est une façon de réfléchir qui m’a structurée depuis le début et qui continue à le faire pour ma vie intellectuelle, ma production. J’ai toujours en mémoire les œuvres de Nietzsche qui ont inspiré cette structuration entre poèmes et aphorismes. Il disait qu’il voulait philosopher à coups de marteau, en proposant des textes très rythmés, imagés, et accompagnés d’aphorismes qui pouvaient alimenter la réflexion avec des termes conceptuels. »
« Ce format de poèmes et d’aphorismes est en parfaite harmonie avec qui je suis, une personne très artistique avec la poésie qui me permet d’explorer et de transgresser la langue et une personne très philosophique qui introduit de la réflexion, de la théorie, du concept. Je fais preuve de plus de sagesse. »
C’est une vraie évolution qui m’a surprise, mais que j’ai appréciée. Je me suis tout de même dit : elle nous a vendu un recueil de poèmes et maintenant elle fait de la politique… (rires) Néanmoins, plus j’avançais dans ma lecture, plus je trouvais cela intéressant. Dans cet ouvrage, il y a plus de respirations, grâce aux aphorismes que dans le précédent.
Français, anglais, créole…
Dans Décoloniser l’amour, plusieurs langues se côtoient. Est-ce lié à tes voyages, tes séjours à Saint-Martin, en Dominique, notamment ?
« J’ai été inspirée par l’essence de la Caraïbe. Quand j’habite dans un territoire, je ne me contente pas d’être juste de passage, de travailler, de prendre de l’argent et ensuite de partir, comme le font certains néo-colons. Je m’ y investis, je me documente, je rencontre les gens et surtout j’apprends la langue en essayant de comprendre toutes les représentations symboliques, ce qu’elle provoque en termes d’affects chez les gens. Lorsque je vis dans un territoire, je m’en imprègne et c’est une façon de respecter les gens qui m’accueillent, dans le cadre du travail, de recherches artistiques ou autres. »
« J’ai écrit Décoloniser l’amour entre Saint-Martin, la Guadeloupe, la Dominique (beaucoup) et le Canada (la Gaspésie, le Québec Atlantique et le Nouveau-Brunswick). »
« Le Québec Atlantique et le Nouveau-Brunswick ont en commun avec la Dominique que beaucoup de communautés autochtones y vivent. Je suis beaucoup allée à leur contact, ce qui m’a renvoyé au contexte néo-colonial dans lequel nous vivons dans la Caraïbe française. Je n’ai pas peur de le dire. J’ai pu aussi mesurer combien les dernières communautés indigènes en Dominique – les kalinagos – ont été préservées, d’autant qu’en plus qu’à travers mes recherches, j’ai découvert que j’avais un bisaïeul kalinago (le grand-père de ma grand-mère maternelle), qui s’est réfugié à Anse-Bertrand, territoire kalinago bis. »

Entrons plus avant dans les coulisses
Combien de temps t-a-t-il fallu pour rédiger Décoloniser l’amour ?
« De mémoire, j’ai écrit le tout premier poème pour le carnaval saint-martinois en février 2024. C’était une demande faite aux membres de l’association d’écrivains et de poètes à Saint-Martin, dont je fais partie. Je me suis dit que je ne pouvais rédiger ni en français, ni en anglais britannique. J’ai donc écrit en saint-martinois ‘Bacchanal body’ (ndlr : p.33 du recueil). Puis, j’ai continué à produire d’autres textes… Cependant, je n’avais pas encore le projet de Décoloniser l’amour en tête.
Quand je suis partie au Canada, en mai 2024. Je suis allée voir mon amie, Mélanie, en Gaspésie, qui travaillait au contact des communautés autochtones. Elle m’a expliqué tous les actes de la colonisation qu’elles ont subis : addictions, violences envers les femmes, conflits relationnels entre hommes et femmes… Je me suis dit : cela n’est pas possible, cela nous ressemble tellement ! C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à écrire, de façon consciente, Décoloniser l’amour. »
« J’ai eu besoin d’un an. Au dernier moment, alors que le manuscrit avait déjà été validé, j’ai appelé mon éditeur en catastrophe en juillet 2025, pour lui demander d’ajouter 4 pièces. »
Comment as-tu travaillé ?
« J’ai l’habitude de produire des articles de presse, des tribunes, des études, et je suis très organisée. Par contre, pour la poésie, c’est très particulier, plus chaotique. Je n’ai pas de méthode spéciale. Parfois, face à la page blanche, il n’y a rien à faire… Toni Morrison disait que, quand on veut bien écrire, il faut parfois déposer la plume, le carnet et sortir vivre. C’est comme cela que j’ai travaillé : j’ai beaucoup vécu, voyagé, je me suis laissée traverser par des idées qui me semblaient évidentes. Je suis aussi restée attentive aux affres de la colonisation et du capitalisme dans le cercle relationnel. »
« Je travaille beaucoup par l’observation. J’écoute de la musique. Les moments d’écriture sont assez intenses. Je travaille avant l’aube comme Toni Morrison, car j’ai deux enfants. J’écris donc très tôt le matin ou très tard le soir. »
Comment as-tu élaboré la structure ?
« Une fois que le titre et la philosophie de l’œuvre étaient trouvés, l’organisation était claire. Il y a des mouvements évidents dans le livre. Je ne peux pas parler de politique, de retour à soi, sans explorer l’estime de soi, les traumas intergénérationnels et surtout pour nous, femmes caribéennes, nos relations avec nos mères, nos grand-mères.
Cependant, quand j’écris, je ne me dis pas que ce texte est pour cette partie ou celle-là. J’écris comme cela vient, en fonction de l’inspiration, de ce que j’observe… »
« Je pense qu’on provoque l’inspiration en se mettant dans des situations pour pouvoir voir, entendre un certain nombre de choses. C’est important. J’ai favorisé un certain type d’endroits, de musiques, de relations… Tout cela nourrit l’art. »
Comment cela s’est passé avec les Edition Nèg Mawon ?
« J’ai proposé à mon éditeur la première version de mon manuscrit en novembre 2024. Elle n’avait rien à voir avec le résultat final. Il m’a répondu assez vite positivement. Le titre du livre leur a parlé, car cela concordait avec son objectif de favoriser l’écriture de qui nous sommes, nous Caribéens. Une assistante d’édition m’a fait des retours, mais la maison d’édition m’a laissé une grande liberté en termes de timing.
J’ai informé mon éditeur de ma décision de ne pas me présenter aux élections municipales de 2026. Toutefois, je souhaitais que ce livre sorte avant fin 2025, afin qu’il ne soit pas noyé dans la campagne. Il s’agit quand même d’un livre politique et je ne voulais pas qu’il en soit fait des lectures biaisées à cause des élections. »
« J’avais des messages à faire passer qui n’ont rien à voir avec la municipalité, avec mon engagement citoyen. Ou plutôt, qui ont tout à voir, mais sans qu’il y ait une dynamique guidée par des visées électorales. »
« J’estime que je suis très chanceuse d’avoir cette liberté éditoriale et en termes de calendrier. J’ai été choyée par les Editions Nèg Mawon, qui m’ont très bien accompagnée, pour les corrections, la mise en page. Ils ont été extraordinaires, attentifs à mes besoins d’autrice, mais aussi d’experte engagée qui travaille dans la Caraïbe sur ces questions. »
Revenons au contenu : peux-tu nous expliquer, Axelle…
Après cette plongée dans les coulisses, parlons de certains points de l’ouvrage qui m’ont particulièrement interpellée. Je cite : ‘Décoloniser l’amour commence en nous, en cultivant un espace intérieur où notre propre valeur est inaliénable.’ (p.29) / ‘Résister, c’est offrir l’amour comme remède aux marques du passé, pour que la guérison devienne une puissance partagée, un chemin vers l’avenir.’ (p.39)
Tu as parlé de recueil politique, mais j’y ai vu d’abord du développement personnel, du fait des aphorismes.
« Je suis consciente que cela peut ressembler à certains discours de développement personnel. Cependant, mon œuvre est avant tout politique. La polis est composée de citoyens en capacité d’analyser, de comprendre. Il faut avoir cette intelligence émotionnelle, qui peut être qualifié de développement personnel, au titre le plus noble du terme.
La philosophie, mère de toutes les sciences, manque cruellement au débat public. Je ne fais rien de plus rien de moins que ce que tous les philosophes depuis l’Antiquité grecque faisaient, en reprenant leurs formulations. Ils ont été remplacés aujourd’hui par des auteurs, des influenceurs en développement personnel, mais ils n’ont pas la dimension d’esprit critique. »
« Je fais de la philosophie, de la science politique, avant tout, appliquées à l’espace personnel, interpersonnel, avant de devenir politique. »

Autre point : les textes qui m’ont le plus plu sont ceux où le côté politique est moins affirmé, où on retrouve le mordant de Fanm Total. Mon poème préféré est FLECH KANN, FEMME-MONDE (p.27). Comment en as-tu eu l’idée ?
« Je ne sais pas comment cela est venu… Je suis une fille de la campagne, du Nord Grande-Terre, d’un bassin cannier. A côté de chez mes parents où j’ai vécu une grande partie de mon enfance, mon adolescence, il y a des champs de cannes. J’ai vu l’évolution de ces champs, avec la floraison, les majestueuses fleurs de cannes. Comme beaucoup de personnes proches de la nature, d’agriculteurs, j’aime observer la nature. J’ai noté que depuis l’arrivée de certains intrants, en termes de pesticides, les ‘Flèch Kann’ sont de moins en moins fournies, argentées, épanouies. Néanmoins, elles sont toujours bien là. Elles marquent ainsi le paysage, en début et fin d’année. Elles restent un marqueur très fort. J’ai été marquée par le contraste avec celles présentes en Dominique, dans le territoire kalinago et dans celui de Wotten Waven, où se trouvent les sources d’eau chaude. Elles y sont magnifiques, bien fournies, car ce sont des terres sans pesticide. Ces ‘Flèch Kann’ sont comme nous, femmes du Nord Grande-Terre, qui sommes riches de nombre d’histoires, qui avons pris des coups, mais qui sommes toujours là. Cela me parle. »
Un autre poème qui a retenu mon attention : ZENDYÈN LA(p. 31) : ‘Koolie, Malaba, Kalkata ! Pou vou an sé tousa, Zendyèn la !’ Tu abordes un sujet qui n’est que très rarement abordé : la discrimination anti-indienne.
« Cela faisait longtemps que j’avais envie de le dire ! Je parle d’expériences vécues et re-vécues. On aime dire chez nous que la Guadeloupe est multiculturelle… Je vais être très directe sur ce point.
Je n’ai jamais ressenti dans mon enfance que j’étais une Guadeloupéenne à part, du fait de mon métissage, de mon indianité très visible, ne serait-ce que par mes cheveux. Tellement d’autres personnes me ressemblent en Guadeloupe qu’il n’y avait jamais eu de sujet. J’ai un nom à consonnance indienne qui n’avait jamais été un sujet.
Par contre, quand je me suis engagée dans la vie professionnelle, politique, là, je me suis rendue compte que c’était devenu un sujet. »
« Lorsque je me suis présentée à la mairie de Petit-Canal en 2020, lors de la pré-campagne et la campagne, j’ai entendu des paroles extrêmement malheureuses, du style : ‘Une indienne, maire de Petit-Canal, jamais !’ On aime bien les voix de la communauté indienne, des gens d’ascendance indienne, mais c’est tout. »
« J’ai entendu un autre propos violent : ‘Si Zendyènn la-sa rantré an lanméri la, lanméri la ké santi bouk !’. Ce sont des propos que des gens ont dit en conférence publique, tandis que d’autres en rigolaient ou applaudissaient. Nous étions en 2020 à Petit-Canal, en Guadeloupe. Quand on sait l’importance des travailleurs engagés indiens dans la construction de la Guadeloupe, on ne peut pas accepter de tels discours !
J’ai mis du temps à mettre des mots là-dessus, à en parler publiquement, parce que cela touche à mon identité et cela fait mal. J’ai réalisé que cela faisait souffrir ma grand-mère indienne qui a vécu cette discrimination anti-indienne, alors que nous sommes guadeloupéens depuis six générations et que nous participons à construire ce pays.
Je me suis retrouvée à être plus attentive à cette discrimination et je me suis rendue compte qu’on aimait bien les Guadeloupéens d’origine indienne dans le monde des affaires. Ils sont reconnus pour leur loyauté, leur attachement à la terre qui permet de sauvegarder le foncier, alors que d’autres Guadeloupéens vendent aux étrangers. Toutefois, quand il faut les mettre en responsabilité politique, professionnelle (dans des institutions, des entreprises), cette discrimination qui ne dit pas son nom revient encore d’une façon ou d’une autre. Ce comportement s’explique notamment par notre histoire : le diviser pour mieux régner. Si on n’en est pas conscient, on l’intègre et on en fait un mode de vie. »
Enfin, je me dois de faire un clin d’œil à l’aphorisme 36 : La puissance du kounyamanman (KNMM) (p. 73). Cela me rappelle bien sûr certaines de nos conversations. Je ne m’y attendais pas ! Merci pour la lecture spontanée, Axelle.
Ecrire, écrire, écrire
Tu n’arrêtes jamais. Que nous prépares-tu ? Quel sera ton prochain ouvrage ?
« Je finis le dernier chapitre du premier roman non pas que j’ai écrit mais que je souhaite voir publier. C’est un écho à Décoloniser l’amour, parce que je raconte une histoire d’amour décolonial, avec énormément de violences structurelles dont nous avons hérité à travers les génocides, l’esclavage, la colonisation et aujourd’hui le déclassement, la fuite des cerveaux, le changement climatique et les catastrophes naturelles. »
Un dernier mot pour conclure
« Ce livre est un appel à se réveiller. La Guadeloupe est à un tournant politique majeur et si nous ne parvenons pas à nous entendre, à faire société, à adresser certains traumas interpersonnels, intergénérationnels, nous ne pourrons pas construire une Guadeloupe forte. »
Merci Axelle pour cet échange très riche et pour cet ouvrage qui invite à la réflexion sur des sujets sensibles, à se remettre en cause et à poser un autre regard sur soi-même, sur les autres, sur la société guadeloupéenne, caribéenne. J’ai pris plaisir à le lire, j’ai été émue par de nombreeux poèmes, qui ont fait écho à des interrogations, des souffrances passées. J’ai aussi ri, parfois. En résumé, je vous recommande Décoloniser l’amour.
Photo de couverture, 2 et 3 : Cédrick Isham Calvados
Visuel de la couverture du livre : Chouboutouiba Cozier Frederick



