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Souvenez-vous. Début décembre, je publiais un billet intitulé « TEDxFasoKanu, le rêve d’une Malienne inspirée par une Guadeloupéenne ». J’y expliquais comment Malika Danican, une jeune Guadeloupéenne (à gauche sur la photo de couverture), organisait avec la Malienne Koudédia Konaté (au milieu) et la Franco-Sénégalaise Amandine Mure-Ravaud (à droite) une grande conférence TEDx à Bamako, une première au Mali.

Le 22 décembre, TEDxFasoKanu a bien eu lieu. Huit intervenants, en majorité des femmes, ont livré des talks (conférences dynamiques de quelques minutes) sur ce thème à la fois simple et prometteur : « Notre potentiel ».

Je ne pouvais manquer de recueillir et partager les impressions de Malika Danican, quelques semaines plus tard. Elle raconte.

« C’était une très belle expérience dans la mesure où nous avons eu des conférenciers de qualité. »

«  Nous avons eu à effectuer un important travail de préparation avec eux, car, bien que toutes et tous soient éloquents, la formule était nouvelle (ndlr : discourir debout, face au public parfois peu familier avec leur sujet, suivant le format de TED). Cependant, j’ai aimé le fait qu’ils se soient prêtés au jeu et investis.

Nous avons eu la chance et l’honneur de rencontrer des hommes et des femmes extraordinaires et passionnés. Ensemble, nous avons préparé chacune des conférences, choisi les titres des talks. Je crois que cela a donné une teinte particulière à cette édition. »

« TEDxFasokanu a résulté d’un travail d’équipe remarquable et cela a donné une teinte humaine, patriote, à cet événement. En effet, les conférenciers avaient tous à coeur le développement de leur pays. »

« Chacun, dans son domaine, avait sa façon de voir les choses. Certains ont avancé des points de vue plus personnels, d’autres plus techniques. »

Les huits intervenants avec les trois organisatrices de ce TEDx. Crédit photo : TEDxFasokanu.

Mes 2 talks coups de coeur

Après avoir échangé avec Malika Danican, j’avais encore plus envie d’aller voir tous ces talks, disponibles gratuitement sur Youtube.

Bien sûr, certains talks m’ont plus interpellé que d’autres, compte tenu des thèmes.

Le premier est celui d’Issam Cheleuh, intitulé « Une Afrique sans visa ».

Issam Cheleuh est « co-fondateur de l’incubateur Impact Hub Bamako qui accompagne les start up et entreprises maliennes dans leur stratégie d’entreprenariat social. Il est également co-fondateur et manager à Suguba et est le fondateur d’Africa Impact Group qui agit en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Après des études en Finance et comptabilité à Boston, il obtient un certificat en capital-investissement et capital à risque privés de la Harvard Business School.

Son engagement depuis plus de 10 ans dans l’entreprenariat et les initiatives d’investissement avec impact (« impact investing ») en Afrique lui ont valu d’être reconnu par le magazine Forbes comme l’un des 30 Entrepreneurs les Plus Prometteurs en 2014, 2015 et 2016. ». (présentation par l’organisation de TEDxFasokanu)

La conférence qu’il a livrée lors de TEDxFasokanu est vraiment intéressante. Comme le souligne Malika Danican, « dès les premières secondes, il captive le public, en racontant son parcours ». Et ce dernier est vraiment exceptionnel.

Néanmoins, ce qui m’a le plus intéressé, c’est la proposition faite par Issam Cheleuh : une Afrique sans frontière, avec des échanges à l’intérieur du continent favorisés.

« Il y a une politique de développement qui est tellement simple à mettre en place mais qui aura un impact géant sur le développement. C’est une Afrique sans visa. »

Cela m’a fait penser à toutes ces problèmes de visa dans la Grande Caraïbe. Combien de Caribéens n’ont pas pu se rendre dans un territoire à quelques minutes d’avion à cause d’un visa non accordé ! 

Regardez ce talk, car il invite à se questionner et propose aussi des solutions intéressantes.

Le second talk que j’ai retenu est « Souffrir pour être femme » de Mariam Diallo.  

« Diplômée de sciences politiques de l’Université de Montréal, Mariam Diallo Drame oeuvre pour la promotion de l’égalité des genres, du droit et du bien-être de la femme et de l’enfant. Elle est actuellement Présidente de l’Association Femmes Leadership et Développement Durable (AFLED), agissant depuis 2010 pour le renforcement de la résilience des femmes africaines dans un contexte de justice climatique.

Mariam Diallo a participé en 2010 au premier Forum des Jeunes Leaders Africains (Young African Leaders Initiative) en présence de l’ex-Président américain Barack Obama à Washington. Parmi ses nombreux engagements, elle est membre du Conseil Consultatif d’ONU Femmes et a obtenu un Certificat Women and Power à la prestigieuse Université de Harvard Kennedy School of Government. Son parcours d’excellence a été récompensé par une Médaille du Mérite de la jeunesse octroyée par le Gouvernement malien en 2015. » (présentation par l’organisation de TEDxFasokanu) 

Via son talk pour TEDxFasokanu, Mariam Diallo a réussi à toucher, sensibiliser, au-delà des attentes. Malika Danican relate :

« Le premier jour où Mariam Diallo nous l’a présenté, les hommes qui étaient présents ont versé une larmes. Je m’en rappelle encore, nous avions eu des frissons. Le TED de Mariam est un singulier cœur à cœur avec le public. C’était vraiment beau. »

Je vous invite vraiment à regarder son appel poignant, qui n’est pas sans rappeler des problématiques touchant également les femmes caribéennes.

 « Il faut qu’on arrête de penser que les hommes sont supérieurs aux femmes. Il faut que les hommes acceptent de partager leur super puissance avec les femmes. Il faut absolument changer ce regard des hommes et ce système patriacal de notre société. » – Mariam Diallo lors de TEDxFAsokanu 2017

Il y a dans ces deux conférences de TEDxFasokanu, mais aussi dans les 6 autres, des propos forts, pertinents, émouvants, édifiants, qui ne peuvent que toucher les Caribéens, et plus généralement des habitants aux quatre coins du monde !

Quelques couacs, mais tant d’inspiration

L’organisation de cette première conférence au Mali n’a pas été un long fleuve tranquille. Malika Danican a notamment évoqué les difficultés techniques, si bien que le son et le rendu visuel de certaines vidéos ne sont pas aussi excellents que l’organisation l’aurait souhaité.

« Ça été un challenge de faire avec les ressources humaines et techniques sur place. Il s’agissait d’un format nouveau. Cela n’a pas été facile. »

Toutefois, les conférences sont si puissantes qu’il est aisé de faire l’impasse sur cela. Mises en ligne il y a seulement quelques jours, les vidéos enregistrent déjà des dizaines de vues.

« Il y a eu un réel impact local, national. Maintenant, nous sommes curieux de savoir quel sera l’impact international dans les prochains mois, voire années. Dans quelle mesure cette édition aura permis à certains de voir et concevoir les choses différemment ? »

« L’idée de faire un TEDx est de toucher les gens au-delà des frontières maliennes. »

A la fin de mon échange avec la jeune femme, je lui ai, bien sûr, posé la question de la suite.

« Une initiative à l’instar de TEDxFasoKanu a définitivement sa place au Mali. Ça été un honneur pour nous d’intervenir à titre de pionniers. J’espère de tout cœur que de tels projets jailliront par la suite, car les Maliens ont sans aucune hésitation des idées qui valent la peine d’être diffusées. » – Malika Danican

Bonne continuation à TEDxFasokanu !


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