Comme je l’ai annoncé dans un précédent billet, j’ai assisté le 9 avril dernier à la réunion de lancement de Youth Women Win, projet de l’association guadeloupéenne Arrimage Good’îles.

Celui-ci vise à encourager l’entreprenariat féminin, en oeuvrant pour que les jeunes femmes (de 16 à 30 ans) en difficulté puissent être mieux accompagnées par des structures locales dans le cadre d’une création d’entreprise.

Dans la salle polyvalente de la médiathèque du Gosier, étaient réunies une quinzaine de personnes représentant différentes structures concernées du fait de leur action (de près ou de loin) en la matière en Guadeloupe (Mission locale, Adie, école régionale de la 2e chance, AFD, associations), mais aussi deux partenaires du projet Youth Women Win venus de Belgique et de Madagascar.

Des échanges entre les participants, j’ai retenu quatre points principaux.

1. Les femmes manifestent une forte volonté de créer

86 % des personnes accompagnées par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) Guadeloupe dans le cadre d’une création d’entreprise sont des femmes. La statistique livrée par les représentants de l’Adie à cette réunion laisse transparaître combien les femmes sont de plus en nombreuses à créer des entreprises. Les participants ont tous souligné combien ces dernières faisaient preuve d’une grande volonté en la matière.

Plusieurs explications ont été avancées :

  • les femmes sont les plus touchées par le chômage. La création d’entreprise est un moyen de créer leur propre emploi ;
  • beaucoup ont déjà une activité, mais dans le secteur informel. La création d’entreprise est un moyen d’améliorer leur statut, d’acquérir une certaine stabilité.

2.  Les femmes font face à de multiples difficultés avant même la création

Créer une entreprise, certes, mais beaucoup de femmes doivent résoudre différentes problématiques avant même d’avoir lancer leur activité. Trois ont été particulièrement mises en avant lors de cette réunion :

  • faire garder des enfants : difficulté de trouver des places en crèche ou autres
  • se déplacer
  • accéder à la formation, participer aux ateliers de création d’entreprise.

Des difficultés liées, bien sûr.

3. Beaucoup de femmes ne pensent pas pouvoir créer

Autre point souligné par les participants, notamment par une responsable d’association qui oeuvre auprès des jeunes des quartiers populaires : « Créer une entreprise, c’est quelque chose qui apparait inaccessible pour les jeunes femmes ». A cause des difficultés évoquées précédemment, mais aussi parce qu’elles n’ont tout simplement pas le sentiment de pouvoir le faire.

La nécessité de davantage communiquer sur les femmes qui entreprennent et réussissent a été évoquée. La question du mentorat de femmes porteuses de projet par d’autres déjà chefs d’entreprise également.

4. Les femmes ayant la volonté d’entreprendre ont besoin d’accompagnement

Lorsqu’une femme rencontre les difficultés énumérées ci-dessus, comment pourrait-elle avoir envie de créer ? Comment faire pour qu’une jeune femme qui élève seule ses enfants puisse se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat ? Quelles sont les solutions ? Certes, il existe des structures comme l’Adie qui vont à leur rencontre, leur apporte conseils et soutiens financiers.

Cependant, compte tenu de la multitude des cas, des problématiques, cela n’apparait pas suffisant. C’est ce constat qui a motivé le développement du projet Youth Women Win. Pour rappel, l’objectif de ce projet est « de mettre à la disposition des opérateurs locaux intervenant auprès des jeunes en difficulté d’insertion, une palette d’outils de formation, de pratiques, de conseils méthodologiques innovants qui ont démontré leur efficacité pour développer l’esprit d’entreprise des jeunes femmes en difficulté dans des contextes similaires internationaux ».

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