Billet publié le 13 décembre 2012 sur mon précédent blog et faisant le bilan de l’« expérience » commune que ma co-auteure Axelle et moi avons vécue autour de notre ouvrage journalistique, « Abécédaire LKP – Clés analytiques et critiques du mouvement » (Editions Ibis Rouge).

En rouge, mes mots / En noir, les mots d’Axelle

Communication

Je suis une journaliste de presse-écrite et web. La radio et la télévision, ce ne sont pas vraiment mes points forts. Alors, je peux l’avouer volontiers, j’appréhendais un peu la période de communication, de promotion du livre. Heureusement, Axelle a beaucoup d’expérience en la matière et j’ai pu bénéficier de ses précieux conseils.

Confraternité

L’exercice de promotion m’a aussi permis de revoir des confrères que je connaissais déjà, mais aussi de faire de nouvelles connaissances. Je pense ici à Franck Aristide de Guadeloupe 1ère radio, Jean-Jacques Seymour de Tropiques FM, Guy Registe de Télé Sud, Karl Sivatte de Martinique 1ère Radio. J’ai aussi eu le plaisir de rencontrer Barbara Olivier, Gora Patel de France Ô, Patricia Drailine qui anime « Des mots et débats » sur Télé Sud, Pheel et Kelly d’Afrika 1, ainsi que Max et Samba de « Bienvenue chez Oam » sur Radio Paris Plurielle. J’avais particulièrement apprécié cette dernière émission parisienne, car elle m’a rappelé mes débuts dans une radio associative, il y a bien des années.

Elie Domota

Novembre 2008. Je suis secrétaire générale de la rédaction-journaliste de l’hebdomadaire régional Sept magazine, en Guadeloupe. Dans le cadre d’un dossier sur les prix des carburants très élevés pour le magazine, je joins au téléphone Elie Domota, alors secrétaire général du premier syndicat de la Guadeloupe, l’UGTG, et l’interroge sur la question. Je ne connais pas du tout l’homme, mais je sais que l’UGTG travaille sur ce sujet. Le ton est ferme, véhément, déterminé. L’échange me marque, l’impression reste.

Septembre 2012. L’« Abécédaire LKP » en librairie, nombre de personnes me demandent ce que le collectif, et donc Domota, en pense. Je ne peux pas leur répondre, car je n’en sais rien. Certains me demandent même si je ne crains pas leur réaction. Pas du tout, leur dis-je. Et d’ailleurs, avec l’accord d’Axelle, je décide d’aller au local de l’UGTG lui remettre en personne un exemplaire. L’homme m’accueille avec le sourire, m’explique qu’il est content que je sois venue, qu’il garde tout ce qui sort sur le LKP pour plus tard. Et surtout, il m’explique qu’il pense que nous avons toute la légitimité d’écrire sur le LKP, vu que nous avons couvert le mouvement, que nous leur avons posé des questions, pour mieux comprendre.

Félicitations

Je ne peux pas dire combien de paroles de félicitations j’ai reçues, mais je peux dire qu’il y en a eu beaucoup et cela continue. J’en profite pour remercier toutes ces personnes pour leur soutien et leurs chaleureux propos. Fos !

Guadeloupe

C’est d’abord l’amour de la Guadeloupe qui m’a poussé à co-écrire ce livre. Ce pays est trop complexe, trop riche, pour que la journaliste guadeloupéenne que je suis se contente de voir son histoire écrite ou tracée par des reportages tendancieux de certaines personnes qui n’y comprennent rien et se contentent de clichés.

Lassitude

Il nous a fallu un an de travail de recherche, de vérification des informations, d’écriture, de relecture et de correction pour parvenir à cet ouvrage. Un an à parler du LKP, à écrire sur le LKP, à suivre l’actualité du LKP. Et avant cela, depuis fin 2008, nous faisions déjà la même chose, écrire des articles sur le collectif, d’abord sur les préparatifs de la manifestation, puis les 44 jours de mobilisation, l’après-mobilisation, etc. Alors, naturellement, il y eut un moment – de juin à août 2012 – où je ne pouvais plus en entendre parler, du LKP, du livre. Juste, une grande lassitude. Le besoin d’une pause. Et puis, une fois le livre imprimé entre les mains, l’envie est revenue.

Légitimité

Certes, Mylène et moi sommes jeunes et nos carrières journalistiques sont encore à construire. Mais, j’ai trouvé en elle une grande professionnelle avec la rigueur et la déontologie que je m’efforce de respecter dans l’exercice de mon métier de journaliste. De plus, nous avons effectué un travail de longue haleine, sur le terrain. Cela a montré à des personnes qui voudraient nous réduire à des « petites jeunes », que nous disposons de toute la légitimité nécessaire pour parler de ces événements. Par ailleurs, nous sommes Guadeloupéennes, et cela aussi nous confère la légitimité – s’il en fallait – de parler, de façon éclairée et consciente de notre pays.

Organisation

De l’écriture à la promotion, toutes les étapes de la vie de ce livre ont requis une organisation quasi militaire ! Entre Mylène au Canada, ou moi à Paris, et j’en passe, il nous a fallu tout tenir de mains de fer. En ce sens, je suis ravie que Mylène et moi ayons un sens de l’organisation compatible.

Partisan

La question qui, il me semble, nous a le plus été posée par nos confrères, par des anonymes, est : Est-ce un livre partisan du LKP ? Réponse : Non. Nous sommes des journalistes professionnelles, nous avons écrit un livre journalistique. Point. L’objectivité n’existe pas, l’honnêteté oui. Nous avons présenté et analysé les faits de manière honnête. Nous avons voulu tout aborder, notre seule limite étant notre volonté de ne pas faire un livre trop volumineux. Nous avons aussi fait attention à équilibrer le nombre de pages entre le LKP et les autres acteurs du mouvement, à choisir nos mots et expressions pour bien rendre compte des faits.

Rencontres

Depuis que je suis journaliste, c’est la première fois que j’ai eu l’occasion de réellement rencontrer mes lecteurs (réseaux sociaux mis à part). Le premier à rendre cela possible fut le slameur TiMalo, auteur d’un concept album « Dé Moun », avec comme fond les 44 jours de grève générale menée par le LKP. Alors que j’assurais la promo parisienne de l’Abécédaire LKP, il m’a proposé des « Regards croisés sur le LKP ». Il s’agissait de comparer l’approche journalistique et artistique d’écriture sur le mouvement. Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié ces rencontres. Les débats ont été très animés et, près de 4 ans après les 44 jours, les problématiques de l’époque restent encore d’actualité et font encore vivement débat. De plus, l’approche de TiMalo est très intéressante, car elle permet de révéler des émotions  ambivalentes suscitées par la grève générale. La première édition de ces « Regards croisés » a eu lieu à la Maison de l’Afrique, le 10 octobre, et la seconde, le 22 novembre, à la Médiathèque du Gosier. En Guadeloupe, Mylène nous accompagnait aussi. J’en profite d’ailleurs pour remercier David Gakunzi, d’avoir été un hôte si bienveillant, à Paris. Merci aussi à la dynamique Gilda Gonfier, qui fait un excellent travail d’animation à la Médiathèque Raoul Georges Nicolo. J’ai apprécié ces rencontres avec les lecteurs, et espère avoir de nombreuses occasions de les renouveler. 

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