La Grande Caraïbe expliquée, analysée et racontée autrement
Beau succès pour Guadeloupe Tour, premier séjour universitaire d’immersion organisé par Foodîles Agency

Fin juillet, Foodîles Agency, entreprise spécialisée dans les projets culinaires que j’ai créée avec Jessica Brudey, a organisé son premier Guadeloupe Tour. Le concept : un séjour d’immersion centré sur la food, les acteurs du monde culinaire.
Cette opportunité est née de la rencontre entre Nyya Toussaint, un étudiant de la Kimberly Green Latin American and Caribbean Center de Florida International University (FIU) et Jessica Brudey, présidente de Foodîles et Foodîles Agency. Il l’avait interviewée l’an dernier dans le cadre de son mémoire en préparation.
Il a parlé à Liesl Picard, professeur au sein de ce Centre, de l’intérêt d’organiser un séminaire professionnel interdisciplinaire en Guadeloupe, pour permettre à des étudiants d’en apprendre plus sur notre cuisine, nos traditions, nos cultures. Elle, qui avait déjà visité la Guadeloupe, est tombée d’accord avec lui. Ils nous ont contactés et nous avons de suite été enthousiastes.
Après des mois de travail avec eux pour concevoir le Tour, sélectionner les intervenants locaux, peaufiner les moindres détails du séjour, nous avons bouclé le projet. Ainsi est né Guadeloupe Tour : Foodways & Rituals: Guadeloupe, organisé du 30 juillet au 9 août.
Jessica et moi avions une grande pression car nous voulions vraiment que tout se déroule au mieux. Nous sommes donc très fières que le projet se soit concrétisé avec succès, en répondant aux attente des participants venus de Miami.
Un séminaire universitaire converti en enquête de terrain
Guadeloupe Tour reposait sur 9 participants venus de Floride – 7 étudiants (restauration, hôtellerie, culture) et 2 enseignants, accueillis pendant 11 jours par l’équipe de Foodîles Agency.
Bilan en chiffres :
- 50 heures d’activités
- 20 intervenants mobilisés
- 8 ateliers pratiques
- 7 conférences et séminaires animés par des experts du patrimoine et de la recherche.
3 objectifs structuraient le programme, définis avec la FIU :
- comprendre, à travers des séminaires sur l’histoire, la créolisation et les produits locaux
- s’engager, en privilégiant le contact direct avec les acteurs plutôt que l’observation à distance
- restituer, par un projet de groupe présenté le dernier jour.
Trois projets ont été rendus, portant sur les secteurs économiques de l’archipel : production de rhum, vanille et cacao, agriculture et pêche.
700 kilomètres et 20 lieux : l’archipel pris dans sa largeur
La géographie du séjour a constitué l’un de ses points les plus significatifs. Le groupe a parcouru 700 kilomètres en autocar, complétés par un aller-retour en ferry vers Marie-Galante, pour visiter 20 lieux répartis de la Grande-Terre à la Basse-Terre.
Le tracé a traversé Gosier, Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre, Saint-François, Sainte-Rose, Deshaies, Capesterre-Belle-Eau, Les Abymes et Marie-Galante. Cette dispersion avait pour but d’éviter l’écueil habituel des séjours d’étude concentrés sur un pôle urbain unique, et de mettre en contact les participants avec des réalités économiques hétérogènes, de la zone commerciale de Destreland aux exploitations de l’intérieur.
De la grande surface au port de pêche : suivre la chaîne de valeur
Dès le premier jour, le groupe se rend au supermarché Leclerc de Gosier, puis au Carrefour de Destreland le lendemain, pour mieux connaître les produits locaux dans la grande distribution, mais aussi faire des achats nécessaires pour la préparation de leurs repas. Le troisième jour, le groupe s’est rendu sur le port de pêche de Saint-François, puis au marché.
Suivent les maillons de la transformation : atelier confitures et discussion sur la valorisation, le conditionnement et la saisonnalité au Jardin des Sens ; transformation du manioc ; vanille, assortie d’un mini-séminaire sur la biodiversité et les modèles économiques de la filière ; cacao avec le chef Lionel Durimel ; distillerie.
La chaîne se referme sur la commercialisation et l’entrepreneuriat, avec The Factory Gwadloup à Pointe-à-Pitre, les glaces artisanale avec Fabienne Youyoutte et la boutique POZ’ DOUCEUR.
Autrement dit, un parcours très complet, de la ressource au point de vente.
Le patrimoine immatériel comme fil conducteur
Le volet culturel a occupé une place équivalente au volet économique. Les participants ont pu en apprendre beaucoup sur le gwoka, lors d’une rencontre au Mémorial ACTe avec Edmée Rébèlka et l’association Karesol, puis à la rue piétonne à Pointe-à-Pitre.
Fred Demetrius, fondateur de Voukoum, et le docteur en pharmacognosie Henry Joseph sont intervenus sur l’agronomie indigène et l’ethnobotanique.
Le point culminant reste la participation à la 110e Fête des Cuisinières, le 8 août, en qualité d’invités d’honneur : préparation du banquet aux côtés des Cuisinières dès l’aube, messe, défilé et banquet au centre Paul Chonchon.
Un bilan positif
Le séjour a été relayé par les principaux médias locaux :
- France-Antilles Guadeloupe
- RCI
- Karibinfo
- Le Progrès Social
- Guadeloupe la 1ère ( de 00:13:18 à 00:15:38).
Merci aux journalistes pour cette couverture importante pour mettre en lumière cette initiative.
Et bien sûr, merci à tous ceux qui ont contribué au succès !

Cette expérience est la démonstration qu’un séminaire universitaire peut se conduire au contact direct des réalités de terrain. Nous espérons pouvoir renouveler ce type de projet qui permet aux acteurs locaux d’obtenir des retombées multiformes.



