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Elisabeth Eulalie, l’étonnante boss lady de la créa des îles


Mi-octobre, je reçois un mail avec pour objet : LA CREA DES ILES – Prise de contact. Le message commençait ainsi : « Le nom en objet ne vous dit sûrement pas grand chose. Et c’est la raison pour laquelle je vous demande votre aide… »

Et ensuite, il contenait une présentation succincte de la jeune femme qui a motivé la rédaction de ce billet, puis une phrase d’une grande franchise : « Je sais que vous avez très peu de temps et que vous préféreriez qu’on en vienne aux faits rapidement. Voilà donc mon objectif : que vous parliez du site ». C’est cela qui a retenu mon attention.

Je ne pouvais que rencontrer cette Guadeloupéenne capable d’envoyer un mail si différent de ceux que je reçois pour le blog habituellement.

Une rencontre-interview plus tard…

Comme le titre du billet l’indique, cette jeune femme s’appelle Elisabeth Eulalie. Elle m’a écrit parce qu’elle voulait que je parle non pas d’elle, mais de son site en ligne depuis juin 2018 : La créa des îles. Il s’agit d’une vitrine permettant de valoriser et de vendre des produits naturels et des accessoires fabriqués par des artisans de la Guadeloupe.

Cependant, pour comprendre ce site, les motivations qui ont entraîné sa création, il me faut bien en dire un peu plus sur Elisabeth Eulalie. A 30 ans, cette jeune entrepreneure travaille dans un domaine que ne laissait pas vraiment présager son parcours scolaire et professionnel, à la fois chaotique et intéressant.

Tout d’abord, elle a obtenu un BTS Tourisme, option animation, gestion touristique locale, au Lycée hôtelier du Gosier en 2011.  Cependant, elle n’a pas continué dans cette filière, préférant rejoindre une école privée pour effectuer une licence en communication, domaine qu’elle apprécie également.

Alors qu’elle comptait poursuivre en master, son école a rencontré de graves problèmes et elle n’a pu continuer.

« Je me suis beaucoup cherchée cette année-là. J’ai même commencé un master d’enseignement, pour devenir professeur des écoles. Cependant, lors de mon premier stage, au sein d’une école à la campagne, je me suis rendue compte que ce n’était pas du tout pour moi. »

Elisabeth, elle raconte tout, avec franchise.

Cela donne envie d’en savoir plus, n’est-ce pas ?

Alors, continuons.

 

Sur un coup de tête

Plus de master… Et maintenant ? « Un jour, je me suis réveillée et j’ai acheté un billet d’avion pour l’Hexagone, tout en sachant que je ne voulais pas y vivre. J’ai ensuite acheté un billet Paris-Londres. Je voulais vivre dans un pays où l’on parle anglais. J’aurais pu aller dans un pays de la Caraïbe, mais j’avais envie d’un réel changement. »

La jeune femme ne connait pas l’Angleterre, n’a aucun contact dans ce pays, possède un niveau d’anglais scolaire, mais rien ne l’arrête. « J’ai réservé une auberge de jeunesse dans le fin fond de Londres pour une semaine. Ensuite, j’ai loué une chambre dans un appartement proche du centre. J’ai aussi trouvé du travail d’abord dans un call center, puis j’ai cumulé des petits boulots dans des restaurants, des auberges de jeunesse, etc. J’ai quitté Londres au bout de deux ans car la vie était trop chère et la Guadeloupe me manquait. Cependant, c’était une superbe expérience que je ne regrette pas du tout.»

Aucun regret d’autant plus que son dernier emploi à Londres est – de manière très indirecte – à l’origine de Créa des îles.

« J’ai travaillé dans le service de préparation et d’envoi des commandes pour un site internet qui vend des bijoux pour femmes. J’ai trouvé cela intéressant et je me suis dit pourquoi pas… J’ai conservé cela dans un coin de ma tête. »

Elisabeth, elle a tenu deux ans à Londres.

Je n’ai tenu que quelques mois…

Je lui tire mon chapeau !

Retour en Guadeloupe : de la galère au projet

« Je suis rentrée avec un niveau d’anglais correct et de l’expérience. Je croyais trouver facilement du travail. Eh bien, non ! Je n’arrivais pas à être embauchée. Je suis tombée sur nombre de patrons mal intentionnés. J’ai finalement décroché un poste de commercial, qui ne me correspondait pas totalement. Il fallait que je vende des objets que je maîtrisais à peine. Puis, au bout de 3 mois, l’entreprise a été en difficulté. Ensuite, le responsable s’est rendu compte que je n’avais plus la même motivation. J’ai décidé de ne pas accepter le renouvellement de mon contrat. »

C’est durant ce dernier emploi qu’a vraiment germé l’idée de créa des îles dans la tête d’Elisabeth Eulalie. Il y a 4 ans.

« J’aime utiliser des produits locaux et j’ai noté une tendance forte concernant le retour au naturel, d’où mon projet de créer un site e-commerce de vente de produits artisanaux. »

A la recherche de soutiens, elle a contacté l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), structure qui accorde des microcrédits aux porteurs de projet et entrepreneurs, mais aussi fournit des conseils concernant la création/la reprise d’entreprise.

« Au départ, tout est bien joli sur le papier, mais la réalité est toute autre. J’ai présenté mon projet à l’Adie, ils ont apprécié et m’ont proposé de suivre une formation appelée CréaJeunes. C’est à partir de là que tout a démarré. Certaines choses que j’avais prévues de faire n’ont pas été concrétisées, mais La créa des îles est bien née ».

Elisabeth, elle a choisi l’entreprenariat non pas pour suivre une quelconque « mode »,

mais pour donner vie à une idée de très longue date.

Respect, #bosslady.

 

Valoriser les artisans de Guadeloupe

Revenons-en à Créa des îles. Le site propose à la vente des produits d’une dizaine d’artisans pour les cheveux, le corps et des accessoires de mode. « Je suis allée les voir directement, car je savais qu’ils fabriquaient des produits de qualité, puisque j’en utilisais moi-même. Je leur ai présenté mon concept en mettant en avant que je pourrais communiquer pour eux. En effet, les artisans n’ont pas forcément le temps pour cela. »

Elisabeth Eulalie s’occupe non seulement de la partie marketing, mais aussi de la prise de commandes et de l’envoi des colis en Guadeloupe et dans le reste du monde.

« Je décharge l’artisan de toute la paperasse nécessaire, afin qu’il puisse se concentrer sur la création dans son atelier. »  

« J’ai la volonté de mettre en lumière les produits de nos artisans, parce qu’ils sont bons et méritent d’être plus connus. »

« Je veux vraiment que la créa des îles soit le cœur de tout un ensemble, avec notamment des ateliers impliquant les artisans eux-mêmes à partir de 2019 et d’autres initiatives. »

Elisabeth, elle est ambitieuse et elle développe son projet seule pour le moment – vaille que vaille,

mais elle aimerait être entourée de personnes compétentes et motivées.

Avis aux intéressés !

 

RDV au Showroom ce samedi  

 Le site internet, c’est bien, mais Elisabeth Eulalie veut aller plus loin. Dans ce cadre, elle organise un showroom La Créa des îles, ce samedi 22 décembre, à Pointe-à-Pitre. J’y passerai ! 

Elisabeth, je ne la connaissais pas du tout avant notre rencontre, mais voilà bien une étonnante jeune femme !

Son premier mail, sa franchise, son parcours, sa détermination…

Oui, profil surprenant, de manière positive.

Bonne continuation à elle !


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