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Intérim : la Guadeloupe et les Îles du Nord résistent à la baisse nationale

La Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de Guadeloupe a publié en octobre 2026 son bilan annuel de l’intérim en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. L’étude s’appuie sur les données de la Dares, le service statistique du ministère du Travail.
En 2025, l’activité intérimaire repart légèrement à la hausse dans l’archipel, alors qu’elle recule dans les autres départements d’outre-mer et plus fortement encore au niveau national.
Le document dresse aussi le portrait d’un intérim local très particulier : plus masculin, plus âgé et dominé par la construction et le commerce.
Une légère reprise après une année de recul
En 2025, l’intérim en Guadeloupe et dans les Îles du Nord représente 2 483 équivalents emplois à temps plein (EETP), contre 2 461 un an plus tôt, soit une hausse de 0,9 %. Le nombre de contrats signés progresse un peu plus vite : 65 997 contrats, en hausse de 1,4 %. Cette reprise intervient après une année 2024 en recul, qui avait elle-même succédé à trois années de croissance entre 2021 et 2023.
La tendance tranche avec celle des autres territoires. Dans les quatre départements d’outre-mer « historiques » (Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion, Mayotte étant exclue faute de données), l’intérim baisse de 2,8 % en EETP. La Martinique recule de 5,5 %, la Guyane de 4,9 % et La Réunion de 2,3 %. Au niveau national, la baisse atteint 4 %.
Sur le nombre de contrats, la Martinique progresse légèrement (+0,6 %). La Guyane chute en revanche de 10,9 % et La Réunion recule de 2 %. La baisse s’élève à 1,5 % pour l’ensemble des départements d’outre-mer comme pour la France entière.
Un intérim encore sous-représenté
Malgré cette reprise, l’intérim reste moins présent dans l’économie guadeloupéenne qu’au niveau national. La Guadeloupe et les Îles du Nord ne pèsent que 0,3 % des contrats d’intérim signés en France, et autant en équivalents temps plein. L’emploi salarié privé guadeloupéen représentait pourtant 0,4 % de celui de la France en 2024.
Le taux de recours à l’intérim, soit la part des intérimaires dans l’emploi salarié privé, atteint 2,8 % en Guadeloupe en 2025. Il s’établit à 2,7 % pour l’ensemble des départements d’outre-mer et à 3,5 % au niveau national. La Guyane affiche le taux le plus élevé de l’outre-mer (4,7 %, après 5,1 % en 2024), devant la Martinique (2,9 %) et La Réunion (2,2 %).
La DEETS explique cet écart par une économie moins diversifiée. L’industrie concentre 34,4 % de l’activité intérimaire en France, contre seulement 16 % en Guadeloupe. Les transports et l’entreposage, les activités scientifiques et techniques et les services administratifs sont aussi moins développés localement, ce qui réduit les opportunités. La situation s’inverse dans la construction et le commerce, où l’intérim pèse bien davantage qu’au niveau national.
La construction en tête, le commerce champion des contrats
Quelques secteurs concentrent l’essentiel de l’intérim local. En 2025, la construction regroupe 32,9 % du volume d’emploi intérimaire, devant le commerce et la réparation automobile (28,9 %).
- Les services en représentent 22,1 %, avec en premier lieu les activités scientifiques et techniques et les services administratifs (8,1 %), puis le transport et l’entreposage (7,3 %). L’industrie compte pour 16,0 %, portée par les industries extractives, l’énergie, l’eau et les déchets (5,8 %).
- Le commerce se distingue par le nombre de contrats : il concentre 45,7 % des contrats signés. Ses missions sont en effet très courtes, avec une durée moyenne de 1,3 semaine.
- Sur un an, la construction progresse de 1,9 %, le commerce de 1,6 % et les services de 1,7 %. L’industrie recule de 3,1 % et l’agriculture est également en baisse.
Des missions plus longues qu’ailleurs
La durée moyenne des missions achevées reste stable à 2,0 semaines en Guadeloupe. Elle est plus longue que dans l’ensemble des départements d’outre-mer (1,6 semaine) et qu’au niveau national (1,7 semaine). Les écarts entre territoires sont importants : 1,4 semaine en Martinique, 1,2 semaine à La Réunion et 4,1 semaines en Guyane.
La construction tire cette moyenne vers le haut. Ses missions durent 5,5 semaines en Guadeloupe, contre 4,3 semaines dans les départements d’outre-mer et 3,3 semaines en France. Dans les services, la durée moyenne atteint 1,6 semaine en Guadeloupe, contre 1,2 semaine dans les départements d’outre-mer et 1,1 semaine au niveau national.
Un intérimaire plus souvent homme, ouvrier et plus âgé
Sur les 65 997 contrats signés en 2025, 37 645 l’ont été par des hommes, soit 57,0 %. En équivalents temps plein, la part des femmes tombe à 28,5 %. La DEETS l’explique par le poids de la construction, qui emploie presque exclusivement des hommes avec des missions longues, alors que les femmes travaillent davantage dans le commerce et le tertiaire, où les missions sont courtes.
Plus de 6 intérimaires sur 10 sont ouvriers en Guadeloupe comme dans les départements d’outre-mer, contre 77,3 % au niveau national. La répartition entre hommes et femmes diffère nettement. Moins de 20 % des intérimaires femmes sont ouvrières dans les départements d’outre-mer et en Guadeloupe, contre la moitié au niveau national. Plus de 7 sur 10 y sont employées, contre 30,3 % en France. Les cadres représentent moins de 1 % du volume d’emploi intérimaire local.
Les intérimaires guadeloupéens sont aussi plus âgés : 37,5 ans en moyenne, contre 36,3 ans dans les départements d’outre-mer et 35,5 ans en France. Toutes les tranches d’âge sont bien représentées, même si les 20-24 ans restent les plus nombreux. Au niveau national, le volume d’emploi intérimaire diminue plus rapidement et plus régulièrement avec l’âge.



