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« Libérer la parole » : 3 raisons de développer « La Soulagerie »


Cela faisait longtemps que je voulais vous parler de La Soulagerie, un projet que j’ai découvert en 2016. Il m’est apparu d’autant plus indispensable de l’évoquer maintenant qu’en ces temps troublés par le Covid-19 et toutes ses conséquences, il n’est pas rare de croiser des personnes angoissées par le présent et l’avenir. De nouveaux problèmes s’ajoutant à des difficultés déjà existantes, rien ne va plus…

La Soulagerie est une réponse. Evidemment, pas la seule. Cependant, il me semble qu’Hélène Migerel, Guadeloupéenne, psychanalyste et docteur en sciences humaines renommée, a eu une idée brillante, mais en plus elle a réussi à la concrétiser.

Je vous en explique en trois points.

1.

Un concept novateur et pertinent

La Soulagerie est un espace d’écoute qui permet « en une seule consultation de libérer la parole, de se décharger d’un fardeau trop lourd à porter et qui étouffe ».

Ce concept novateur, Hélène Migerel en a eu l’idée suite à un épisode qui aurait pu s’achever par un drame qu’elle a raconté lors de son talk pour TedxPointeàPitre 2016, une grande conférence où se succèdent des intervenants qui ont des idées, connaissances et/ou parcours inspirants.

« Elle s’est arrêtée au centre médico psychologique et a demandé à me voir. L’infirmier à l’accueil n’a pas pu lui énoncer la règle de la consultation uniquement sur rendez-vous. Dans la salle d’attente, au moment où je m’apprêtais à aller querir un client, cette jeune femme m’a lancé un tel regard de détresse que sans hésitation aucune, j’ai répondu à sa demande. Il était vital que la je la reçoive.

Elle était venue avec ses deux enfants, 6 ans et 8 ans. Ce matin-là elle les avait embarqué à bord de sa voiture avec une seule idée tête, les précipiter avec elle du haut de la falaise. Nous avons convenu d’un suivi psychothérapeutique. Aujourd’hui les enfants ont grandi, la mère va mieux.

Cette rencontre a généré un questionnement à propos des dispositifs très codifiés offerts à la parole libératrice, à la lourdeur de la machine administrative et au manque de réactivité dans une situation d’immédiateté. »

La nécessité d’un espace tel que La Soulagerie a aors germé dans l’esprit d’Hélène Migerel, mais cela lui a pris quelques années encore pour peaufiner cette idée.

Finalement, en mai 2018, a été ouvert au Carrefour des solidarités à Saint-Claude un premier « endroit d’accès plus facile pour éradiquer la désespérance ».

« Il suffit de venir un jour de permanence, sans rendez-vous préalable et de pousser la porte. »

2.

Une consultation exceptionnelle

Un espace, ok, mais bien sûr, Hélène Migerel a édicté des « règles ».

  • Il est tout public, mais il faut avoir au moins 16 ans.
  • Aucun document n’est nécessaire.
  • L’écoute est assurée par un spécialiste, mais ce dernier est bénévole.
  • La séance est unique et gratuite.

Tout a donc été pensé pour faciliter le fait que ceux qui en ont besoin puissent venir dire ce qu’ils ont sur le coeur.

Imaginez si un tel espace existait dans chaque commune, peut-être alors bien des drames pourraient être évités.

3.

Une mise en oeuvre facile

Ce que j’apprécie avec la Soulagerie est que sa mise en oeuvre est assez simple. Il faut une salle disponible durant les créneaux choisis, deux sièges et un spécialiste prêt à faire du bénévolat.

J’ai écrit « assez », parce qu’évidemment, comme pour tout ce qui relève de la gratuité, il faut réussir à convaincre de la pertinence de « donner » sans obtenir d’argent en retour. A notre époque, cela relève du challenge.

Hélène Migerel prouve depuis 2018 que La Soulagerie est indispensable. Il serait bien temps que d’autres se joignent à elle, afin de faire grandir ce projet à l’échelle locale.

Pour la contacter : contact@helemigerel.com


Commentaires (2)

  • Hélène MIGEREL

    Ce blog n’est pas seulement intelligent; riche en évènements qui nous parle, il sert de guide à l’informulé, au non-dit. Avec sensibilité, il souligne l’évidence du proche et du lointain, nos voisins caribéens, la présence de l’autre en nous, mais aussi, le même et le différent aux identités dispersées, nous chuchotant que nous faisons partie de la même planète/terre. De plus mettre en relief tant et tant de fois l’excellence du pays, entretenir un dialogue écrit avec sa population, qui réhabilite, répare, génère un espoir incommensurable de réussite en marche. Merci Mylène de nous remémorer ces mots de Paul Valery:” Tout ce que tu dis parle de toi singulièrement quand tu parles de l’autre.” et de nous rappeler notre humanité.
    Hélène MIGEREL

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