Cuba : d’énièmes sanctions économiques, financières et diplomatiques des Etats-Unis

Les Etats-Unis ont franchi une nouvelle étape dans sa politique de pression maximale contre Cuba. Début mai, le secrétaire d’État américain Marco Rubio  a annoncé une série de sanctions visant directement les piliers économiques du régime cubain, en particulier les structures contrôlées par l’armée. Ces mesures s’inscrivent dans une offensive politique et économique beaucoup plus large menée par les Etats-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Selon les autorités américaines, ces sanctions visent à tenir le régime cubain responsable de la répression politique et des menaces pesant sur la sécurité nationale américaine.

Cuba dénonce de son côté une agression économique brutale et accuse les Etats-Unis d’aggraver volontairement la crise énergétique et sociale que traverse l’île.

GAESA, la colonne vertébrale économique du régime dans le viseur

La principale cible des nouvelles sanctions américaines est le conglomérat militaire Grupo de Administración Empresarial S.A. (GAESA) considéré par les Etats-Unis comme le centre névralgique de l’économie cubaine. Ce groupe contrôle une part majeure des secteurs stratégiques du pays :

  • tourisme,
  • commerce de détail,
  • immobilier,
  • finance,
  • import-export,
  • infrastructures portuaires,
  • distribution de carburants.

D’après plusieurs analystes, GAESA représenterait près de 40 % du PIB cubain.

Les sanctions américaines visent également :

  • la présidente exécutive de GAESA, Ania Guillermina Lastres Morera ;
  • plusieurs structures liées à l’appareil militaire cubain ;
  • des entreprises soupçonnées de fournir des revenus en devises au gouvernement.

Le secteur minier cubain également frappé

Les Etats-Unis ont aussi ciblé Moa Nickel SA, une coentreprise minière entre Cuba et la société canadienne Sherritt International. Cette entreprise exploite notamment le nickel et le cobalt, deux ressources stratégiques pour l’économie cubaine.

Conséquence immédiate : Sherritt International a annoncé la suspension de sa participation directe dans certaines activités à Cuba après plus de trente ans de présence sur l’île.

Pour les autorités américaines, l’objectif est de réduire drastiquement les entrées de devises étrangères dont dépend le gouvernement cubain.

Une stratégie globale d’asphyxie économique

Ces nouvelles sanctions ne sont pas isolées. Elles s’ajoutent à plusieurs mesures déjà prises depuis janvier 2026 :

  • restriction accrue des transferts d’argent vers Cuba ;
  • limitation des voyages américains vers l’île ;
  • blocage d’une partie des livraisons de pétrole ;
  • pressions diplomatiques sur les pays partenaires de Cuba ;
  • offensive contre les missions médicales cubaines à l’étranger.

Les Etats-Unis cherchent désormais à dissuader les entreprises étrangères, banques et investisseurs internationaux de maintenir des relations commerciales avec des entités cubaines liées à l’armée.

Les nouvelles dispositions permettent même aux États-Unis de sanctionner des sociétés ou individus étrangers collaborant avec certaines structures cubaines ciblées. Cela peut inclure :

  • gel d’avoirs,
  • restrictions bancaires,
  • interdictions de voyage vers les États-Unis.

Une économie cubaine déjà au bord de l’asphyxie

Ces annonces interviennent alors que Cuba traverse l’une des plus graves crises économiques de son histoire récente :

  • pénuries alimentaires,
  • coupures d’électricité massives,
  • manque de carburant,
  • inflation élevée,
  • exode migratoire record.

Les nouvelles sanctions risquent d’accentuer l’isolement financier du pays et de fragiliser encore davantage les investissements étrangers.

Des économistes évoquent même un risque de quasi-paralysie de l’économie cubaine si les partenaires internationaux de l’île commencent à se retirer sous la pression américaine.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice en Guadeloupe. Caribbean blogger depuis 2007.