Cuba : le tourisme international s’effondre de 64 % en 2026

Entre janvier et août 2026, Cuba n’a accueilli que 450 353 visiteurs internationaux, soit une chute de 64,4 % sur un an, selon l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI). Le mois d’août n’en a compté que 30 490.

Coupures d’électricité, pénurie de kérosène, sanctions américaines et départ des grands groupes hôteliers : le principal moteur de l’économie de l’île cale, et les rentrées de devises avec lui.

Des chiffres au plus bas depuis des décennies

Sur les huit premiers mois de l’année, l’île a perdu 813 979 visiteurs internationaux par rapport à 2025, d’après CiberCuba. Août 2026 n’a enregistré que 30 490 arrivées, contre environ 133 000 un an plus tôt. Juin a été encore plus faible, avec 28 100 visiteurs.

L’écart avec l’âge d’or du tourisme cubain est vertigineux. Pendant le dégel avec les États-Unis, l’île avait reçu plus de 4,6 millions de visiteurs en 2018 et 4,2 millions en 2019.

Le marché canadien s’effondre

Le Canada, premier marché émetteur, passe de 526 239 à 128 400 visiteurs, soit une baisse de 75,6 %. Les reculs touchent tous les marchés :

  • Russie : 21 563 visiteurs, en baisse de 73,3 %
  • Espagne : 10 447, en baisse de 68,2 %
  • Italie : 8 669, en baisse de 61,2 %
  • États-Unis : 41 971, en baisse de 50 %
  • Cubains résidant à l’étranger : 103 481, en baisse d’environ 36 %

Pénuries, coupures et sanctions

La crise énergétique pèse directement sur les arrivées. Faute de kérosène, Air Canada, WestJet, Air Transat et Sunwing ont suspendu ou réduit leurs vols. Selon The Rio Times, aucun vol direct ne relie désormais le Canada à Cuba. L’île a connu au moins sept effondrements du réseau électrique national en 2026. Lors de la panne du 18 septembre, seuls 5 % des habitants de La Havane avaient encore de l’électricité.

Washington a renforcé la pression dès janvier 2026, avec des sanctions secondaires visant GAESA, le conglomérat militaire qui contrôle une grande partie des infrastructures touristiques, et des restrictions sur le carburant.

Sept grands groupes hôteliers internationaux ont quitté l’île, dont les espagnols Meliá, Iberostar et Barceló. Ils géraient 46 % des plus de 80 000 chambres du pays. Le taux d’occupation tourne autour de 21,5 % et environ 73 % des hôtels sont fermés, selon la presse spécialisée.

Des recettes en devises sous tension

Le tourisme compte parmi les principales sources de devises de Cuba. Son effondrement prive l’État de recettes au moment où l’île doit importer du carburant et des biens de première nécessité.

En juin 2026, le gouvernement a adopté 176 mesures économiques, entrées en vigueur le 3 septembre. Elles autorisent notamment la gestion d’hôtels par le secteur privé, des agences de voyages privées et la participation directe d’entreprises étrangères au tourisme. Elles créent aussi une taxe de 1 % sur les entreprises touristiques.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice, je décrypte la Grande Caraïbe depuis 2015. Mon objectif : rendre cette région plus lisible, plus compréhensible et plus visible auprès du grand public.