Guadeloupe Port Caraïbes : un trafic portuaire 2025 en croissance, porté par le BTP et les conteneurs

Guadeloupe Port Caraïbes a publié une infographie des résultats du trafic portuaire pour l’année 2025, en précisant que ce sont des chiffres encore provisoires.

Ce bilan synthétise l’activité du principal hub maritime de l’archipel guadeloupéen, dessine le portrait d’un port en croissance modérée, porté notamment par l’essor du secteur de la construction, mais marqué également par des replis significatifs sur certains segments stratégiques comme l’énergie et le tourisme de croisière.

Un trafic global en légère hausse, tiré par le commerce maritime

Le tonnage global traité par le port a atteint 3,4 millions de tonnes en 2025, en progression de 2 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance, bien que mesurée, confirme la dynamique d’ensemble du port, qui a également enregistré 1 117 escales de navires de commerce, soit une hausse de 6 %.

La répartition du tonnage global révèle la prédominance du fret conteneurisé, qui représente 48 % du total. Les marchandises solides (22 %) et liquides (23 %) se partagent presque équitablement le reste du trafic, le non conteneurisé ne représentant que 7 % des volumes traités.

Le BTP, moteur de croissance de l’année

Le signal le plus fort de cette infographie concerne sans conteste les produits liés au bâtiment et aux travaux publics. Avec 511 000 tonnes traitées, ce segment affiche une progression spectaculaire de 53 % par rapport à 2024. Les agrégats dominent largement cette catégorie, avec 68 % des volumes, suivis du clinker (composant principal du ciment – 29 %) et du gypse (roche minérale – 3 %).

Cette envolée du trafic BTP témoigne d’une intensification de l’activité de construction sur le territoire guadeloupéen, qu’il s’agisse de chantiers publics, de programmes de logement ou de travaux de reconstruction.

Recul marqué des produits énergétiques

À l’inverse, le secteur énergétique enregistre une baisse notable de 22 %, avec 357 000 tonnes traitées contre des volumes plus élevés l’année précédente. L’hydrocarbure EDF reste la composante principale de ce flux, avec 49 % du total, devant les pellets de bois (combustible naturel – 38 %) et le charbon de bois (13 %).

Ce repli, dans un contexte où la transition énergétique demeure un enjeu majeur pour les territoires ultramarins, pourrait traduire une évolution du mix énergétique guadeloupéen.

Produits agricoles : une légère progression

Les produits agricoles affichent une croissance modeste de 4 %, atteignant 74 000 tonnes. Les céréales dominent très largement cette catégorie avec 71 % des volumes, devant le sucre destiné à l’exportation (21 %) et les engrais (8 %).

La présence du sucre export dans ce trafic rappelle le rôle historique que continue de jouer cette filière dans l’économie guadeloupéenne, bien qu’à une échelle aujourd’hui plus limitée que par le passé.

Conteneurs et rouliers : des indicateurs contrastés

Le trafic de conteneurs poursuit sa progression avec 207 000 équivalents vingt pieds (EVP) traités, soit une hausse de 2 %. Le segment du transbordement se distingue particulièrement, avec 40 000 EVP traités en transbordement, en augmentation de 13 %.

Cette dynamique positionne Guadeloupe Port Caraïbes comme un point de redistribution régional de plus en plus actif dans la Caraïbe.

Le trafic roulier, qui concerne notamment les véhicules, demeure quant à lui stable à 25 000 unités, dont 6 300 en transbordement. Cette stabilité contraste avec la croissance observée sur les autres segments du port.

Passagers et croisières : un repli à surveiller

Le bilan 2025 marque un recul pour le trafic passagers, avec 1,1 million de personnes ayant transité par le port, soit une baisse de 3 %. La répartition de ce flux montre la prédominance du trafic archipel (58 %), devant les croisières (30 %) et les liaisons inter-îles (11 %).

Le secteur des croisières enregistre également un repli de 3 %, avec 125 escales recensées en 2025. Les croisières de transit représentent la majorité de ces escales (52 %), devançant les croisières basées au port (48 %). Cette baisse, bien que limitée en pourcentage, mérite une attention particulière dans un contexte où le tourisme de croisière constitue un moteur économique important pour la Guadeloupe.

Mylène Colmar
Mylène Colmar

Journaliste, consultante éditoriale et éditrice, je décrypte la Grande Caraïbe depuis 2015. Mon objectif : rendre cette région plus lisible, plus compréhensible et plus visible auprès du grand public.