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Dialogue social en Guadeloupe : 341 textes déposés en 2025, l’égalité professionnelle en progression
La Direction de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités de Guadeloupe (DEETS) publie son bilan annuel de la négociation collective d’entreprise pour 2025, couvrant la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Établi à partir des textes déposés dans le cadre de l’obligation légale de dépôt, ce document offre une photographie du dialogue social dans les entreprises du territoire.
341 textes déposés, une activité conventionnelle en légère hausse
En 2025, le total des textes déposés atteint 341, contre 328 en données définitives pour 2024, soit une progression mesurée. Ces textes se décomposent en 278 accords collectifs (dont 239 accords initiaux et 39 avenants) et 63 autres textes, catégorie qui recouvre notamment les plans d’action et décisions unilatérales de l’employeur (45 textes), les procès-verbaux de désaccord (12) et les adhésions (3). La part des accords au sein des textes déposés représente 82 % du total, tous types d’entreprises confondus, et 71 % dans les entreprises de moins de 50 salariés.
La taille des entreprises signataires est un marqueur structurel du tissu économique local : 43 % des accords signés en 2025 l’ont été dans des entreprises de moins de 50 salariés. Parmi ces petites structures, 119 accords ont été conclus, contre 138 en données définitives 2024, un recul apparent qui devra être confirmé par les données définitives 2025, disponibles début 2027.
L’épargne salariale domine, l’égalité professionnelle progresse
La thématique de l’épargne salariale reste de loin la plus fréquente, représentant 29 % de l’ensemble des accords en 2025, en recul notable par rapport à 37 % en 2024. Cette diminution relative est notable : elle traduit un rééquilibrage au profit d’autres thématiques. Les salaires et rémunérations se maintiennent à 22 %, stables d’une année sur l’autre.
Deux thématiques progressent sensiblement. La durée du travail et les repos passent de 10 % à 13 % des accords, et l’égalité professionnelle femmes-hommes suit la même trajectoire, de 10 % à 13 %. Cette dernière évolution mérite attention dans un territoire où les inégalités de genre dans l’emploi restent prononcées. Les conditions de travail (9 %), l’emploi et la GPEC (5 %), la prévoyance et la protection sociale complémentaire (5 %) complètent le tableau. Le télétravail, qui représentait déjà une part marginale en 2024 avec 2 % des accords, continue de reculer à 1 % en 2025, une tendance qui reflète probablement la structure sectorielle de l’économie guadeloupéenne, peu propice au travail à distance.
Les délégués syndicaux signent les trois quarts des accords
Hors accords d’épargne salariale, les délégués syndicaux ont signé 137 des 182 accords conclus en 2025, soit 75 % du total — une proportion stable par rapport à 2024. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, où la présence syndicale est par définition plus limitée, ce taux tombe à 40 %, les accords par ratification aux deux tiers représentant 20 % des textes et ceux signés par des salariés ou élus mandatés 25 %.
Parmi les organisations syndicales, la CGTG se distingue avec 36 accords signés et une propension à signer de 95 % dans les entreprises où elle est présente — le taux le plus élevé de toutes les organisations. La CFDT (21 accords, 88 %) et l’UGTG (27 accords, 87 %) affichent également des propensions élevées. FO (17 accords, 77 %), la CGT (14 accords, 70 %) et l’UNSA (12 accords, 63 %) complètent le paysage syndical signataire.
Commerce et santé concentrent les accords, le BTP en retrait
La répartition sectorielle révèle des contrastes significatifs. Cinq secteurs concentrent à eux seuls 60 % des accords signés en 2025 :
- le commerce et réparation automobile (20 % des accords, pour 14 % des salariés du territoire)
- la santé humaine et action sociale (14 %, pour 16 % des salariés)
- les transports et entreposage (12 %, pour 5 % des salariés)
- l’industrie manufacturière (8 %)
- la construction (7 %).
Le cas du BTP interpelle. Le secteur de la construction représente 6 % des salariés du département et compte 924 établissements relevant de la convention collective BTP Guadeloupe, pour un effectif de 6 156 salariés, l’une des branches les plus importantes du territoire. Or, zéro accord y a été signé en 2025, comme en 2024.
De même, l’hébergement et la restauration, qui emploient 5 % des salariés, n’ont produit aucun accord dans les entreprises de moins de 50 salariés. À l’inverse, le secteur des transports et entreposage affiche une activité conventionnelle disproportionnée par rapport à son poids dans l’emploi, avec 12 % des accords pour seulement 5 % des salariés.
