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Homicides, armes, cocaïne en Guadeloupe, Martinique et Guyane : ce que met en lumière le bilan 2025 de la délinquance

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié son bilan annuel « Insécurité et délinquance en 2025 ». Les données confirment un écart considérable entre la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la France hexagonale sur les violences les plus graves, tout en révélant une délinquance du quotidien globalement moins fréquente qu’en hexagone.
Des homicides 3 à 14 fois plus fréquents
Le contraste le plus frappant concerne les atteintes à la vie. En 2025, le taux d’homicide atteint 7,2 victimes pour 100 000 habitants dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), contre 1,2 en France hexagonale. Ces territoires, qui ne représentent qu’une faible part de la population nationale, concentrent à eux seuls 16 % des homicides commis en France.
Sur la période 2022-2025, la Guyane affiche un taux moyen de 17,2 homicides pour 100 000 habitants, largement au-dessus de la Guadeloupe (8,9) et de la Martinique (8,8). En comparaison, le taux moyen s’établit à 1,2 pour 100 000 habitants en France hexagonale.
Le SSMSI classe d’ailleurs la Guyane et la Guadeloupe parmi les deux seuls départements français où le taux d’homicide moyen dépasse 8,9 pour 100 000 habitants.
Le même écart, encore plus marqué, s’observe pour les tentatives d’homicide. Sur cette même période, le taux moyen atteint 82 tentatives pour 100 000 habitants en Guyane, 51 en Guadeloupe et 42 en Martinique, contre 5 en France hexagonale.
Les agglomérations ultramarines, qui comptent le plus souvent entre 100 000 et 200 000 habitants, concentrent à elles seules 49 % des victimes de tentative d’homicide enregistrées dans cette catégorie d’agglomérations à l’échelle nationale.
Des vols avec armes très concentrés dans les Outre-mer
Les vols avec armes suivent une logique territoriale similaire. En 2025, leur taux atteint 1 victime pour 1 000 habitants dans les DROM, contre 0,09 pour 1 000 en France hexagonale, soit un niveau environ onze fois supérieur.
Le rapport souligne explicitement que ces vols sont plus fréquents dans les Antilles françaises, en Guyane et à Mayotte. Au total, les DROM concentrent un quart de l’ensemble des vols avec armes enregistrés en France en 2025.
La Guyane, point chaud du trafic de cocaïne
Sur les stupéfiants, les 3 territoires apparaissent à des degrés divers. Pour l’usage de stupéfiants, la Guadeloupe figure parmi les 10 départements français les plus concernés, avec 6 mis en cause pour 1 000 habitants, contre une moyenne nationale de 4,5.
Pour le trafic, la Guyane et la Martinique comptent également parmi les 10 départements les plus touchés, avec respectivement 1,8 et 1,2 mis en cause pour 1 000 habitants, contre 0,8 au niveau national.
Le rapport pointe surtout la Guyane comme l’un des territoires où le trafic de cocaïne enregistré est le plus élevé de France, à un niveau comparable à celui de Paris et des Bouches-du-Rhône.
Une délinquance du quotidien moins fréquente qu’en métropole
Cette surexposition aux violences les plus graves et au trafic ne se retrouve pas sur l’ensemble des indicateurs. Sur plusieurs formes de délinquance dites « du quotidien », les DROM affichent au contraire des taux inférieurs à la moyenne hexagonale.
C’est le cas des cambriolages de logement, avec un taux de 4,6 pour 1 000 logements dans les DROM contre 5,7 en France hexagonale. C’est également le cas :
- des vols sans violence contre les personnes (5,4 pour 1 000 habitants dans les DROM contre 9,2 en métropole)
- des destructions et dégradations volontaires (6,4 contre 7,9 pour 1 000 habitants)
- des vols dans les véhicules (2,5 contre un taux national de 3,4 pour 1 000 habitants)
- ou encore des vols d’accessoires sur véhicules (0,7 pour 1 000 habitants dans les DROM contre 1,4 en métropole).
Les vols de véhicules suivent une tendance nuancée : le taux global de vol de voiture y est inférieur au niveau national (0,7 pour 1 000 habitants), néanmoins celui des deux-roues motorisés y est plus élevé (0,9 pour 1 000 habitants).
Un profil comparable s’observe pour les violences sexuelles, à l’exception notable de la Guyane. Sur la période 2022-2025, ce département affiche un taux de 2,4 victimes pour 1 000 habitants, le deuxième plus élevé de France après Paris (2,7 pour 1 000 habitants), un niveau à interpréter toutefois avec prudence compte tenu des spécificités démographiques et migratoires du territoire.
Ce que ces chiffres disent, et ce qu’ils ne disent pas
Le SSMSI rappelle que ces données reposent sur la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie, c’est-à-dire les faits portés à la connaissance des services de sécurité. Elles ne couvrent donc pas l’ensemble des infractions réellement commises, notamment celles pour lesquelles le taux de dépôt de plainte est faible.
Cependant, l’ampleur des écarts observés sur les homicides, les tentatives d’homicide et les vols avec armes, confirmée année après année, dessine une réalité déjà documentée par l’Insee dès 2017 sur la surexposition de la Guadeloupe et de la Guyane aux vols et aux actes violents.



