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Comment l’État accompagne-t-il les Ultramarins qui doivent quitter leur territoire pour étudier, se former, travailler ou faire face à un deuil ? La réponse passe largement par LADOM, l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité, opérateur en charge de la continuité territoriale.
Son rapport d’activité 2025, publié récemment, dresse le bilan d’une année qualifiée de transformation, marquée par un contexte budgétaire contraint et une activité qui se stabilise après un pic en 2024.
Une activité qui se stabilise à haut niveau
En 2025, LADOM a accompagné 79 056 bénéficiaires, un volume proche du seuil symbolique des 80 000.
Ce chiffre traduit une stabilisation après plusieurs années de forte progression : l’activité est passée de 35 000 bénéficiaires en 2019 à 59 445 en 2022, 73 293 en 2023, puis un pic de 83 323 en 2024, avant ce léger reflux en 2025.
L’Agence présente cette évolution comme une activité recentrée et maîtrisée, dans un contexte qu’elle décrit comme exigeant, marqué par un calendrier prévisionnel tardif et de fortes contraintes budgétaires.
Pour mener cette mission, LADOM s’appuie sur 11 dispositifs de mobilité, 20 sites répartis entre l’Outre-mer et l’Hexagone, et un budget de 84 millions d’euros consacré à l’accompagnement des bénéficiaires.
La vie quotidienne, premier poste de l’activité
La répartition des bénéficiaires révèle le poids déterminant des déplacements personnels et familiaux. La catégorie « vie quotidienne » concentre à elle seule 63 357 bénéficiaires, loin devant la vie étudiante (12 441), la vie active (2 595) et les urgences de la vie (663).
Au sein de la vie quotidienne, l’aide au voyage « grand public » représente l’essentiel, avec 63 328 bénéficiaires, en recul par rapport aux 67 841 de 2024. La Réunion en concentre la majeure partie avec 32 771 bénéficiaires, suivie de la Martinique (11 706) et de la Guadeloupe (11 577). Le budget exécuté pour ce volet atteint 30,4 millions d’euros.
Vie étudiante : le Passeport mobilité études en première ligne
Avec 12 441 bénéficiaires, la vie étudiante constitue le deuxième poste de l’Agence, pour un budget exécuté de 24 millions d’euros.
Le Passeport mobilité études en forme le cœur, avec 10 546 bénéficiaires, en léger recul par rapport aux 11 388 de 2024. Mayotte se distingue nettement, avec 4 377 bénéficiaires, devant la Guadeloupe (1 863), la Martinique (1 727) et La Réunion (1 568).
Parmi ces étudiants, 43,6 % sont des primo-accédants au dispositif et 8,7 % des billets sont délivrés à destination d’un autre territoire ultramarin, signe d’une mobilité intra-Outre-mer. Le dispositif Cadres d’Avenir a pour sa part concerné 124 bénéficiaires, et le Passeport mobilité stage professionnel 703, en hausse sensible par rapport aux 501 de 2024.
Vie active : un fort taux d’insertion après formation
Le volet « vie active » a accompagné 2 595 bénéficiaires, pour un budget de 12,5 millions d’euros. Le Passeport mobilité formation professionnelle, avec 1 586 bénéficiaires, affiche des résultats que l’Agence met en avant : 82,4 % des bénéficiaires ont obtenu leur diplôme et 62,3 % étaient insérés professionnellement six mois après leur formation.
Le Passeport mobilité concours a concerné 621 personnes, et le Passeport prise de poste, qui finance le billet aller dans le cadre d’un emploi durable dans l’Hexagone, en a accompagné 386, contre 370 en 2024.
Urgences de la vie et réponse au cyclone Chido
Le volet « urgences de la vie » a accompagné 663 bénéficiaires pour un budget de 258 000 euros. Les aides aux obsèques en constituent la majeure partie, avec 572 bénéficiaires, en hausse marquée par rapport aux 430 de 2024.
L’année 2025 a vu apparaître un dispositif inédit : l’urgence scolaire Mayotte. Mis en place en août 2025 après le passage du cyclone Chido, ce dispositif exceptionnel et provisoire vise à permettre aux élèves mahorais de poursuivre leur scolarité hors de l’île lorsque les établissements sont détruits ou inutilisables. Il a bénéficié à 66 élèves.
Une transformation interne assumée
Au-delà des chiffres d’activité, le rapport insiste sur la transformation interne de l’établissement : évolution de l’organisation, déploiement d’un nouvel outil informatique pour gérer les demandes de mobilité, et modernisation des processus, présentés comme des gains en efficacité, fiabilité et pilotage.
Côté ressources humaines, LADOM compte 120,73 agents sous plafond, dont 54 en Outre-mer, 36 au siège et 30,73 dans l’Hexagone. Le personnel est majoritairement féminin (74 % de femmes), avec un âge moyen proche de 47 ans. L’Agence a par ailleurs renforcé sa communication pour lutter contre le non-recours aux droits, un enjeu récurrent des politiques publiques ultramarines.
En résumé
Le bilan 2025 de LADOM illustre la place centrale de la mobilité dans la vie ultramarine, où elle relève souvent de la nécessité plus que du choix. Avec près de 80 000 bénéficiaires et un budget de 84 millions d’euros, l’Agence maintient un haut niveau d’activité malgré les contraintes budgétaires. La création du dispositif d’urgence scolaire à Mayotte rappelle par ailleurs combien ces politiques de continuité territoriale restent étroitement liées à la vulnérabilité climatique des territoires d’outre-mer.



